‹ De l'éducation à l'écoleChapitre 47 sur 159 · CHAPITRE Vin · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vin

détruit, asservi par le vice et la passion. C'est donc bien là et pas ailleurs qu'est la racine de Fégalilé ; c'est bien là que gtt le principe, puisque, quand la liberté morale disparaît, elle emporte avec elle sa conséquence naturelle , Tégalité des droits.

Par ce qui précède on peut voir quelle est Fabsurdité, pour ne pas dire la folie de ceux qui rêvent l'égalité absolue entre des êtres qui ne sont composés que d'inégalités de toute nature ; on peut mesurer rignorance ou la démoralisation de ceux qui réclament des avantages égaux pour des hommes qui font de leur liberté un usage si différent. Comment supporter ridée d'une répartition égale des biens entre la fainéantise et le travail, entre l'ivrognerie et la tempérance, entre le vice et la vertu, entre l'héroïsme et le crime, c'est-à-dire entre des inégalités voulues et poussées aux extrêmes, que dis-je, aux contraires? Pour en arriver là, il faudrait commencer par anéantir la moralité même et réduire l'humanité à l'animalité pure. Car ce n'est qu'entre des animaux que l'égalité de ration pourrait s'établir avec quelque apparence de justice. Je dis en apparence, car, même parmi les animaux, on nourrit mieux ceux qui travaillent davantage. Ces folies montrent à quel point l'égalité diffère de la justice, avec laquelle on se plaît à la confondre et sous le patronage de laquelle on place les plus injustes des revendications. Non, cette égalité grossière et brutale n'a rien de commun avec la justice, elle en est la contre-pied,

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«Ile en est la négation, car la justice dit : à chacun suivant ses œuvres^ et l'Autre dit : à chacun, quelles que soient ses oeuvres* Sur un pareil principe on peut bien bâtir une porcherie, mais fonder une société, jamais.

LAissons là ces assimilatiosis insensées, rêves d*ivresse ou de folié, qui réduisent Thumanité en matière, pour la couler dans un moule unique ; il suffit de montrer de quels fonds sortent et montent ces utopies malsaines, pour en inspirer le dégoût. Ils sont du reste plus bruyants que nombreux les partisans de ces folies, et ils font l'office de ces esclaves que Sparte enivrait pour préserver de l'ivrognerie.

Mais si ces aberrations sont trop grossières et trop repoussantes pour faire beaucoup de dupes, il n'en est pas de même de certaines exagérations et de certaines prétentions, contraires à l'égalité véritable, et qui, grâce à la vanité qu'elles flattent et à l'intérêt qu'elles servent, se répandent et se propagent, au grand détriment de la dignité personnelle et du bien général, des principes républicains et des fonctions publiques.

On ne saurait croire à quelles inconvenances et à quelles absurdités conduit en politique cette inintelligence de l'égalité. On doit supposer que l'élu est choisi parce que les électeurs le considèrent comme le plus digne et le plus capable de les représenter, et qu'à ce double titre, l'élu est au-dessus de l'électeur et a quelaue droit à son respect. Il n'en est rien

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