‹ De l'éducation des mères de familleChapitre 30 sur 116 · DB L*A · texte numérisé non relu

DB L*A

auxiéfaà eUo cberchaii la vie dans ces yeux éieînts pour jamais ! Pentends encore cette voix déohi-

rante ! je vois, tiicurc cc6 legaiiis iluulourcux! Toote^ iei^çonaolations: Tenaient se briser contre ce mot : « H n'est plus ! >» Tout à coup son âmë s exaile, uuc joie ccieslc brille dans ses yeux iaoudéa,^ iaones :.elle invoque le nom de Dieu !

elle se rcssoiivicnl de ses promesses ! un sciiLiuicnt immoriaitiiu rcud tout ce qu'elle a perdu». Celte mère inoonsolable qui ne voulait rien entendre,

s'ahiiiic iiiainlciiaul daiis les iiispiralioUd de iHi-

UniJ Ga tt^est plos sur la terre» c'est dans le ciel qu'elte^ceUtemple son enfant !

' Ah ! si elle ne devait plus le revoir, quelle iur* feroale (dérision ! Bien manquera-l-il de pouvoir

ou de Justice ? Il Y«nif 'tit nMi:iiificencc et vérilc dêiai^tvierinstinctàye du moucheron , artifice et meniODge dans la vie morale et religieuse de

l'hotiiifie ! La vertu persécutée sur la terre , et

tommant ses regards vers le ciel ; les dévouements è la patrie et au genre humain ; l'héroïsme , qui uaUcnd plus nea ici-bas; tous les .saci ilices laits aa devoir dans le seul but de plaire à Dieu , ne

seraient donc que des erreurs de Thunianité ! Ton âme, 6 Socrate ! aurait eu des pensées plus vastes 4pie Ui Wéation ! Toi, Tami de la vérité, tu serais iiiu* l puui un mensonfçe ! lin iJicu aui ait trompé 6oeratel«L'étre créé serait-ii plus magnanime que sra Créileiir?

SS9 Bi l'ihhortauté n l'avb.

Non ! non ! la Providence ne répond pas par une sentence de mort éternelle aux sages qui l'invo^ quent, au genre humain qui ratiesle. Ce n'est pas sor les tombeaux qu'il faut lire sa réponse , c'est dans notre âme , d'où s'échappe ce cri sublime : Dieu, éternité !

Quand Thomme jette ses regards sur la terre , que voit-il? la création, qui, de toutes parts, s'élève jusqu'à lui« Et quand il ramène ses regards sur lui-même, quand il s'étudie et se contemple , que trouve-t-il au-delà de ses passions terrestres? un sentiment instinctif de l'infini, une'conscience qui tend à la perfection idéale, une raison dont la lumière se projette vers le ciel, une âme entia dont toutes les Acuités rayonnent vers Dieu : intuition mystérieuse de la Divinité, qui nous annonce un autre monde aussi sûrement que les sens nous rè* vêlent celuiH:i !

CHJlPITRE XX.

DV8 MDftCBS DV GÉHIB ET DB LA TttRVU

Ceux n*flxerceiii point leur êm»

font incapables des bellet «avrei de Vinw, (Xénophon, Choie mémorable de Socraie. )

Si vous voulez concevoir ce <|ui est divin, c'est le seDs divin qu'il vous faut. (0£lENSCHLAFGEN, f)raine (lu Gor« rège, acte i, fcèoe 111»)

Malheureux jeunes gens qui* dans leur Indigence, espèrent s^enrichir en empmn»

tant des ▼ioes; qui prennent pour de la hardiesse littéraire d'immorales hardiesses; qui comptent trouver des jouissances nouvelles dans la corniplion, et ne voient pas qu^ils ne sont qoe les plagiaires de ces vieillards blasés qui croient rajeunir parce qu'ils se dépravent en s*épulsant.

(SaIiTAudt, Révolution do 1830« p 4S0.)

Les éléments de rhomme étant connus, son étre^

sa grandeur, sa faiblesse, ses passions, ses contradictions, tout s'explique : l'homme est une âme unie, non à un corps, non à un cadavre, comme

SO

834 DIS 80IIBCX8 DO fiÉNIX

le dit Maxime de Tyr, maisà uu animal vivant et intelligent, doué à lui seul de tous les instincts et de toutes les passions des autres animaux. Deux êtres de nature opposée qui n'en forment qu'un; deux pensées, deux intérêts, deux volontés, qui se disputent Tcmpire : voilà l'homme ! JU'âmc et le corps, c'est lecavalier et le cheval unis pour uneseule course^ ils s'élancent, combattent, s'élreignent , passant de la victoire à la défaite, et de la défaite î la victoire, jusqu^au moment ou l'animal épuisé tombe expirant sur l'arène : il meurt; lecavalier, devenu libre, lui jette à peine un dernier regard, et tout palpitant de cette longue lutte, il se trouve en présence du maître qui doit le récompenser ou le punir.

