‹ De l'éducation à l'écoleChapitre 146 sur 159 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

il plie la volonté à une véritable discipline, il Thabiiue à Fattention, à la circonspection, à la prévoyance, toutes qualités aussi nécessaires dans ]a conduite de la vie que dans la conduite d'un sujet. La faiblesse intellectuelle provient surtout de rincohérence des idées, de l'impuissance où Ton est d'en fixer la mobilité, d'en régler le désordre, de les coordonner et de les subordonner d'après la nature de leurs rapports, d'après leurs analogies ou leur dépendance, de convertir le mouvement spontané de l'esprit en mouvement volontaire, de suspendre parfois ce mouvement, d'attacher l'attention à telle ou telle idée importante, complexe ou obscure pour en dissiper l'obscurité, pour en compter les éléments, pour en mesurer la portée. Que peut-on attendre de ces hommes inconsistants, dont l'esprit saute sans cesse d'une idée à l'autre, ou tourne sans arrêt, également incapable et de rester en place et de se mouvoir en droite ligne, c'est-à-dire de réfléchir et de raisonner? Pour combattre ces défauts naturels, pour donner à l'esprit de la suite et du poids il n'est pas de meilleur exercice que celui de la composition ; apprendre à diriger sa pensée, c'est apprendre à se diriger soi-même.

Mais si l'on veut conduire l'esprit des autres,

fuBsent-ils des enfants, il faut s'être rendu maître

du sien, et si l'on donne un sujet à traiter, il faut

l'avoir choisi et traité soi-même.

Nous touchons ici un point faible, le plus faible

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. 'peut-étre de renseignement prhnaîre. Ils sont rares, très rares, les maîtres qui savent corriger un exer» cice de style, et cela pour deux causes, d*abord parce qu'ils n*ont pas appris à le faire, ensuite parce qu'ils croient n'avoir pas besoin de l'apprendre. On compte les instituteurs qui choisissent euxmêmes leurs sujets et qui premrent la peine de les méditer. Sans doute un instituteur n'est pas un professeur de faculté, et on- ne peut lui demander de mettre des journées entières à préparer une leçon "d'une heure. Mais, si humbles que soient ses exef^ cices, si jeunes et si simples que soient ses auditeurs, il ne peut pas, il ne doit pas se dispenser de choisir et de préparer. S11 le fait, cet exercice deviendra entre ses mains un puissant instrument d^éducation.

D'abord, en choisissant bien ses sujets, en lès |)uisant tantôt dans la vie scolaire, tantôt dan» la vie ordinaire, parfois dans l'histoire, quelquefois même dans le roman ou la fable, en les disposant, en les ordonnant, il arrivera à se former un cours eomplet d'éducation qui ira s'enrichissant et se^ renouvelant d'année en année; ensuite, par la préfiaration, il réussira à donner de la vie, de l'intérêt et •de la vertu à cet exercice aujourd'hui si languissant, «i fastidieux et si stérile.

Quand on prend le premier sujet venu dans INm de ces journaux complaisants^ et du reste bien faite, qui apportent régulièrement à l'instituteur sa ppo- Tision de la semaine, et le dispensent ofaiigeaflment

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