‹ De l'éducation des mères de familleChapitre 106 sur 116 · CHAPITRE YIU · texte numérisé non relu

CHAPITRE YIU

Le câlbaléteiot la cbaritédaos laiâoM.

(Saint Clément d'Alszandhib, Sifomates, p. 454, édition da Lonm.)

C*csl iino règle de la nature, qne plus on dimiuue le uombre des mariages i^ui pourraient se faire, plus on corrompl ceui qui sont faits.

(MoKXESQi}i£U, Esprit des Lois,

liv. XXIli. )

Après la doctrine de la sainteté des vierges vient la doctrine du célibat des prêtres; elles ODt la même origine, et se trouveuL réfutées par les mêmes faits. Toutefois cette dernière mérite un examen à part. Sa puissance est politique, et son institution est sainte : il en résulte qu'elle est placée dans l'église sous la garde de l'ambition, et dans le monde sous la garde des consciences. Quel raisonnement pourrait vaincre ces deux forces? a l'ambition, rien ne fait que le malheur ; à la conscience^ rien ne vaut que la lumière. Commençons par la conscience j en détruisant ses préjugés nuu^

BU CÉLIBAT £CCLiSiASIIQlJ£. 279

dissiperons ses alarmes : connaître l'erreur, c'est faire un premier pas vers la vérité.

JLe célibat des prêtres est-il un dogme £»nda* mental de la foi dont rcxamen ne puisse être soumis sans sacrilège à la raison humaine ?

Ce n'est pas un dogme de la foi , puisqu'on le retrouve chez les païens et chez les idolâtres longtemps avant la religion de Jésus-Christ.

Ce n'est pas un dogme de la foi, puisque dans la primitive Église les prêtresse mariaient, et qu'aucun dogme foudamental ne saurait dater du cinquième ou du douzième siècle*

Ce n'est pas un dogme de la foi puisque le pape conserve le droit de séculariser les prélres, c'est-àdire de les rejeter dans le siècle, en brisant le vœu de chasteté , et que tous les droits du pape s'arrêtent devant les dogmes de la foi .

Le célibat est donc tout simplement un objet de discipline ecplésiastique. Etabli dans rintérél matériel de l'Église, on peut examiner s'il est dans l'intérêt moral des peuples. Car il ne s'agit plus de savoir ce qui convient à Rome, mais ce qui convient à rhumauité*

Et toutefois , ce qui convient à Thumanité est aujourd'hui ce qui convient à Home. Le salut du sacerdoce est remis à son propre bon sens. £n traversant dix-huit siècles de barbarie et de lumière, ses jeux, comme ceux du genre humain, ont eu le temps de s'ouvrir : le voilà au bord d'un nouvel

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horixon; y arri?era-l>-îl la lête cachée sous le froc,

le visage souille de cendre , la main armée d'une discipline, sous les regards de rintelligence et de la Uberlé?

Assez longtemps Rome nous a soumis à la folie de la croix ; il est temps qa'elle se soumette a la raison de révangile.

Quel est à cette heure le premier besoin de la

société ? quelles sont les plaies qui la rongent, les douleurs qui la font mourir? Est-ce la corruption des mœurs, les divisions de famille, le luxe des fêtes, les scandales du jeu, de la table et des dao- ^ seuses de l'Opéra? — Non : les mœurs sesontaméliorées, on vit plus chez soi , on aime mieux sa femme , on élève ses enfants avec plus de tendresse j le vice ne s'affiche plus. Où donc est le mal ? Serait-ce dans ces philosophies raisonneuses , matérielles, impies, qui ravagèrent le dernier siècle? — Non : il n'y a plus de sophistes, plus d'impies, plus même de philosophes : Fathée le plus hardi passerait inaperçu sans louange et sans blâme ; le paradoxe le plus insensé n'éveillerait pas même la curiosité. On n'est point incrédule , on n'est point croyant : on est indifférent*

Mais cette indifférence ne frappe que la religion. La foi humaine s'est usée dans les spectacles do fanatisme. Il fallait au peuple une autre passion , et quelques progrès vers la liberté ont enfanté * cette passion nouvelle, la p olitique. C'est là que se

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porte aujourd'hui toute l'ardeur du inonde civilisé. Étrange aveuglement! une jeunesse passionnée pour la justice et la civilisation veut y arriver en l'absence de Dieu» Dévorée de la soif ardente d'une perfection idéale, elle marche en avant, sans culte et sans principes, comme si l'on pouvait séparer la ' liberté de la religion qui nous Ta donnée ; la religion de la morale, et la morale du droit*

Contemplez ce chaos des passions humaines. L'homme semble n'avoir qu'une téte, désintérêts et des opinions : il s'est réduit à son intelligence.

