CHAPITRE II
NÉCESSITÉ d'un ENSEIGNEMENT MORAL A l'ÉCOLE
Qae la neutralité religieuse ne doit pas tourner en indifférence morale. — Que renseignement moral doit changer de caractère ayeo Tftge de Tenfant. — Comparaison entre le rdle dn prêtre et celui de nnstituteur.
Le grand malheur serait qu'on parût ne pas se douter qu'il y a une question d'éducation et croire quMi suffit d'avoir ramené renseignement religieux en son lieu et place et de l'avoir rendu à ses dispensateurs naturels et qu'on peut pour le surplus s'en remettre à la nature et à l'ins'inct. L'enseignement moral qui était lié à l'enseignement religieux se trouve en quelque sorte maintenant à l'état libre; mais ce n'est pas assez de l'avoir dégagé des liens confessionnels, il faut le retenir à l'école et l'y organiser. Que deviendrait la société, si la neutralité religieuse tournait en indifférence morale? Il serait imprudent de trop compter sur les familles ; car il en est beaucoup où l'on ne prêche ni de langage ni d'exemple. La neutralité religieuse inscrite dans la loi ne peut avoir trait qu'aux
dogmes, qui sont non seulement différents de religion à religion, mais inconciliables; elle ne doit pas s'étendre aux préceptes de la morale, qui sont communs à toutes les religions comme a^x philosophies. Et qu'on ne croie pas qu'on peut se contenter de faire, comme on dit, la morale aux enfants et de leur conter des histoires ou des fables et d'en tirer la conclusion. Ces moyens sont excellents sans doute, mais ils sont insuffisants pour tous et surtout pour ceux qui ne recevront désormais, auoua ei^eignement religieux, et le nombre en est grand, et ce nombre ira croissant. Je crois bon, je crois nécessaire que l'enfant eatende parler, morale non seulement par occasion et d'une, manière indiredei mais avec la suite et r^atorité que comporte Fenseignemeâst d'une scienœ et de la première- de toutes les sciences^ Lea loi» civiles ont biea leurs interprètes et leurs^ commentateurs, pourquoi la première desv lois, celle qui est le fondement des autres, n'auraitelle pas les siens? La forme aqecdotique et maternelle convient et suffit aut premier &ge» mais à mesureque l'enfant grandit et que, sa ra^on s'éclaire cet enseignement doit sortir de ses langes, il doit, par degrés prendre le même caractère que les autres enseignements^ k cette différence, qu'il est à .la fois théorique et, pratique, et que la leçon du maître trouve danala vie de l'écolier des occasions fréquentes d'«ipplications immédiates; il doit peu à