‹ De l'éducation à l'écoleChapitre 96 sur 159 · CHAPITRE nv · texte numérisé non relu

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€68 souhaits avec lesquels les hommes s'abordent et se séparent, à ces saluts de la tête et de la main qu'ils s'envoient en se croisant, leuriforce et leur signification première; elle nous rappellera ]ue des hommes qui vivent ensemble doivent être animés d'une bienveillance mutuelle et que dans ces bonjour^ ces. bonsoir qu'ils échangent en toute rencontre, ils se souhaitent au moins les uns aux autres le bonheur qu'il ne dépend pas toujours d'eux de se procurer; elle nous rappellera que les hommes appartiennent à la même famille, et qu'ils doivent se traiter en frères ; qu'entre inconnus, la politesse est l'expression du respect que mérite la dignité humaine, que cette dignité a sa source dans le libre arbitre et dans les libertés qui en découlent ; que les égards témoignés à nos semblables, à nos égaux sont en réalité un hommage rendu à nous-mêmes en la personne d'autrui; que respecter les autres, c*est s'honorer soi-même.

L'on a beaucoup fait pour développer chez les enfants le goût de l'épargne, mais l'on ne saurait trop faire et il faut redoubler d'efforts; car des deux dangers auxquels un pays est exposé, l'un qui vient du dehors ne* peut être conjuré que par le courage et la force, et l'autre qui vient du dedans ne peut être évité que par l'esprit de prévoyance et d'économie. Tout peuple a deux sortes d'ennemis, ceux du dehors qui convoitent le sol national, et ceux du dedans qui convoitent la fortune d'autrui ; c'est de la

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misère, c est du ch6iaa§e et éeB souffrances qa'il impose, c'est de rineertiiude du lendemain ei des craintes qu'il inspire, qge naissent les pensées coupables, les rêves départage, et les entreprises cri minelles.

La science et l'industrie, en augmentant la richesse générale, ont créé une classe nombreuse dont la vie est précaire. Ce qu'étaient autrefois les paysans, les Jacques, dans les temps de famine, les ouvriers le sont aujourd'hui dans les temps de chômage. Quand du jour au lendemain les machines s'arrêtent, des miniers d'hommes sont sans pain. Le paysan, grâce à la terre acquise, est aujourd'hui à l'abri du besoin, il n'en est pas ainsi de l'ouvrier; ce sera Thonneur dfc la République d'arriver par des mesures libérales et équitables et par l'éducation du peuple à changer une situation inquiète et précaire en aisance et sécurité. Notre tâche à nous instituteurs est de créer des habitudes qui préservent le futur ouvrier des dépenses inutiles et des excès nuisibles. La vie de l'ouvrier engendre d'inévitables dégoûts et des déeovuragements, dont l'ivresse procure un moment l'oubli, mais pour les rendre ensuite plus profonds et plus invincibles. Le goût de l'économie, l'habitude de l'épargne, en créant de bonne heure les ressources indispensables, sont d'efficaces préservatifs contre des excès funestes aux individus, funestes à lasociété» Le proverbe dit : « Qui a bu boira. » On pourrait ea dire autant de l'économie : qui a épargné, épargnera.

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