‹ De l'éducation à l'écoleChapitre 23 sur 159 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

le& éftoles'; c'est aux familles seules qu'il appartient de le faire donner aux enfants, si elles le jugent convenabla*t La loi met ainsi les parents en demeure de se prononcer et d*a^p. Jusqu'à» ce jofur nombre de pères de famille laisëaient. distribuer cet enseigaemenlà leurs enfants,, ils ne l'exigeaient pas, ils ne l'interdisaient pas ; pan cela seul que l'enfant €jlait à l'école, il recevait cet enseignement comme |1 recevait lesautres;. le père se désintéressait. Aiyourd'hui il faut qu'il sorte de son indifférence, qu'il fasse acte de volonté» Qui ne voit que, par ce fait seul, le nombre des enfants qui ne partidperont plus à l'enseignement religieux va augmenter considérablement et d'un seul coup, et que ce nombre ira- toujours croissant, puisqu'il est peu vraisem* blable que les hommes qui, dàns^ leur enfonce, seront restés étrangers à cet enseignement, le jugent plos tard nécessaire à leurs propres enfants?

G!est dbnc une influence considérable et> à tout prendre, salutaire, qui se retireet qu'il faut se hàler de remplacer par une influence analogue, c'est-àdire par un enseignement moral solide et complet. L'instituteur doit songer que parmi les enfants confiés à sa garde, beaucoup ne recevront que de lui seul les leçons nécessaires au développement de leur raison et de leur conscience, que vis-à-vis d'eux il est le seul à porter le poids d'une responsabilité autrefois partagée, et pour me servir d'une expression dont on a abusé, mais qui devient aujourd'hui

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rigoureusement vraie, qu'il a littéralement charge d'&mes.

Une tâche pareille, une responsabilité si lourde exigent un ensemble de qualités rares, et l'on est en droit de se demander si maintenant il n'y aurait pas lieu d'entourer de plus de garanties le choix des maîtres qui vont porter le poids de cette responsabilité; si de tout jeunes gens munis du simple brevet élémentaire et recueillis un peu au hasard, sans épreuve préliminaire, sans preuve de vocation, et pour répondre aux exigences d'une laïcisation devenue obligatoire, pris la plupart en dehors des écoles normales, si, dis-je, ces débutants peuvent être à la hauteur de la mission qu'ils acceptent souvent sans la connaître ou sans la comprendre. Il faut à la situation, il faut à la nation de véritables éducateurs, et pour les trouver, pour les former, pour les attacher à leur œuvre, nul sacrifice ne sera trop grand; dans un tel moment, pour un tel intérêt l'économie serait plus qu'une faute, elle serait une folie.

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