‹ De l'éducation à l'écoleChapitre 83 sur 159 · CHAPITRE Xn · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xn

chronique de l'élève • faite par le maître devrait cependant être sobre et ne contenir que des faits significatifs. Ce serait comme une petite biographie marquant les pas faits en avant, les étapes parcourues dans la voie du progrès moral.

Mais j'entends qu'on se récrie : « Encore un cahier à tenir ! » Qu'on se rassure. Ce que je propose ne peut être imposé. Je suggère une idée : si l'idée est bonne, il se trouvera quelqu'un pour la mettre à Tessai ; mais un essai de ce genre veut être fait de bon cœur et avec le cœur.

Les distributions de fin d'année ont donné lieu à de nombreuses et justes critiques, et, plus d'une fois, on s'est demandé si ces distributions ne sont pas plus nuisibles qu'utiles et s'il ne conviendrait pas de les supprimer. Cette question a même été posée aux aspirants au certificat d'aptitude pédagogique. Je crois que ces solennités sont entrées trop avant dans nos mœurs pour être supprimées purement et simplement; mais je*crois aussi qu'on peut en changer peu à peu le caractère et les mettre en harmonie avec la nature de l'enseignement primaire et les ' besoins reconnus de l'éducation.

En général elles sont trop solennelles, trop bruyantes, trop pompeuses; elles affectent un caractère théâtral et contrastent par leur éclat, parleur fracas, avec la simplicité de l'enseignement primaire et l'humilité du mérite récompensé. Mettre l'orthographe, savoir calculer, faire une belle page d'écriture, sont-

<^e là des taleats à couronner au bruit des fanfares, au son de la grosse caisse et des cymbales? On pourrait, ce me «emble;, ramener ces cérémonies k la simplicité qui leur convient On congédieriut les musiques militaires et on les rempLacerail par •des chœurs chantés |iar les enfants eux-mêmes. L'école y paraîtrait sous ses ilivers aspects; ce «erait plutôt une.exj>osiLiofi, un compte rendu qu'une «distribution. Les cahiers des élèves, leurs dessins, leurs trai^ux manuels y seraient exposés ; au lieu d'un discours d'apparat roulant sur des généralités banales, l'Instituteur ferait la revue sommaire et en quelque sorte Thistorique de l!année écoulée.

Bans cet exposé il donnerait au mérite moral la place qui lui revient, c'estià-dire la première; il rappellerait le souvenir des enfants qui, après avoir donné le bon exemple dans l'école l'ont plus tard honorée par leurs talents ou leurs vertus. Je connais pLus d'une commune des Bouches-du- Rhône où ces beaux souvenirs ne manqueraient pas. Il raconterait tout ce qui est de nature À toucher les familles, à marquer la direction morale donnée à l'enseignement, à montrer l'esprit des enfants^ leurs progrès dans le bien. Il nommerait ceux qui se seraient distingués pendant Tannée par leur conduitei leur caractère, leur pitié filiale, leur reconnaissance envers leurs maîtres, leur bonté envers leurs camarades. £n entendant ce récit, simple et sans apprêt, les parents oomprendvaienLl'importance que nous

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