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DU TEMPÉRAMENT

Dans son acception ia plus ancienne, le mot de tempérament voulait dire le degré et la qualité des sensations que pouvait éprouver un homme. On mettait ce qu'on appelait alors le tempérament sous la dépendance de la composition du sang. Gallicn distinguait quatre sortes de tempérament : le tempérament sanguin, le tempérament mélancolique, le tempérament cholérique et le tempérament flegmatique. Kant* distingue chez l'homme : 1® son naturel (Naturell), 2® son tempérament et 3* son caractère. Le naturel d'un homme se compose suivant Kant, des talents et des facultés qui lui sont innés ; son tempérament (Sinnesart) consiste en sa faculté de sentir ou de manifester ses sensations. Le naturel et le tempérament réunis indiquent ce que l'homme a la possibilité de devenir. Le caractère d'un homme ou la méthode suivant laquelle il pense (Denkungsart) montrent ce qu'il veut faire de luimême.

Au point de vue physiologique, ajoute Kant, on doit comprendre sous le nom de tempérament la constitution du corps (robuste ou faible) ou sa complexion. Cette dernière dépend principalement de la qualité du sang, de sa composition et de la façon dont ce liquide circule. Si on se place au point de vue de la psychologie, c'est-à-dire si on on examine le tempérament de l'âme, les dénominations basées sur la qualité du sang que nous venons de donner ne sauraient être admises que par analogie. Il y en a, en effet, entre le jeu des sentiments et des désirs et les causes qui déterminent dans le corps des mouvements (le sang joue ici le rôle principal). Nous admettons un lien entre le tempérament psychologique, à cause de

1. Anthropologie in pragmaiischer Hinsicht, 3 Aufl. Leipzig, 1880, p. 205-227.

Tanalogie, uniquement, qui existe entre les manifestations extérieures des sentiments et des désirs, et les causes qui déterminent des mouvements dans le corps.

Kant admet un tempérament du sentiment et un tempérament de l'activité. Suivant qu'ils s'accompagnent d'un excès de tension de la force vitale (intensio)ou d'une rémission de celle-ci (remissio) ces tempéraments se subdivisent en deux variétés. Dans le tempérament de sentiment Kant distingue le tempérament sanguin (à sang léger) et le tempérament mélancolique (à sang lourd); dans celui de l'activité, le tempérament cholérique (à sang chaud) et le tempérament flegmatique (à sang froid).

Wundt* considère le tempérament comme une prédisposition de l'âme à des mouvements de l'âme, qu'il admet comme étant individuelle. Le tempérament se rapporte au désir et à la passion comme l'excitation se rapporte aux sensations. Les manifestations individuelles des mouvements de l'âme peuvent se distinguer quant à leur force et quant à leur vitesse. Après avoir admis des tempéraments forts et faibles, lents et rapides, Wundt les met en regard de la façon suivante :

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