‹ De l'éducation à l'écoleChapitre 89 sur 159 · CHAPITRE Xm · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xm

et sans aller bien loin chercher des exemples Marseille nous en fournit assez. U n'est guère de joui où les journaux de la ville n*enregistrent quelques nouveaux exploits de ces enfants perdus de la rue, qu'on nomme nervis, véritable fléau des passants, terreur des boutiquiers et des marchands, étemel exercice d'une police aux abois ; et quand, pris sur le fait, on les traîne en justice, il n'est pas rare de les voir narguer leurs juges stupéfaits de leur cynisme gouailleur et de leur précoce perversité.

Aussi je prie, je supplie nos mcdtres de déployer la plus active vigilance, de signaler sans retard aux parents les absences de leurs enfants, de prendre avec eux les mesures les plus propres à en éviter le retour ; je les supplie de suivre attentivement les enfants, de les observer avec sollicitude, et, lorsqu'ils ont surpris sur leur visage et dans leur manière d'être les premiers symptômes de Tennui et du découragement, de s'ingénier à ranimer en eux le goût de l'étude, à les intéresser, à les distraire, à leur rendre l'école agréable, afin de combattre l'attrait de sa malfaisante rivale. Par cette surveillance affectueuse, par les efforts qu'ils feront pour s'attacher les enfants, pour les retenir à l'école, pour la leur faire aimer, désirer, ils préserveront ces enfants du vice et du crime, les familles, de la honte, et la société, d'un fléau.

J'appelle aussi de tous mes vœux et je ne cesserai de réclamer avec instance la création d'une

police bienfaisante entre toutes, vraiment préservatrice et que je ne craindrai pas d'appeler paternelle, qui aurait pour mission de ramener sur les bancs les petits déserteurs. La police d'aujourd'hui aurait moins à faire, si on ne laissait grandir à l'aise et se multiplier sous ses yeux ses futurs ennemis.

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