CHAPITRE X 13i
rupiion qu'engendre la richesse comme aussi la misère, a acQru dans une nation elle-même accrue le nombre des femmes qui ne craignent pas d'étaler leurs vices et leur honte, ce n*est pas une raison pour que le mépris qu'elles encourent et qu'elles bravent diminue le respect que les autres méritent Bien au contraire» ce respect doit être d'autant plus profond et d'autant plus marqué que l'opinion d'un certain monde se montre plus dan^reusement indulgente enyars certains désordres» et que les dangers qui entourent la vertu sont plus nombreux et plus grands.
Le vice élégant est de nos jours bruyant et hardi, il abuse delà liberté commune, il a sa presse et ses réclames; il est en montre» en scène, en étalage; mais il tient heureusement moins de place dans la société que dans la publicité et la rue.
La société est comme un profond et large courant d'eau saine encore qui coule entre une couche d'écume à la surface et une couche de lie au fond.
Le respect de la femme, mère ou fille, vit encore dans les familles ; il faut l'y accroître, l'y développer, il faut l'amener à se traduire au dehors dans la tenue et le langage. Les témoignages du respect qu'oA accorde sont à la fois utiles à celle qui le reçoit et tient par suite à s'en montrer digne, éL à celai qui les donne et sent par là même croître sa propre dignité. La femme du peuple, la fille du peuple a d'autant plus besoin de ce respeet que
chaque jour les nécessités de la vie l'arrachent au foyer pour l'amener dans des milieux difficiles, à la fabrique, àTatelier, au marché, dans la rue; elle le mérite d'autant plus que les travaux auquels elle se condamne sont souvent plus pénibles et plus rebutants.
Que nos écoles primaires soient donc des écoles de respect à l'égard des femmes et que nos maîtres s'y prennent de bonne heure pour l'inspirer, qu'ils veillent aux rapports des garçons avec les filles, rapports que l'accroissement des groupes scolaires a multipliés et qui peuvent, suivant la prudence ou l'imprudence des maîtres, tourner au profit de l'éducation ou au détriment des mœurs. Que ce sentiment si délicat et si pur prenne naissance dès le commencement de la vie scolaire, qu'il s'y développe avec r&ge et la raison, que les garçons soient habitués dès leurs jeunes années à entrer dans le rôle qui convient à leur sexe et où,- à cette fierté qu'inspire la force qui va croissant, se mêle une vague intuition et comme un pressentiment de cette chose sacrée qui s'appelle l'honneur d'une femme.
Les enfants d'aujourd'hui ne sont ni meilleurs ni plus mauvais qu'autrefois : ce sont des enfants. Cet âge est sans pitié, disait La Fontaine. J'en demande pardon au fabuliste; la dureté de l'enfant est plus apparente que réelle, elle est chez lui reffet de l'ignorance et de l'irréflexion, et non de la nature. Voyez avec queUe tendresse les sœurs soignent leurs