‹ De l'éducation à l'écoleChapitre 66 sur 159 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

ont eonserré la yie. Yoîlà de« objets de pitié. Eh bieo, FeifelftBt neeomjHP^id pas tout 8ê«I cet affreux jnalheur, il là'en voit pae les knentafeks effets, il est porté à en rire. J'ai tu» et qui n'a tq des enfants attroupés autour de ces fous inoffensifs auxquels on laisse la liberté de la rue et qai Tespient chèrement T Les enfants prenn^rt plaisir à les suivre et à lea poursuivre de léttrs moqueries et même de leur» injures. Le pawre foo s'arrête^ il se retourne, il essaye de mettre en fuite oeile troupe qui le harcèle; mais à peine a*trfl repris sa marche que la meute revient et s'élance sur ses pas.

Ce ne sont pas assurément les meilleurs parmi les enfants, ceux qui se font on jouet d'un malheureux, qui prennent plaisir à entendre ses divagations, à les provoquer, à l'exaspérer psr leurs cris, par leurs^ rires et leurs mauvais tours. Mais à part quelques gamemettts qui mèneiKt la bande, ees enfants pour k plupart ne sont pas méchants, ils ne savent pasce qu'ils font. Ik se laissent entraîner. Us smrent l'exemple, et cet exemple, ce ne sont pas loujoiursdes^ enfants cpii le donnent, n n'est pas rare de voir de grandes personnes prendre part à ce jeu cruel, et en tout cas sous ce rapport l'éducation du peuple est eneoce à faire, car les passants qui ne se mettent pasde la partie, regard^rt sottement passeï- la troopemaliaîsante, et se crotsent les bras. Si k penj^e ressentait pour ks pauvres fous les sentiments qu'ik doivent inspirer, ne les prendrait^il pas sous sa

protection, et ne mettrait-il pas à la raison, ne dis^ perserait-il pas bien vite ces petits persécuteurs? Mais en cela comme en beaucoup d'autres choses, rindifférence égoïste du passant est vraiment inouïe ; il laisse tout faire ou peu s'en faut ; Ton dirait que le plaisir de voir étouflfe en lui tout autre sentiment ; et si parfois il sort de sa neutralité curieuse et railleuse, s*il intervient, c'est rarement au proQt des mœurs. S'il y a un coup de main à donner, ce n'est pas pour venir en aide aux gardiens de Tordre et de la sécurité qu'il le donne, c'est pour tirer d'affaire les délinquants ou les gredins.

Le sentiment de sympathie pour les fous est de date relativement récente; il a longtemps été le privilège de quelques âmes d'élite ; il s'est propagé avec l'instruction, mais il est loin de s'être répandu dans la société tout entière et d'en avoir atteint le fond. La dureté ou l'indifférence à leur égard semble provenir de deux erreurs : la première religieuse, la seconde scientifique. Sous l'influence d'une certaine morale, on a vu dans la folie une marque de réprobation divine ; et, d'un autre côté, on a cru sans preuves que la folie n'est pas une souffrance.

C'est la tâche de l'éducation de dissiper des préjugés cruels et de pénétrer l'âme de l'enfant d'une sympathie respectueuse pour un malheur souvent immérité. Les maladies ordinaires sont aussi parfois l'effet des habitudes vicieuses et de l'inconduite; et

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cependant nul ne songe à refuser aux malades les soins et la pitié qui leur sont dus.

Tout malheur, toute souffrance a droit à nos égards; nous ne sommes pas chcu-gés de faire è chacun la part de responsabilité qui lui reyient dans son malheur, pour régler notre secours sur une appréciation qui souvent est fausse et souvent impossible. La recherche des causes n'est la plupart du temps qu'un calcul de Tégoïsme. Secourons d'abord les malheureux et laissons à qui de droit le soin de les juger.

L'exemple est donné de haut ; et, gr&ce aux pouvoirs publics, les fous trouvent presque dans tous les départements un asile et des soins ingénieux e1 touchants. L'instituteur n'a donc qu'à seconder les progrès de la raison et à répandre un sentiment qui fait honneur à notre temps. Qui peut se flatter de pénétrer dans Tâme de ces malheureux et savoir dans quelle mesure leur malheur même les met à l'abri de la souffrance? Je ne parle pas de ceux dont la folie tourne en fureur, et dont les tortures et l'agonie sont si affreuses qu'on n'en peut supporter la vue ni même la pensée. Mais les autres, ceux qui vivent avec leur folie, combien ne sont-ils pas à plaindre, déchus de leur dignité d'hommes, privés des joies de la famille, retranchés vivants de la société humaine, n'ayant que le spectacle d'autres folies? Chez certains peuples les fous ont un caractère sacré ; s'ils ne sont pas chez nous des objets de

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i^énératioD, que du mdttt. ils soient des objets de pitié.

Inspirons de \& pitié p(Hir toutes les souffrances^ qu'elles soi ent morales ou physiques, non pas cette pitié inerte qui s*exhale en exclamations banales ou s'écoule ea larmes stiériles; mais une pitié active et wile qui ne se borne pas à plaindre, qui cherche h soulager, qui se>traduit moins par des paroles ou des regards que par des aol«8 ; qui, au lieu de se complaire dans un aiteadrissement dont on se sait bon gré, s'emploie et s'ingénie à trouyw* des adoucissements et des remèdes.

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