‹ De l'éducation à l'écoleChapitre 26 sur 159 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

trop superficielle ou pour mieux dire trop fausse pour que les gens sérieux et de bonne foi s'y laissent prendre un instant. Les rôles, en effet, sont on seulement différents, mais en réalité contraires.

Le prêtre ne demande pas à Tenfant s*il comprend et s'il approuve; il lui enseigne des vérités qu'il croit divines et qui par conséquent dépassent la portée de la raison de l'homme et plus encore de celle de Tenfant; demander qu'il comprenne serait absurde, qu'il approuve serait ridicule ; dans les deux cas ce serait presque soumettre la Divinité à la faiblesse ou au caprice d'une raison enfantine ; il n'a donc que faire de l'intelligence et de l'adhésion, l'obéissance lui suffît.

Tout autre est le rôle de l'instituteur ou du père; il ne cherche pas à obtenir une soumission absolue à des vérités inintelligibles ou incomprises: convaincu que l'enfant est nanti des vérités dont il a besoin pour la vie, il se borne à le ramener en luimême pour les lui faire trouver et comprendre ; persuadé qu'il porte en lui la loi et la règle de sa conduite, il se contente de lui en montrer la sagesse et de l'amener à s'y soumettre. Il est un conseiller et un guide et^ si possible, un exemple. Il veut mettre Tenfant en état de se conduire lui-même et de se passer de mentor ; le prêtre au contraire, convaincu que l'homme est mauvais ou perverti, que sa nature ne peut lui fournir ni vérité ni règle, s'emploie à feire entrer en lui les vérités qu'il n'en peut tirer,

iS DE L'ÉDUCAtlON

et demeure pour lui p^idant tOBte sa vie un inspirateur et un tuteur nécessaire. Tout le catholicisme eâl en germe dans le dogne du péché originel ; il repose sur la défiance ou pour mieux dire sur la négation de la raison humaine; renseignement moral au contraire repose Taffirmation de cette mùn\G raison et sur la confiance qu'elle inspire.

Page 1