CHAPITRE XYl
DE L'ANTACOHISME IHTÉaiECR DE L'HOMME.
Lorsque je veux examiner ma .propre conduite et la juger , il est évident que j^ me partage pour ainsi dire en deux personnes, et que le moi qui examine et qui juge, fait un autre persunua^e que le moi dont la conduite ei-t examinée ef jugée.
(SmitH) TIu'oi ie (les S« nlimçnls moraux, t. 11, p. 16.) ; . ^ ,
. De c,eUe séparatiou des deux natures dp rhpjnmc? nous voyons sortir ce fait digne, des regards da
philosophe :
. Toutes les lacuités de i'iiiielligence teude^t à la terre, tontes les facultés de l'ânie tendent an ciel.
Les unes sont des idées;
Les autres sont des sentiments.
Deux natures, deux empires, dans le même être, la mort et l'immortalité.
Suivant que ces deux natures sont plus ou moins développées, nos idées sont plus on moins terres-
très, nos sentimeats sont plus ou moins religieux* Bt iei la.paissaBeede l'hoAuneest la plus grande
qui se puisse concevoir !
Je voudrais donc le graver eu lettres de feu dans
le cœur de toutes les mères, je voudrais le crier
au monde entier : les facultés de l'intelligence
CftOIMSHT PAR LB TBAYAIL 9 LES rASSIOIlS TBRR8STBI8 fAM WOTRB FAIBLBSSB , LBS SBBTUBIITS DB l'aHB FAB
WOTRE VOLONTÉ.
Cette difTérence est caractéristique ; elle renferme la preuve de notre liberté morale : lu seras uo animal intelligent et passionné si tu t'abandonnes i tes appétits matériels comme les animaux intelligents et passionnés : tu seras un être libre, une substance immortelle, un homme, si tu le veux*
Remarquez bien que le sentiment de Dieu est accordé aux esprits les plus médiocres, tandis que de hantes intelligences s^abfment dans Tathéisme.
L'incrédulité complète, si elle existe, s'explique par le sommeil de toutes les facultés de TAme.
Le développement d'une seule de ces facultés suiBt pour nous montrer Dieu } toutes ensemble ne suffisent pas pour le comprendre.
Et cependant elles ne sauraient nous manquer •ans que tout nous manque* Les plus beaux géniea parmi les incrédules sont toujours des êtres incomplets : ils nous donnent l'œuvre de Tintelligence j les génies religieux nous donnent l'œuvre 1. 19
de l'iateUigenceel i œuvre de rànie. Ceci explique l9t sopériorité de SocEale^defieflourtea^ de Newton, de FéDélon, sur toutes les puissanices infeUectueU qui ont pnxdaflié le néanL
CfiAPllRli; X.YiI«
ÂUiXS ou MÊME SUJET.
" Eir mol , ^ttoi ^ià< jé' fWiie, jé ' irotiv^
. n'accepte le jvMg^ 49. rhomme » ^1 de Ja * nature, (| ai ne àe loii met qu*à le raison .... Dlirè- A jàiAmll' le clirAtlltir U conHilué' là digQilé dei*bi*i|iii^»el i*bartnqB^;iiMiiiA dn inonde.
(Ut(AKL£T, introduclioa&VHiit'. uoiv.
Saoc ii 7 a dans Tlioiiiiiie deux êtres bitn dis* UncU ; Péire intelligent et l'être sptrittteK A Tun,
les idées qai viennent des sens; à Tautre, les sentinents qui Tiennent de Yime^ Uéire qni a des idées et l'ctrc qui a des sentiments constituent cbacua un moi y et leur lutte éternelle forme le drame de la vie* Ce sont les deux hommes qn
Louis XIV ïCHcninut en lui, et dont Ics combats produisirent tant de cboses, honteuses ou magna* oimes, soiraol le triomphateur.
Dans l'animal il n'y a qu'un être : aussi n'y a-
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t-il point de combats. Ses peasées s'agiteot au sein
de la matière, et restent matérieiles. Dans l'homme, au contraire, les peasées de rintelligeace se déroulent à travers les sentiments de l'âme, et leur empruntent quelque chose. Les plus grossières nous arrivent avec une empreinte plus ou moins forte de Fessence céleste* Voilà ce qui rend Tamour si sublime toutes les fois que Tàme ébranlée lui imprime le sentiment du beau et de l'infini.
On n'instruit pas les facultés de Tàme, on les réveille. Tout ce qui vient d'elles nous semble une réminiscence on une inspiration.
Ainsi les grandes vérités morales sont en nous comme sentiments avant que le génie nous les rende visibles comme pensées.
Cest que les peasées du génie ne sont autre chose qu'une vue plus claire des facultés de Tàme, c'est-à-dire du sentiment de la Divinité.
Ceci explique ce qui nous arrive en lisant Platon, Descartes, f énéion, Housseau, Bernardin de Saint^Pierre : ils ne nous instruisent pas, ils nous fécondent. Tout ce qu'ils croient nous apprendre, nous croyons nous en ressouvenir.
Et toutefois ce phénomène n*a lieu que pour les grandes vérités morales qui sont en nous. Jamais, par exemple, on ne croit seresaQUvenir des vérités physiques qu'on découvre, ou dont on s'occupe pour la première lois : rintelUgence n'a de mémoire que pour ce qu'elle apprend..
De ces principes et de ces faits je cuocius que la réuoioQ des facultés de Tâme compose an être sapérieur, un être à part, un être complet : l'être immortel*
Or toales les facultés de cet être étaot des sentiments, il en résulte que ressencc de l'àuie n'est j pas la pensée , mais l'amour. Aussi n'est-ce que par Tamour que nous arrivons à Dieu. II ne nous ^ est pas donné de le cornprcïuire, et il nous est permis de l'aimer. Dieu se révèle à cette partie de nous-mêmes , et celte rérélation est plus qu'une espérance ; si Dieu se montre à l'homme , il faut bien qu'il y ait dans l'homme quelque chose de digne de Dieu !
DE