‹ De l'éducation à l'écoleChapitre 87 sur 159 · CHAPITRE Xm i · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xm i

haussant les épaules ? Ce dédain précoce de Topinion est un fâcheux sympiùme; il n*est cependant pas rare dans les grandes villes, où l'enfant est perdu dans la foule, où tout le monde le voit et où personne ne le connaît. Presque sûr de n*être pas reconnu, et de rester impuni, comment ne s'enhardirait-il pas à mal faire? Il faut donc le secourir contre lui-même et Faider par l'attrait des récompenses à résister aux tentations. Plusieurs instituteurs le font et non sans succès ; ils ont créé dans leurs écoles des.sociétés dont les membres prennent volontairement l'engagement de ne pas fumer tant qu'ils seront enfants. Yoilà qui est excellent non seulement pour la santé physique, mais pour la santé morale; ils apprennent ainsi à se préserver eux-mêmes de la contagion de l'exemple, à exercer leur volonté et à se conduire d'après leur propreraison.

Un autre objet de leur imitation ambitieuse et prématurée, c'est le jeu. Laissant là les divertissements et les exercices qui sont de leur âge et que leur santé réclame, on en roit qui se groupent sur le seuil de quelque maison écartée, dans un coin de quelque place ou promenade, et qui là, pelotonnés^ ou rangés en cercle et pressés les uns contre les autres, jouent aux cartes pendant des heures entières, jetant de temps à autre un coup d'oeil inquiet sur le& passants distraits, et tenant leurs petits tripots en plein air. D autres jouent à pile ou face et font sau-

ter, non sans cris et querelles, entre deux haies de badauds, les quelques sous obtenus de la faiblesse paternelle.

Pour les arracher à ces jeux, le mattre peut les engager à lui rendre compte de l'emploi de leurs loisirs, récompenser ceux qui les aiu'ont employés à des promenades utiles, à des travaux manuels, à des exercices gymnastiques, à la confection d*un herbier, d'une^oUection, d'un musée, à Tarpentage, à la musique, au dessin. Il pourra presque toujours s'en rapporter à Tenfant; ceux-ci sont plutôt portés à mentir pour s*excuser d'une faute et éviter une punition méritée que pour s'attribuer faussement une action louable et pour usurper une récompense. Du reste, en pareil cas, le maître demande, il n'exige pas ; si l'enfant se tait, c'est qu'il n'a rien de bon à dire, et s'il essaye de tromper, ses camarades sauront bien le lui faire sentir, et d'ailleurs le contrôle n'est pas impossible.

Il y a presque dans chaque pays des jeux dangereux qui tiennent aux habitudes et aux mœurs locales ; de ce nombre est le jeu de bataillon. Les enfants se rassemblent dans quelque terrain vague ou quelque rue écartée, ils se partagent en deux bandes et se battent à coups de pierres. Plus d'un enfant est sorti grièvement blessé de ces véritables combats et plus d'un passant inofiPensif a reçu des coups qui ne lui étaient pas destinés. Casser un bras, crever un œil, et rendre un enfant infirme pour le

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