CHAPITRE nX
r^ifance qu'elles doivent former Tenfant, mais bien pour la maturité, ce n'est pas pour que leurs élèves possèdent le savoir à la manière des livres, mais pour qu'elles sachent en tirer profit, pour qu'elles le répandent autour d*elles, et en nourrissent un jour leur famille. Il ne s'agit pas de remplir des citernes, mais de faire jaillir des sources.
Si les filles elles-mêmes ont besoin d*ètre soutenues dans la voie où la nature les pousse, à combien plus forte raison faut-il y aider les garçons, en qui rinsiinct paternel est plus sourd, et dont l'esprit est de bonne heure sollicité dans d'autres directions. La différence et la variété de leurs jeux indique assez d'autres tendances et d'autres préoccupations ; leur esprit se tourne naturellement vers la vie du dehors, comme celui de la jeune fille vers la vie du foyer. Si nous réussissons à donner cet objectif à leur activité intellectuelle et morale, à rallier en ce sens leurs pensées éparses, à leur faire non seulement accepter, mais désirer cette destinée, nous aurons contribué efficacement à rendre à la famille sa force, son charme et sa dignité.
Dès l'école nous verrons changer les rapports des sexes et naître ce sentiment délicat du respect des garçons pour les filles, s'ils sont habitués à consirdéer en elles de futures mères comme à voir en eux-mêmes de futurs pères de famille, si on les entretient dans la pensée des égards dus à la faiblesse et de la réserve que la force commande* si on leur
inspire la crainte de nuire moralement à des êtres pour qui l'opinion est si sévère, dont la réputation est si facile à ternir, et la destinée si pleine d^incertitudes et de dangers, si on les engage à se conduire envers les filles comme ils se conduisent eux-mêmes et comme ils veulent que les autres se comportent à l'égard de leurs propres sœurs.
n faudra donc faire connaître aux enfants les devoirs qu'ils auront à remplir un jour, et que par conséquent leurs parents ont à^ remplir envers eux. Mais ne craindrons-nous pas, en traçant ce tableau, de porter atteinte au respect filial? Entendant énumérer les devoirs de la paternité, maint enfant ne va-t-il pas baisser la tête, devenir pensif et triste, et comparer involontairement l'idéal qu'on lui propose avec la réalité qu'il connaît?
Pour éviter le dommage que pourrait causer au respect filial ce rapprochement inévitable, n'oublions pas de rappeler aux enfants que, q\iels que soient les torts de leurs parents, ils n'ont pas le droit de les juger avec se vérité, ni de se prévaloir de leurs faiblesses, ni de prendre leurs torts pour excuses de leurs propres manquements, ni de se départir du respect qui leur est dû. Indépendamment du respect qui s'attache à la personne et qui est la conséquence naturelle de sa conduite et de ses vertus, il y a un respect obligatoire qu'exigent la fonction elle-même, le rôle, la mission, le principe sur lequel toute autorité repose? et qui est une obligation morale d'ordre