‹ De l'éducation à l'écoleChapitre 25 sur 159 · CHAPITRE n · texte numérisé non relu

CHAPITRE n

peU' se dégager des fictions dont on l'enveloppe et des exemplea dana lesquels on le excrète, pour arriver dans les* classes élevées à. une forma scientitfiqpe oU'philosopbiqnsu U nefiiut pas laisser croire qu'on n\o9e pa» enseigner, la morale, si Tonveui que cet enseignement soit pris au sérieux et porte tous sesfimits*

Mais, me^dira-t-on, vous allez créer des prêtres laïques etun* nouveau sacerdQGe.,Non, népondrai-je, car la jurèire a seul qualité pour enseigner une religion ^.taadis. que tous les hommes ont qualité pour parler, de la morale, pourvu que leur conduite ne jure pas^ avec leur langage. La vertu de cet enseignement s'exerce dans les deux sens et sur celui qui le reçoit et sur celui qui le donne; il profite au mattre comme à l'enfant; il est pour le premier un mémento comme pour l'autre une leçon. Le prêtre constiiue une caste dont Tunlq^ia mission* est d'enseigner sa religion; l'instituteur est un homme comme les autres» et. qui ne doit s'en* distinguer que par plus de vertu. Le prêtre parle au nom. d'une autorité extérieure, il dicte des conir mandements, il s'adresse h, la foi ; le maître parle aU' nomtde la.conscîence et d'une autorité que l'homme porte en lui-même, il amène l'enfant à la reconnaître et à s'y soumettre de plein gré, il s'adresse à. sa. raison; avec le prêtre la vérité vient du dehors,, elle est inculquée à l'esprit, elle s'y établit en souveraine,, elle: impose silence et obéissance; avec le

maître et par ses soins, la vérité que recèle la conscience, y germe, y éclot,s'y développe ; ce n'est pas au mattre que l'enfant obéit, ce n'est pas à une volonté étrangère qu'il se plie, c'est à lui-même qu'il se soumet, c'est à sa propre raison qu'il cède, libre en son obéissance.

Le prêtre est un intermédiaire qui se place entre l'homme et Dieu, il transmet les ordres de la Divinité et les vœux des fidèles ; rien de semblable dans le rôle du maître ou du père; il ne s'interpose pas, il se tient à côté de l'enfant, il le conseille, il le persuade, il Téclaire; il ne fait appel à aucune autre autorité que celle qui réside dans le cœur del'enfant, autorité qu'il lui apprend ou l'aide à reconnaître et à respecter.

On ne trouve pas dans ce rôle cette attribution spéciale, cette délégation d'autorité surnaturelle nécessaire à la constitution et à l'existence d'une caste ; il y a simplement exercice d'un droit qui appartient à tous, dont un père, une mère, un frère, une sœur, un parent, un ami, un homme quelconque peut user, et dont l'usage se trouve non pas exclusivement mais particulièrement attribué à l'instituteur pendant les années de la scolarité, parce que pendant ces années l'enfant est remis à ses soins, qu'il n'a presque d'autre compagnie que son maître et que presque toute sa vie se passe entre les murs de l'école.

Ne craignons donc pas une assimilation qui est

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