CHAPITRE V IV
luq ié rieu B eet yivace de robligatkm morale? Non, la .moralité a de bien autres racines qu*une classification arbitraire et nécessairement changeante et* mobile; elle j^eage mx pins profond de notre être; invisible, ineq^licaUct elle ast cependant ce qu'il y « «n novs de pins réel, de plvs vivant, de plus persistant, car elle «mbrasse et commande toute Té* tendue de la vie humaine; elle dirige les pas chancelants de Fenfance et soutient la marche tremblante de la vieillesse. Nul n'essaye impunément de se soustraire à son empire, et elle poursuit encore les réfractaires jusque dans l'endurcissement du crime ou dans la torpeur de l'abrutissement.
C'est donc en lui-même que l'enfant porte sa règle de conduite, c'est en lui-même qu'il faut lui apprendre à la chercher, et, quand le maître commande, il doit s'appliquer à faire comprendre que ce n'est pas en son propre nom qu'il parle, mais au nom de la loi morale qui est inscrite dans le cœur de l'enfant et dont il n'est, lui, que l'écho et l'interprète. Amener l'enfant à se conduire en l'absence de ses maîtres et de tous ceux qui sont investis d'une autorité ou d'une part d'autorité quelconque, qui ont le droit de le forcer à bien faire et de le punir d'avoir mal fait, comme il se conduirait en leur présence ; à ne voir en eux que les représentants et les porte-voix de sa propre conscience ; à comprendre qu'une action doit être faite ou évitée, non pstrce qu'elle lui est commandée ou défendue^ mais qu'elle lui est interdite ou
imposée parce que 8a conscience la lui commande ou la lui défend; en un mot, qu'en obéissant à ses maîtres, c'est à lui-même qu'il obéit; prendre son point d appui en lui contre lui-même, lui faire voir qu'il peut arriver à se diriger sans secours étranger et ramener insensiblement à se passer de cette direction extérieure : voilà la vraie méthode de Téducation.