‹ De l'éducation à l'écoleChapitre 72 sur 159 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

cher de croire que bien des pères auraient une conduite meilleure^ s'ils n'abandonnaient à un tiers le soin d*éleyer leurs enfants, que Taccomplissement de ce devoir exercerait sur eux une influence salutaire, et qu'ils tiendraient pour la plupart à donner à leur famille la plus efRcace des leçons, celle de l'exemple.

Il en a été longtemps de l'école comme de la famille, et le mattre de l'école ne s'est pas considéré comme chargé spécialement de l'éducation des enfants, mais bien seulement de leur instruction. Du reste nombre d'enfants n'allaient pas à l'école et pour une bonne raison, c'est qu'ils n'en avaient pas près d'eux.

Ciomme d'un côté l'éducation consiste à enseigner la morale et surtout à la faire pratiquer, comme de Tautre il n'y avait pas d'enseignement moral en dehors de l'enseignement religieux, et que les deux ne faisaient qu'un, le mattre d'école n'était pas en réalité l'éducateur. Sa part à lui, part ingrate et modeste, c'était la récitation du catéchisme. Cet exercice d'ordre inférieur, d'un caractère presque mécanique, n'exerçait qu'une influence médiocre sur le développement moral de l'enfance ; à coup sûr il n'ajoutait rien au prestige du mattre, réduit au simple rôle de répétiteur.

La situation est changée, et le maître, maintenant véritablement maître de l'école, y est rentré dans la plénitude de ses droits ; aussi il a vu croître Téten-*

due de ses devoirs et doubler l'importance de sa mission.

La pauvreté et l'insuffisance passées de l'éducation scolaire ont sans doute encore d'autres causes; cependant les défauts du caractère national, les difficultés inhérentes à cette œuvre et l'effacement presque complet de la famille et de l'école devant «ne autoHté étrangère en sont assurément les causes principales.

Quoi qu'il en soit, cette séparation de l'éducation d'avec l'instruction a eu pour effet d'assurer à celleci tous les stimulants de l'émulation, tous les avantages des récompenses, au grand détriment de la première.

Les conséquences de celte partialité sont graves. L'enfant n'apprécie que ce qu'il voit apprécié. Il n'a ni assez de maturité d'esprit pour se faire une opinion personnelle dans des questions de ee genre, ni assez de force et d'indépendance pour réagir contre l'opinion régnante, surtout quand cette opinion se révèle à ses yeux par des habitudes si générales et si anciennes. L'enfant suit la direction qu'on lui imprime. Là où il voit briller les récompenses, là il porte ses efforts. Ce qui n'est pas récompensé ne lui semble pas digne de l'être, car il ne peut croire à une erreur ou à un oubli. Voilà comment il s'habitue et comment on l'habitue à ne voir dans l'éducation qu'une chose secondaire, accessoire, qui ne demande ni application ni efforts, qui s'apprend

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