‹ De l'éducation à l'écoleChapitre 144 sur 159 · CHAPITRE XXÏ · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXÏ

PARTI qu'on peut TIRER DE l'eNSEIGNEMENT AU PROFIT

SOMMAIRE.— Qu'il n'est aucun genre d'enseignement dont on ne puisse tirer quelque leçon de morale. — Que ces leçons demandent de l'à-propos, de la variété, de l'imprévu. — Comment les sciences se prêtent à, ces leçons. — Que la poésie est une- merveilleuse éducatrice. — Qu'elle parait trop rarement à l'école primaire. — Que le peuple en a particulièrement besoin et pourquoi. — Que l'exercice de style ou composition peut être, par la discipline qu'il impose à l'esprit, et par le choix des sujets, un moyen d'éducation. — Apprendre à, diriger son esprit, c'est apprendre à se diriger €oi*même. — Que le maître doit choisir lui-même ses sujets «t les préparer. — Des proverbes et maximes. — De la grammaire et delà langue française.— Quel secours cet enseignement peut apporter à l 'éducateur. — Du choix dès exemples donnés à l'appui des règles. — De la lecture. — Qu'il n'est pas de meilleur auxiliaire que la lecture à, haute Toii. — Qu'elle exige une étude sérieuse. — Du choix des leo» tures. — De l'histoire. — Comment elle s'enseigne encore. — Qu'elle doit être un perpétuel exercice de jugement. —Que la forme biographique convient à l'école primaire.

Tout enseignement a par lui-même une vertu moralisatrice, d'abord parce qu'en exerçant ou fortiûant Tesprit, il le rend plus apte à se diriger lui-même, ensuite parce qu'en l'éclairant, ou le fécondant, il

fournit à la volonté de puissants auxiliaires dans sa lutte contre les passions. Mais, indépendamment de cette vertu générale inhérente à renseignement, on peut dire qu'il n'est pas une science, pas un art, pas un métier même qui n'ait quelque rapport plus, ou moins sensible avec la morale, et dont l'enseignement bien donné, bien compris ne puisse tourner au profit de l'éducation.

Nous ne voulons pas dire que dans un enseignement quelconque il faille faire intervenir la morale à tout prix, ou la ramener régulièrement à la fin de chaque leçon, comme le refrain après chaque couplet d'une chanson. Il faut la dégager des leçons qui la contiennent et non la faire entrer dans celles qui ne la comportent pas. Elle perdrait de son efficacité à être ainsi introduite de vive force et comme on dit tirée par les cheveux. En la voyant revenir inévitablement comme une conclusion obligée, au bout de chaque exercice, les enfants n'y verraient bientôt plus que le signal du départ, ils ne lui prêteraient plus qu'une oreille distraite, comme on fait à cas orateurs qui s'obstinent à parler après la clôture de la discussion et retardent le moment impatiemment attendu.

Le mieux est donc qu'elle se fasse sentir sans trop se faire remarquer, invisible et présente, ou qu'elle entre sans se faire annoncer, à son heure et sans bruit; qu'elle ne se croie pas toujours obligée aux longs discours; parfois une réflexion, une allusion»

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