A. Raubcp. Homo sapiens férus, Leipzig, 4888, p
remarquable. Une petite fille, âgée de neuf à dix ans, parut, en septembre 1731, dans le village de Songi, près de Chalogne, en Champagne. Elle était nu-pieds ; son corps était couvert de chiffons et de morceaux de peau. Elle tenait un bâton de bois à la main. Lorsqu'un chien fut lancé contre elle, elle l'attendit de pied ferme et le laissa s'approcher ; puis elle le frappa de son bâton sur la tête et le fît tomber roide mort. Elle s'enfuit bientôt dans les champs, grimpa lestement sur un arbre et s'y endormit tranquillement. Une fois qu'elle fut éveillée, on réussit à la faire descendre e on l'emmena à un château qui se trouvait près du village de Songi. Lorsqu'on lui donna, dans la cuisine de ce château, un lapin, elle étrangla celui-ci et le mangea tout cru. Elle était très adroite et d'une constitution robuste.. Ses pouces étaient très développés, ce qui tenait à son habitude de grimper sur les arbres. Elle passait avec beaucoup d'adresse d'un arbre sur un autre. Elle s'ingénia bientôt à faire des ouvertures dans les toits et dans les murs et à passer à travers des interstices très étroits. Elle s'accrochait ensuite à des arbres et elle cherchait ainsi à s'échapper de sa prison. On la reprenait promptement et on la réintégrait dans son nouveau domicile. Ses mouvements étaient tellement rapides qu'elle attrapait le gibier au vol ; elle plongeait avec la même habileté, attrapait le poisson avec ses mains et mangeait tout cela tel quel, tout cru. Elle mangeait aussi des grenouilles. Elle ne pouvait parler et n'émettait que des cris. Il fut difficile de la déshabituer de manger de la viande crue, des feuilles, des branches et des racines. Deux ans après avoir été prise, elle attrapait encore volontiers du poisson dans l'eau. Elle s'échappa un jour du château qu'elle habitait, se jeta tout habillée dans un étang et atteignit, en nageant, une île qu'il s'y trouvait. Elle attrapa ensuite des grenouilles et les mangea avec délices. Elle apprit la langue française et devint assez adroite dans les travaux manuels qui sont réservés aux femmes. Elle ne se rappelait pas du tout comment elle était venue dans les bois. Elle se croyait issue des arbres et du sol *. On trouve beaucoup d'exemples analogues dans la littérature.