En morale, on méprise tout, on n'examine rien. En politique , on aspire à tout, on ne mesuré rien. La foi s'est portée de ce côté ; mais c'est une foi sèche et sans puis^nce , parce qu'elle est sans amour. Elle va des derniers rangs au premier rang de la société } de cette fouie abjecte qui regarde en haut avec les foreurs de Tenvie et les besoins de l'ambition , à cette autre foule non moins abjecte qui, pour conserver ses grandeurs, se courbe successivement devant tous les pouvoirs. Levez les yeux , regardez ! Depuis trente ans sa fidélité la retient dans cette honteuse posture : sur la boue et sur Tor ; elle y mourra !

Et la cause de tant de maux, où la trouver? — dans l'absence de religion. Et l'absence de religion, d'où vîent-elle? — de l'ignorance du sacerdoce, de son éloignement de la lumière, et de Tinstruclion stupide qu'il persiste à recevoir et à donner.

m CSUBAT SCGLlfeBIASTlQCB»

Enfants, on nous enseigne le dogme, on nous impose des pratiques, on nous appelle à des cérémonies : nous prions, nous jeûnoM, nous faisons maigre; c'est Tinstruction de la foi ; rien n'entre dans le cœur , rien ne satisfait la raison, rien tfcclaire 1^ conscience. Vienne quinze ans, l iustruction cesse et les passions se développent. Alors se dévoilent à nos yeux les scandales de la confession, les libertinages du célibat, les ambitions de Rome, le vide de ses pratiques idolâtres et de sa religion de superficie. Notre âme se révolte ; elle rejette tout , niôiiie le "bien, honteuse qu'elle est d'avoir été trompée , et nous nous retrouvons sans principes, c'est-à-dire sans force, dans les délires de nos passions et dans l'éclat de notre intelligence.

Telle est aujourd'hui la situation morale du monde civilisé. On abusa de notre foi, et nonspérissons par l'incrédulité. Nous périssons, faute de morale en repoussant la religion qui devait nous faire vivre ; nous périssons sans inquiétude pour notre âme , sans pressentiment de l'avenir, passionnés pour les droits des peuples , passionnés pour la fortune et pour la gloire , et dans l'indifférence de la vérité. Il y a là un fait immense, et qui méritait l'attention du philosophe. Le premier quilcLsignala fut un homme de génie et de foi, un prêtre profondément versé dans les matières tbéologiques. Son cri de détresse retentit dans le siècle; mais ignorant du monde, et tout meurtri des pré

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jugés de sa caste, il succomba dès l'abord* Au lieu de corriger les abus , d'appeler les réformes , de détruire les occasions de scandale , il fit son livre pour nous ramener aux doctrines théocratiques , source véritable de cette fatale indifférence. Son r61e était de placer la religion dans la lumière , il la repoussa dans les ténèbres , ne voyant pas que , lorsque le dégoût nous détache , c'est à l'amour à nous rappeler ; niant la raison, et s'appuyaot de la raison du genre bumain ; insultant Rousseau , et croyant le réfuter ; traitant la vénération pour So* crate de penchant abject et damnant les trois quarts et demi du genre humain , il croyait parler

à sou siècle !

Un des plus puissants moyens de nous rappeler

à la religion , c'est le mariage des prêtres. Dans d'autres temps, le sacerdoce se sépara de la société pour la dominer : aujourd'hui, il doit rentrer dans ses rangs pour la sauver. La vie d'isolement et de misère ne répond plus ni aux pensées des peuples, ni aux besoins de la religion. Rome même en a porté ce jugement ; c'est au moins ce que prouvent ses dignités cl ses richesses. Qu'on n'invoque donc plus l'exemple des saints : leurs sacrifices seraient sans but, leurs pénitences sans^ adoration. Ce sont des vertus de famille, et non des vertus d'anacho-

1 Essai sur l'Indifférence en matière de religion , par l'abbé de La Mennais, 1. 1, p. 79.

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rète que le siècle leur demande ; vertus chrétieuDes et civiles , vertus coiqugales et paternelles. Les

évéques ne seront plus des étrangers au milieu des aatious , des xuaitres au milieu des esclaves , des saints au milieu des damnés! ils seront hommeset citoyens ! Toujours bienfaiteurs par leurs exemples^ parleurs paroles, par leur amour, toujourshonorés s'ils sont toujours évangéiiques.