Dans nos éducations modernes, tous les soins, toutes les prévisions, sont pour le cheval : à lui raudace, à lui la force, à lui la gloire et Tambition : qu'il s'élance brillant dans la carrière! qu'il s'enivre des applaudissements de la multitude! ses passions sont éveillées, son intelligence est agrandie : la matière et le temps lui appartiennent. Mais le cavalier, qui donc a songé à l'instruire? quelles leçons a-t-il reçues pour se diriger dans l'arène? comment s'est-ii trouvé prêt pour la lutte ? qui lui donnera la volonté et le courage ? On dresse un animal aux exercices du manège, on développe son intelligence, on meuble sa mémoire, on fertilise ses talents , ses passions , puis

R Dl lA VBKTO. 935

on s'arrête avec orgueil croyant avoir fait l'éducation d*un homme !

(lom[)r(Mi'jz-vous iiKiinten.niL |)uurqm>i ïànic n âi peu d'empire sur le corps ! pourquoi ses cornbats'^onl si faibles , ses résistances si éphémères, €i par suite, pourquoi si peu de iiioiale, bi peu de religion, si peu de conscience, si peu de vertus sur I la terre? II nous faut des professeurs pour étudier i>u,,^^^a pucaron, pour classer une oiourbe, pour dis- ^ tingaér to chat d'un rosier; mais l'homme, cet

être subliiuc et caciié , rhoinme, cju'il iimis im- ' porte d'instruire et de cuunaUre, où renseigne-t- I on? dans quel co11<'^(', dans quelle institution vuyez-vuLis qu'on s'occupe à développer en lui le sentiment du beau, ou le sentiment moral, ou le sentiment de l'infini, ou la raison, ou la conscienee, ces nobles facultés qui l'unissent à Dieu?

M cependant est toute la force de l'homme : Son inlelligencc ne le place qu'à la tête des animaux 4 son âme l'en sépare en l'appelant au devoir, Qo^dfl' réunisse des familles, qu'il rassemble des peuples, qu'il bâtisse des villes, c'est le travail des foarmis et des abeilles: qu'il y établisse des lois, qu'il y lasse régner ia jusuce, ce sera le travail de l'homme !

I ÉSeifom donc des hommes si nous voulons voir

dansuosciLés autrechosequcdesfourniis in.inaiues. Uae v%tté dont il faut se convaincre avant tout, è^st qtie le' développement des facultés de l'âme

SS6 D£8 80UaG£fl DU QÈmK

est la source unique , universelle, de toutes nos supériorités : nous leur devons et les chefsnl'œavre du génie, et les bienfaits de la vertu; tontes les sommités de Tespèce humaine* Au sentiment moral , Bayard et L'Hôpital , Socrate et Fénélon ; au sciiLinicnt du beau, Ilomùrc, Corneille, Shakspeare , La Fontaine , Molière , Lamartine ; an sentiment de Tinfini^ Platon et Descartes, Kant et Newton. C'est notre union avec Dieu qui nous fait grands : nous séparer de Dieu, et toutes les éducations modernes nous en séparent, c'est nous retrancher à la fois le génie, ^ la vertu, l'immortalité.

Voyez seulement l'influence des facultés de l'âme dans le travail du peintre et du sculpteur. On peut ' être un grand coloriste, bien dessiner , bien composer un tableau , et cependant ne pas sortir du médiocre. Vous copiez un modèle, vous lui donnez la beauté physique, vous lui donnez la couleur et le mouvement, travail de la main, œuvre de l'intelligence, œuvre morte, si vous n'y imprimez une ame. Élevé donc ton àrac, artiste; que je sente son souffle, que j'éprouve son inspiration I une cause immortelle peut seule communiquer rim* mortalité !

Nons avons cette double puissance, d'embellir dans notre imagination tous les objets de la nature, et de communiquer à nos propres ouvrages cette beauté idéale et morale qui vient de l'âme! le gé-

ET DK tk VEITO. 987

uie ne peint pas comme il voil au dehors ; il exprime comme il voit au dedans.

