‹ De l'éducation des mères de familleChapitre 29 sur 116 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

ra LWMonAiitri nm l*aiib.

lie règne de Dieu al ua dedans de rUomine.

(Ëvaugile, puroks de Jésus-Cluist.)

D*pik viendraii tant d'orgueil à la poui» sîère, et tant de prétenCtoos au oéaol? (ANCVLLQNfiariiqimorUlilé de l'âme.)

Les méditations précédentes n'avaient d'autre

objet que Tétude de Thomme. Je voulais me counaitre, et c'est en dirigeant mes regards sur moimême que de toutes parts je suis arrivé à Dieu. Dieu existe , car il a mis eu nous un témoin de son existence ; il existe , car toutes les facultés de Tâme le cherchent et le trouvent : fait immense et sans réfutation possible. £n effet, ce qu'une intelligence adopte, une autre intelligence peut le . nier ! Les démonstrations logiques ont toutes leurs antinomies; mais ici point de raisonnements, point d'arguments : c'est une lyre céleste dont toutes les cordes vibrent pour le ciel ; c'est un Dieu

qui se manifeste à la coascience du genre bu» main!

Voilà notre plus beau titre à rimmortalité ! Dieu a tout £ait pour Tbomme en se laissant entrevoir. Pourquoi se seraiMl révélé à qni devrait cesser de le conoaitre? Avoir aimé Dieu, et rentrer dans le néant ^ obose contradictoire et impossible ; avoir coiUcuiplé des perspectives éLcrnelIes , et cesser d'être 9 cbose absurde : ce serait avoir plus ima^ giné que Dieu n*a créé.

Mais, (iis-tu, je n'ose croire à de si liautes destinées. Dieu ne m'en donne la pensée que pour adoucir les maux de la vie , et celte pensée , ne fùt-elle qu'une illusion, est encore le plus magnifique des présents. Qu'est-ce donc que Dieu pour* rait me devoir au-delà? Eh bien! jette les yeux autour de toi, au milieu de tant de bienfaits prodigués, tâobe de découvrir une déception. Il s'agit de savoir ce qui a été promis et ce qui a été donné, si les dons égalent les besoins , si les jouissances manquent aux désirs. Cherche un animal qui ait soif, et qui ne puisse découvrir une fontaine; une plante attacbée à la terre, et sur la** quelle le souûle du matin n'apporte de douces ro-t^tc^ sées ; une pensée bumaine qui ne puisse s'accomplir ; un sentiment d'amour qui ne puisse se réaliser I Dieu dit à chaque intelligence : « Ce que tu conçois, je te le donnerai ; » et sa magnificence se montre jusqu'aux limites de la nature. Vois ce

Créle moucheron ! sa tête esl coaroDiiée de dia'^ mants, ses ailes sont couvertes des nuances de l^rocn-ciel ; c'est pour lui que le zéphyr balance les fleurs, que ia lumière y dépose ses parfums et que le ciel y laisse tomber une goutte de son ambrofsie ; pour lui la terre est un banquet magnifique, et la vie une aurore radieuse toute consacrée à la volupté. Et cependant , au milieu de tant de richesses , au sein de tant de plaisirs , aucune voix n'éveille sa reconnaissance, rien nelV>ccupeatt«deIà de ses appétits , rien ne Tinquiète au-delà de son horizon : il vit, jouit et meurt ; son destin est rempli. Quoi ! le moucheron n'a pas été trompé , et rhomme le serait 1 II y aurait en nous un sentinmit sans but , une inquiétude de la vie céleste sans nécessité, des désirs sans accomplissement, des prévisions éternelles sans avenir . le supplice du néant en présence d'une immortalité promise et refusée. Promise! puisqu'elle estymontrée^ /^-^/

Mais la douleur ! mais la mort! Tu tè'*plaiiis la mort comme si tu ne portais pas en toi le sen<timentquien triomphe ! Uélasl ces^grandes leçons ne nous sont pas épargnées ; elles se mêlent à la vie de tous les hommes. Dieu nous envoie le plaisir comme un messager céleste qui nous invite à venir à lui, et le malheur comme un maître sévère qui nous y force. Ici , près de moi, il y a peu de jours encore, j'ai vu périr dans sa fleur an enfant, l'unique pensée de sa mère. Hélas ! avec quelle

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