Et en vérité , ce qu*on leur demande aujourd'hui est moins difficile que ce qu'ils essaient inutilement d'accomplir depuis six cents ans. Ils n'arriveront point à tuer la nature, ils peuvent arriver à la régler.

Les enseignements divins n'ont pas moins de

force que les lois naturelles. Partout ils supposent ^le mariage des prêtres , et le supposer sans le défendre , c'est l'adopter, u Que l'évêque soit mari » d'une seule femme % dit saint Paul. Établisseï n les prêtres selo^ï l'ordre, c'est-à-dire mari d'une » seule femme ^, » dit encore saint Paul ; remarquez bien ces mots : selon l'ordre , c'est-à-dire selon la loi de la nature. Et ailleurs lorsqu'emporlé par son zélé il préconise le célibat , il se bâte d'ajouter : u £t quant à la virginité, je r'ai reçu ac- » cm pRÉcBVis du Seigneur, et ce que je dis est un » conseil que je donne ^ » . Aiiisi le maître n'a fait

î Épitre I^à Thimothée^ c. III, 2.

^ Épitre à Tite, c. I, 6.

3 Épiire laux CaHntkêenê^ c. Vil, 25.

BO CÉLIBAT BCGLiSIASTIQirB. à8o

aucun commaadeaient ! ainsi le disciple n'ose donner qa*on eonseil 1 Éfiqaes de nos jours , où (loiic est votre autorité pour parler on autre langage que les apétres!

Je cherche la mission des puissances ecclésiasliqoes, et je leur demande de qui elles ont reçu le droit dUmposer aux hommes des obligations contraires aux lois de la nature, et qui rendent le salât impossible.

En créant des vertus imaginaires, les prêtres ont oéé des vices et des crimes réels. C'est ainsi que le célibat est eu même temps le scandale du monde et le suicide du genre humain*

Mas les lexlL S sont précis, plus on s'étonne de leur violation. Comment Rome osa-t-elle les effacer de son livre à la face du monde? Question immense ' qui ne peut se résoudre que par celle-ci : Dans quel but le célibat fut-il institué? ici se découvrent ànoS)cux les plus secrets ressorts de la puissance et du gouvernement pontifical. Conception gigan- Ifsqne, création audacieuse qui réalisa un moment au milieu des peuples la monarchie universelle, tes conquérants Tavaienl rêvée; l'Église pacifique reiécuta : un peuple de moines devint un peuplevm« La démocratie la plus large dans les mains du despote h pluspuissanty un mortel dont la parole est infaillible , un juge dont les jugements sont sans ajjpel, un maître des trônes et des cuiiscieuces qui fait les rois sur la terre et les saints dans le

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ciel ; on deini*diea qui règne sar les âmes, et dont

la ToloDté inflexible imprime une seule pensée, une seule croyance , un seul mouyement , à tous la peiiples de l'univers, voilà Rome et sa loi.

Quel génie superbe , dans un jour de dédain , osa dire le premier : Je bâtirai une cité savante sur la tête des nations barbares ; j'appuierai une république libre sur les trônes des despotes mes sujets. Armant ceux-ci d'intelligence, ceux-là de stupidité, suivant le besoin, je couvrirai le monde de mes soldats, capucins, chartreux, minimes, cordeliers, carmes, récollets, jésuites, armée sainte qui ne meurt jamais, armée dévorante qui mendie à la porte des cbaumières le dernier morceau de pain du pauvre, et reçoit sur les marches des tem^ pies les hommages et les supplications des rois.

Quel génie infernal, jetant ses filets sur le monde, iimagina de le dominer par le fouet, par le jetimeet par le martyre ; étendant partout sa discipline, loi

donnant la force d'une loi politique , et réglant la vie des nations comme la vie des monastères ; ayant une oreille dans tous les temples pour recueillir les secrets d'un monde qu'il maudissait , et des yeux sur tout le globe pour veiller à Taccomplisse* ment d'une seule loi, à la gloire d'une seule volonté. Rome alors s'avançait comme un géant superbe, saisissant dans ses mille bras les peuples de l'Orient et de l'Occident, marchant au nord et an midi, et pleine de la force divine que lui donnait

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son intelligeiice^ emmaillottant une seconde fois le

globe dans les langes sacrés de TÉgypte.

