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CHAPITRE XI

DÉFAUTS DE l'ÉDIJCAIION SCOIJURB

De l*utiUté des récoxnpengea ea matière d'édacution. •- QuIeUetsont aussi et plus utiles que les punitions. — Que le caractère national les rend particulièrement nécessaires. — Da système actuel des récompenses. — Qu'elles Yont toatet aa mérite intellectuel. ~ Causes de cette partialité. — Faiblessr et indulgence pour l'esprit sous toutes les formes. — Vanité française. — Que Téducation est bien pluB difficile que l'^ii^ saignement et pourquoi. •> Qu*& raison même de sa difficulté elle a été confiée à des hommes spéciaux, prêtres ou philo-^ sophes. — Que la famille et l'école a'en sont désintéresaéts. — Conséquences fâcheuses de cette abdication et de la partialité- «B fftTMur de l'esprit.— Indiflérenoe morale.— Que l'état actuel de la société et la nature d^s iuatitutions répubUcaines réda ment un changement complet dans nos habitudes scolaires.

Punir efit iiMilheujreuseineBt nécessaire ; mais récompenser ne Test pas moins, et l'éducation -consiste an grande partie dans Temploi judicieux des punitions ei des récompenses ; ces deux moyens, quoique contraires, s-su^cord^t cependant et concourent au même but. Le règlement des écoles a fixé la nature, le nombre et lagradation des punitions ; s'il est muet sur le chapitre des récompenses, ce n'est certes pas qu'il les intéresse, c'est qu-il laisse aux maîtres Je

soin de les choisir. Montrons-nous dignes de cette confiance et examinons s'il n*y aurait pas lieu, dans rintérét bien entendu de nos écoles et de la société même, d'élargir le cercle des récompenses, d'en enrichir la liste, d'en modifier la nature, et, sans compromettre le développement intellectuel de l'enfance, d'en mieux assurer le développement moral.

Le système actuel répond-il suffisamment aux besoins généraux de l'éducation, répond-il aux besoins particuliers du caractère français et du temps présent ? Je n'ose le croire.

Si jamais l'éducation fut nécessaire, c'est à Theure présente, car le sort de la nation ne dépend plus aujourd'hui de quelques privilégiés de la naissance, de la fortune ou du talent, il dépend du peuple tout entier, c'est-à-dire de l'éducation nationale. Aussi disais-je naguère encore aux instituteurs réunis autour de moi : « Ce n'est pas sans émotion que je songe à la grandeur de la tâche que les circonstances vous imposent, car c'est sur vous que le pays compte pour lui préparer des générations plus instruites et meilleures. Et en ce sens on peut bien dire, comme on l'a fait, sans exagération, que le sort du pays est entre vos mains. C'est par vos mains en efi'et que passent les neuf dixièmes des futurs électeurs, et il n'est que trop évident que les destinées du pays reposent sur la valeur morale et intellectuelle du corps électoral. Aussi, en pensant à la responsabilité qui pèse sur nous, ce ne sont pas des

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