‹ De l'éducation à l'écoleChapitre 41 sur 159 · CHAPITRE Vn 6i · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vn 6i

suffire à élever, à grandir les &mes; la santé renaissante de la patrie, la vitalité de notre race, la confiance des générations nouvelles dissipera le voile de tristesse inquiète dont il est encore enveloppé.

Qu'était cet idéal des républiques de Sparte et d'Athènes? Celui d'une petite aristocratie intellectuelle et politique, dédaigneuse du travail, qu'elle appelait servile, debout en armes sur une doubte couche d'esclaves.

Le nôtre ne fonde pas la liberté de quelques privilégiés sur l'asservissement du plus grand nombre ei l'égalité des uns sur la dégradation des autres ; il appelle à la liberté, à l'égalité, tous ceux qui vivent ensemble sur le sol de la patrie, il n'élève pas quelques milliers d'hommes par l'abaissement de tous les autres; bien loin de dédaigner le traivail des mains, il s'efforce de l'ennoblir en l'associant aux travaux de l'esprit, d'en alléger le poids, d'en adoucir la rudesse par dlngénieuses inventions ; le nôtre ne voue pas les neuf dixièmes des hommes au mépris de leurs semblables et il ne fait pas de Thumiliation du plus grand nombre un sujet d'orgueil pour leurs maîtres ; équitable et doux, dans tout homme, quel qu'il soit, il respecte la dignité de l'espèce, et il rougirait d'aggraver les inégalités que créent le hasard de la ncûssance et les caprices du sort, par des inégalités arbitraires ou cruelles; humain, bienfaisant et réparateur, il respecte, il soulage la faiblesse, la misère et le malheur.

Notre idéaly c^est que la eociété arrive enân à justifier son admirable nom, c'est-à-dire qu'elle, ne Boit plus une simple juxtaposition d'individus, mais un immense réseau aux mailles serrées £ormé d'as* sociations de tout genre qui r^ondent à tous les i^esoins. Ne pouvant détruire les maux inhérents à la nature et à la condition humaines, la misère, les maladies, la vieillesse, la mori, nous voulons au moins les adoucir, en prévenir ou en atténuer de plus en plus les funestes conséquences. Nous voulons épargner à la dignité humaine Thanûliation da la m' ndicité ; bien loin de songer à tarir les sources de la bienfaisance, nous voulons qu'elle devienne plus large, plus égale, plus clairvoysmte et plus prévuyaote. Émus d'une pitié profonde pour les victimes de la destinée, nous voulons que l'homme surpris en pleine activité par la maladie voie accourir le médecin et affluer les remèdes; que l'artisan, que ie paysan soit attiré ingénieusement et généreuseroeni vers l'épargne et que, par un {nrélèvement presque insensible sur son salaire quotidien, il arrive à conjurer la misère qu'engendrent les accidents et les chômages et à assurer le repos et la dignité de &a vieillesse ; que les orphelins sans fortune trouvent dans la patrie française une seconde mère ; que ces graods et malheureux enfants qui n'ont plus leur raison soient entourés d'autant de tendresse que ^eux qui ne sont pas encore à l'&ge de la raison, que les malheureux qui tombent en enfance trouvent

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