‹ De l'éducation à l'écoleChapitre 82 sur 159 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

réais aa grand concours et des élèves admis aux grandes écoles? Sans aller jusqu'aux inscriptions fastueuses, sans recourir au marbre et à Tor, on pourrait fort bien conserver fidèlement dans un livre, qui, pour être modeste, n'en aurait pas moins de prix, le souvenir des traits vertueux, comme on expose ailleurs les témoignages rassemblés des succès scolaires. Les régiments ont leur histoire; ils ont leurs drapeaux. Le drapeau du régiment, emblème de la solidarité qui unit le présent au passé, élève, entraîne tour à tour les recrues qui se succèdent sous ses plis et leur inspire le désir d'accroître une gloire héréditaire.

Ne pouvons-nous pas, aussi, mais sans bruit ni fracas, par des moyens plus simples et cependant puissants, conduire les enfants au bien? Je connais à Marseille une école de garçons où ce moyen est mis en pratique et non sans profit. Le dimanche toute l'école est rassemblée dans la cour, et là le Directeur lit à haute voix un ordre du jour où sont portés les élèves qui se sont signalés par quelque trait d'honnêteté, de moralité, ou de bonne camaraderie ; ces ordres du jour sont ensuite déposés et conservés dans les archives. Je ne puis qu'engager les autres écoles à suivre cet exemple.

Une récompense plus haute encore, c'est la menti on au Bulletin départemental. Mais, pour sortir de l'enceinte de l'école et agrandir ainsi le cercle de la publicité, il faut avoir à louer quelque acte qui

8*élève au-dessus de l'ordinaire ; car on court risque, par une récompense disproportionnée, de donner à Tentant une trop haute idée de lui-même et de le porter à croire qu*ayant si bien fait, il ne lui reste plus rien à faire.

Indépendamment du livre d*or, destiné à garder le souvenir des actes qui honorent Técole tout entière, chaque enfant ne pourrait-il avoir, à partir d'un certain âge, 9 ou 10 ans par exemple, un livre à lui ou plutôt un livret, où le maître consignerait, de sa propre main, ce que Fenfant aurait fait de bon et de bien, les défauts corrigés ou diminués, les qualités acquises ou accrues, les services rendus aux camarades, les traits de franchise, d'honnêteté, de courage, enfin qui retracerait Timage de sa vie scolaire, qui le suivrait à travers les phases de son développement moral, qui le montrerait tel que Fécole Ta pris au début et tel qu'elle Ta rendu à la fin?

Ce serait le livre d'or de l'enfant, le sommaire ou le résumé de son histoire à lui. Il y trouverait, il y rélirait plus tard avec charme et peut-être avec fruit le récit des premiers avantages obtenus, puis des victoires remportées sur Tégoïsme et tous les sentiments mauvais qu'il engendre et nourrit. Qui pourrait dire si même quelque jour ces souvenirs ne seraient pas pour lui un réconfort dans les heures de découragement, une lumière dans les moments de trouble, une leçon salutaire après les défaillances. Sans avoir la sécheresse d'un carnet de notes, celte

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