Quel génie soblime , ayant conçu le projet de sauver l'honnenr de rhamanité , - éleva dans cet enfer du moyen âge comme un empire céleste, bors de la portée des tyrans , sous la garde des croyances et des consciences! Qui lui inspira cette combinaisan profonde, ces lois viriles qui, de chaque monastère , de chaque église , de chaque évéchè, faisaient une république indépendante , et de toutes ces républiques une vaste famille répan* due sur rimmensitéduglobelfuissance plébéienne, courbant les têtes nobleset royales; puissance royale et divine , choisie dans les rangs du peuple , à la face du monde féodal ; puissance intelligente , élevée en haine des puissances matérielles , des puissances armées , et destinée à les soumettre. Peuple roi de tous les autres peuples , se formant par la science , se gouvernant par l'élection , s'isolant par le célibat ; toujours jeune , toujours fort , offirant le premier et peut-être l'unique exemple d'une monarchie absolue, fondée sur des institutions républicaines.

Ainsi le genre humain, frappé dans tous ses sens , révéra le pouvoir ecclésiastique, et le monde obéissant resta prosterné dans une longue enfance.

Ainsi la société religieuse domina la société civile , et l'Occident barbare s'étant réuni dans une seule pensée , qui venait de Rome , il arriva que

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Rome Alt proclamée mie seconde fois la capitale da

monde.

C'est alors que la terre , livrée à des convulsioiis

efTi oyables, offrit le terrible spectacle des croyances imposées par le fer et par le feu. Alors le dogme parcourait le globe , charge de piloris , de haches, de tenailles , de poignards ^ le regard féroce , Tattitude hypocrite ou menaçante, aveeses cent mille livrées monastiques, depuis la bure jusqu'à la pourpre, depuis Tiguoble capuchon jusqu'à la tiare aux trois couruuiies , d'une main demandant Taum6ne , de l'autre tenant l'épée et foulant la téle des rois, embrassant la terre pour renchaîner, égorgeant les nations pour les convaincre , se disant l'héritier de celui dont le royaume n'est pas de ce monde, et répétant avec une infernale audace les paroles de Satan sur la montagne : n Tons les royaumes de la terre sont à moi ! m

Tel fut l'empire du gouvernement pastoral* Ajoih tons que ses lévites et ses moines levaient la dîme sur toutes les nations ; qu'héritant toujours et ne léguant jamais , les richesses de raiiivcrs s'accumulaient dans ses temples j que , s'attribuant k monopole* de l'éducation publique , il dictait les pensées de toutes les générations , et leur imposait ses doctrines ; que, faible, il régna par le mar* tyre; que , fort , il régna par le bûcher ; que , seul enfin sur le globe, il honorait l'intelligence en loi donnant les dignités que le monde n'attribuait qu'à

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la noUnewe ^ et Ton reconnaîtra d'un coup d'œil

Torigine de son pouvoir et les espérances de son ambition. Tout est compris dans ces mots : Unité de doctrine , égalité deyant la loi , élection des intelligences au sein de l'Église , hors de l'Église point de salut : c'est4-dire point d'intelligence , point de liberté , poioi d'égalité , point de vérité* " Système sublime par son audace , satanique par

ses résultats , à la durée duquel il n'a manqué qu'une condition : l'immobilité du genre humain.

Certes , Timagination ne pouvait rien concevoir de plus grand. Mais quelle surprise lorsqu'on jetant les yeux sur cette Babel dont la cime croulante se perd dans les cieux, on vient à recoonaitrc qu'elle n'a d'autre appui sur la terre que le célibat ecclésiastique, c'est-à-dire la violation de la loi de la nature. Donnez , en effet , à l'armée de Aome une autre patrie que Rome, une autre épouse que rÉglise, un autre souverain que le pape; mariez les prêtres, en un mot , et Tutopie théocratique s'évanouit comme un songe. Ainsi le célit)atfut institué dans l'intérêt de la puissance universelle : « Nous » proscrivons le mariage, s'écrient les ëvèques au » concile de Trente , parce qu'il tournerait l'affec- » tiondes prêtres vers leurs îemmeset leurs enfants, ^» et les détmheraU de la dépendance de V Église en » leur donnant une famille et une patrie* » Et comme si ces paroles n'étaient pas assez claires, ils ajoutent aussitôt : « Permettre aux prêtres de se

S9D DU G&UBAT SGCLÉSUftTIQUB.