J'entre au Musée, et je choisis uu Uibli au duut rexécotion matérielle est admirable : le Serment éee^Worneee de David; j'y reconnais la pureté des iuâfucs, i'elu^Jc de i aiilique, la science du drame: il y tt quelque chose d'énergique dans la pose de

CCS trois guerriers; leur -le esl lui seioicnt; ils jurent de combattre, mais pour quîHà s'arrête le travail' de Inintelligence. Le peintre a fait de magiâiiiquis académies , tuais aucune voix ne sort de celle toile; mon admiration s'attache à la beauté des lignes, à la pureté du dessin, mais rien ne ré- , vciiic en moi i amour de la patrie. Ce vieillard qui piénnte des armes n'est qu'un homme ivre; ces jeunes gens qui Técoutent ne sont que des guerriers vulgaires. Je n'entends pas ce cri iarouchedu aoldi^ qui répond i Tappel de Rome! je ne vois pas

ce scutiiiicat de la victoire qui layuaac du liant

deiàéFoai toutes ces tètes sont muettes; et cependant parmi ces guerriers il y a un vainqueur^ un noble vainqueur , qui deviendra un meurU ler cnittl; OAesl-il ce &omain, si passionné pour Thon* neurdeUome, qui, dans son transport, doit loi sa- > criiiersa sœur.'' montre-le-moi, donne-lui une àine, I loiiMMa*foi8 sublime et féroce, ou brise tes pinceauxlËtquc m'inipui le le travail Je rintelligcjice:' lilifMitBvaia'Qoe page de l'histoire du monde, et lu m donnes le faùe d'un grand ouvrier !

àS8 DES flOimCES DO GtlIIE

A ces passions toutes physiques, à ce tableau tout matériel , opposons un de ces rares ehefs^ d'œuvre qui reçoivent la vie et rimmortalitc de i*ânie de l'arliste*

II y a quelques années, dans une course en Italie, après avoir visité les musées de Venise, de Bologne et de Florence, riches aujourd'hui des chefs-d'œuvre que nous avait donnés la victoire , j'arrivai à Milan, où j'espérais admirer la Cé^ne^iQ Léonard de Vinci « Cette composition, jetl^ébmaie au hasard sur le mur d'un réfectoire, était en raine : dans les guerres de la république ce réfectoire avait successivement servi d'écurie et de ca- /^^^ifi^^erne ; des dégradations profondes s'en étaient suivies, et le tableau à demi eflTacé, mais vivant encore, n'était plus qu'une espèce d'apparition : on eût dit ces ombres du Paradis de Hilton, dont les formes à peine indiquées semblent toujours prêtes à s'évanouir; il me iaiiut quelque temps pour me reconnaître, mais peu à peu mes yeux s'ac-*-

coutumèrent à celle vision^ je ressaisis les lignes, je distinguai les .figures, et le chef-d'œuvre redevint visible. Quel sujet ! et quel peintre ! toutes les passions humaines mises en mouvenieiit par une passion divine ! la crainte, la surprise, la trahison, l'indignation dans les apôtres; la pitié cl la miséricorde dans le regard du maître; un seul disciple la tête penchée esqprime la douleur; celui- Jà est le bien-aimé : il ne proteste pas, il s'afflige,

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et son affliction est encore de l'amour. Toutes ces choses sont vî&ibles dans cette peinture effacée, ou, pour mieux dire, le physique du tableau est mort, mais son âme existe, elle survit à la matière; et dans ces vestiges d'un sublime ouvrage, je lis la pensée de chaque figure , je reconnais les sentiments de chaque personnage, j'entends TEvaugile, je vois les disciples, j'adore le Dieu !

11 serait difficile de trouver un exemple plus frappant de Tinauence de l'âme dans les arts : c'est une leçon aux artistes ! Enrichisse» votre mémoire, exercez votre main, développez votre intelligence, œuvre purement animale ! Si vous ne puiseï à la source vivifiante du beau, de l'infini et de la conscience, vous ne produirez que le néant. On n'arrive à des cfaefsHl^œuvre que par la route de la vertu.

Principe sublime et dont les plus beaux développements appartiennent à Socrate *. Gaton le reproduisit en définissant l'orateur : un homme de bien^ habile dans Fart 4e parler. Ainsi le sage de la Grèce et le sage de Rome attribuaient le génie , non au travail de la pensée, mais à la beauté de Tâme. Tous deux disaient : La source de l'éloquence, c'est la vertu; et par vertu ils entendaient le sentiment die nos devoirs envers les hommes et les dieux.

L'oubli de ces principes nous a précipités dans

1 Dans le Gorgias,

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