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fi II faut ans leçotu de la lagene un» rai-
son que la tttpentUloii ii*ail point faUgnéet une oonicience qae le monde n*ait point fonlée.
(RiVAROL» Leltret à M. Nccker, p. 130.)
Ainsi, la conscience, le sentiment moral et le sentiment du beau se développent de bonne heure, facilement et spontanément. Ces trois facultés ont une tendance céleste, mais elles ont aussi quelque chose à faire sur ce globe : leur mission est d'exalter l'âme humaine, et d'embellir son passage icibas par Tadmiration et la vertu . II n'en est pas de même du sentiment de l'infini; il se montre tard, se développe péniblement, et ne parvient jamais à se connaître. Étranger sur la terre, sans indices de sa noble origine , il s'égare à travers nos passions et nos ambitions. Passant de l'ivresse de l'amour à la fiireur du jeu , aux cupidités de l'avarice, aux
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délires de la Tanité, et leur iraprimaot à chaeim
cette infinité qui les dévore , il essaie toutes les roules humaines avant d'arriver à celles du ciel, et il n*y arrive qu'après avoir éprouvé qu'ici-bas tout est luniée et déception.
Vous ne préviendrez jamais les écarts du senti* ment de Pinfini si vous ne le rappelez de bonne heure à son origine céleste par i ailoralion et la prière. Varier de Dieu aux petits enfants, c'est, en
(Taulres termes, pr^iciiliT à leur âme le but où toutes les âmes doivent tendre, ai tes que le sentir meat derinfini se reconnaisse lai'-mémeen présence du Dieu iuiiui, et rien ne sera perdu, même au milieu de nos passions terrestres, si, du sein de leurs ténèbres, Thomme entrevoit encore le chemin radieux du ciel !
JL'anteur de VÉmile veut qu'on ne parle de Dieu
aux enfants qu'à répixjuc où ih; dcviiuinent des hommues, tant il craint que nos superstitions n'imprègnent ces jeunes âmes d'idées injurieuses à la Biviiiité. Le péril est grand sans doute ; mais, en tranchant la difficulté, Rousseau en fait naiti^e un plus grand encore.
Que deviendront les facultés de l'àmc si vous les isole9.4»tciel , où elles tendent? Trompées par de fausses lueurs, par des direeliiuis toutes terrestres; perduûjMians le yide effrayant de nos passiu>K <rua joar, eUss leur prêteront une ardeur inépuisable, dont le but. n'est pas sur la terre. Elles nous éga-
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reront en cherchant lenr route, et cette route , elles croiront l'avoir trouvée, même dans le crime,
si le crime se présente avec une fausse apparence de grandeur ou de vertu
Puissance maternelle que j'appelle à mon aide^ n'allez pas vous tromper. Ce sentiment de l'infiai qui veut rîmmortalité, si tous le tournez vers les choses finies, il les épuisera toules s;ms s'épuiser jamais. 11 produira dans Tâme de vos élèves rinsa** tiable avarice, le libertinage sans frein, Tambition, la superstition, le despotisme, la fureur, le désespmr, la folie, toutes les passions qui nous consument sans nous satisfaire , qui nous flattent sans nous rendre heureux. Alexandre, vainqueur de l'Orient, s'indigne de la petitesse de ce globe; il ne sait plus que faire de son âme , ce maitrc des hommes, et après Tavoir trompée par la conquête dn monde, il Tabrutit dans une orgie ,1 ^
Ceci est un feuillet de notre histoire. Elevée dans ri^orance de Dieu, la géiiération qui s'avance est la plus terrible réponse au système de Rousseau, non qu'elle soit ennemie de toute morale; dans sa pensée, les vices sont restés des vices, parce que le vice est toujours sans élévation. Mais le crime, ces enfants Font réhabilité. Us en ont vanté Téner* gie ; ils lui ont assigné sa placedans la politique des peuples au moment même où ils le condamnaient dans la politique des rois. Les infortunés ! je les ai vus envier la gloire de Maral et la sagesse de
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Robespierre I ils parUienl froideme&t de faire tomber des tètes pour le bien de rhunianilé;et le règne des bourreaux n'était pour eux que la régéaéraiioB d'uft monde!
Toutes les fois qu'un noble sentiment se mêle i dépensées coupables, il faut en chercher la cause dans ia^léviaCion du sentiment du beau et de Tinfini. ^Vjojos reléguez rhomme sur la terre, il s'y attaehM^/vonis lui cachez les routes du ciel^ il mécôhnattra le but delà création. Ah ! si rhomme est né pour chercher un bonheur terrestre, tous les mwies sont justifiés ! Mais si notre royaome n'est pas de ce monde, si le but de la création est dè^iloQS -attirer à Dieu par Tamonr, si toutes les fcicultcs de notre âme y aspirent, qu'attendez-vous pour nous montrer le ciel ? . Nous laisser sans guide iei4M» , c'est ironloir que nous rencontrions partout le néant; le néant qui s'attache à nos désirs teiiestres à mesure que la fortune les accomplit. Hais les enfants ne comprennent pas Dieu! Et toi, philosophe, le comprends-tu? L'enfant prie Bien^eommeil prie son père; qu'imaginerons-noas d^aossi vrai, d'aussi grand? ii y a quelque chose qui surpasse toutes nos ambitions mortelles, quelque chose d'infini qui nous ouvre le ciel dans ces premiers mots de Toraison : « Notre père! »
Ainsi?oilà l'homme presque complet. Nousavons vu natÉ^ successivement en lui l'amour du beau, le sentiment moral, la conscience et riniini» £t
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toutefois la raison ne parait point encore* Elle serait inutile , car elle n'aurait rien à éclairer; elle serait funeste, car elle briserait l'essor gracieux de l'Insouciance, toute faYorable aux enfant^ et qui nous sied si bien daus les jeux du premier âge. La raison viendra plus tard, à cette époque terrible oA les passions se déchaînent^ où les ambitions nous ravagent. Alors, si vous avez su développer les autres facultés de l'âme, ces qualités exquises qui sont le eharme de renftince, et qui, dans Tadolescent, produisent l'enthousiasme^ ne doutez pas de la victoire. Est-il sur la terre un vice qui ne tombe devant la révélation du beau ? une erreur qui ne s'évanouisse aux lumières de la raison? £t la conscience n'est-elle pas plus puissante que le fer, le feu, la torture et la volupté? Développez dans César le sentiment moral qui animait Gaton , et Rome sera libre, et César sera grand : développez dans Alexandre le sentiment du beau qui animait Socrate, donnez à son ambition l'infini de la vertu; au lieu de conquérir le monde, Alexandre voudra le rendre heureux. 11 ne fallait alors qu'une pensée • généreuse dans Tâme d'une mère pour sauver le genre humain !