» marier, ce serait briser la hiérarchie ecclésiasU- M qae, et réduire le pape à n'être plus qae4'éT£^e » de Rome\ « Écoutez , chrétiens , voilà que, de l'aveu des prêtres, le prêtre nedoiiavoir ni famille, ni patrie! Écoutez, chrétiens, et ne eroyez pas qu'il s'agisse de la pureté du pasteur ; il s'agit de posséder le monde, et non de le sanctifier ! Écoules , chrétiens , le sacerdoce a vécu et vit encore dans cette fatale ambition ; tous ses règlements et toutes ses ordonnances teudentà établir le grand royaume, et c'est pour réaliser ce système formidable qu'il viole en même temps et les droits des peuples, et lesdootrines de l'Évangile, et les lois de la nature %

1 Histoire du concUe de Trente^ de Fra Paolo Sarpi. Traduction de Le Coarayer, 17âd, S voh in-4<», lom«li, page 506.

2 La loi religieuse doit être applicable à touslesclîinats et à tous les hommes. Qu'est-ce qu'une loi locale dans une religion universelle? le signe évident d^ttse erreur. C'est «ainsi que le célibat, imposé comme une torture aux races blanches, est impossible aux races noires. Les désordres des prêtres nègres et blancs k SainW Domingue sontsi épouvantables, que Pétrone n'eût ose tn eptreprendre le tableau. Loin de constituer la pureté, le célibat eniante donc dans ces contrée» les immoralités les plus monstrueuses. 11 en résuite que le clei^é y est dans un état continuel de sacrilège, et que si TËglîseuWopte pas le mariage, les noirs se feront protestants. Comment croire, je ne dis pas à la saiatetéj mais àrhumanilé d'une loi hors de laquelle toute une race d'hommes se trouve placée par la nature ? Vous voulez régner sur le globe,

DIT QÉLIBAlT ECOttelASTIQUE» 291

î Triple sacrilège devenu inuti 1 e , même pour Tamr tntion; car il ne peut pins enfanter qne le néant. 1 Lefait de la domination universelle que le sacerdoce veut accomplir s'est déjà accompli au milieu des ! peuples barbares, et ne peut se renouveler au rai- Ken de VBurope civilisée. Le principe stationnaire : a clé vaincu par le principe progressif • C'est an I gouvernement pontifical à marcher aujourd'hui avec les nations dans les voies de la vérité , s'il ne vent voir les nations marcher sans lui dans les voies de Dieué En parcourant cette carrière nouvelle, TÉglise ne restera pas sans couronne ; au moment où sa puissance temporelle s'écroule , sa mission spirilaelle commence, etrempirc du monde lui est promis.

Ainsi la monarchie monastique universelle est venue se briser contre deux lois de la nature qu'elle avait violées :

La loi de l'amour ,

Et la loi de la perfectibilité du genre humain.

En effet le célibat, qui fut la cause de sa grandeur d'un moment, devint le principe de sa chute. Si les prêtres s'étaient mariés , comme dans les premiers temps du christianisme, la réforme eût manqué de puissance; car elle eût manqué de prétextes

et voilà que, par une seule règle de discipline, vous vous fermez une des cinq parties du monde. Appuyezvous sur les loi» de la nature si vous voulez vivre; elles seules sont universelles*

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populaires. L'Europe ne se réveilla à la voix Luther que parce qu'elle avait sous les yeux le spectacle (le la corruption des prêtres et le scandale de leurs concubines. Qu'arriva-t»il ^lors ? L'Église, cet arbre immense, si lent à croître , et dont les bras s'étendaient sur le monde, un moine y porta la main, et abattit d'un seul coup la moitié de ses branches, lin second coup peut abattre le reste, et dissiper ces armées lugubres qui jeûnent et se fostigent inutilement sous son ombre. Que Home y songe bien : Tinvention de rimprimerie a donné des yeux à l'Europe, tous ces yeux sont ouverts sur les actions de ses lévites. Elle ne peut plus régner par le célibat, et le célibat la menace de mort par ses impuretés et ses scandales.

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