DU DÉVELOPPEMENT DE LA RAISOH , ETC
Il importe de ne pas confondre celte raison supérieure avec les raisons bornées et variées qui déshonorent Thumanité. Suivez de l'œil la raison personnelle d'un homme , la raison étroite d'un corps, d'une ville, d'un royaume, vous les verrez 8*élever contre tonte vérité qui les blesse, sWenser de toute vertu qui les surpasse , laisser e/i .dehors toute idée généreuse !
Parce que tu es roi d'un. grand peuple , maire de village , président d'une académie , tu penses qne la raison* s'est inféodée à tes grandeurs, s'est soumise à tes ambitfoïfel^*^
Ainsi les raisons de famille, de caste, de tribu, de peuple, n'expriment guère que des intérêts étroits et fugitifs; elles divisent le globe en sociétés ennemies. La raison pure est universelle , elle réunit tous les hommes dans la même morale, ' rassemble tous les peuples sous le même Dieu; sente «lie est lu raison,
. Pour la dégager dei tout ee qui n'est pas elle, il fautremonterauprincipe primitif de chaquechose : la- raison c'est la déduction des faits jusqu'à lenr unité ; c'est l'expression même du principe.
J'interroge un sauvage sur l'existence de Dieu; il me montre son fétiche. « Mais qui a fait ee fétiche? — Moi , dit-il ; j'ai coupé une branche de l'arbre sacré, et voilà mon Dieu. — Et qui a fait oet arbre ? ~ La terre , sur laquelle , par reconnaissance, il répand son ombre. — Très bien ;
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mais qai a fait cette terre dont ie seio enfante at porte les forêts? Vai»*ta? s'éerie le aauvage ea dirigeant ses regards vers l'horizon, c'est le grand esprit, qui réside par^-delà les montagnes bleaes« » Ainsi de dédaction en dédaction le sauvage est ar* ri?é à tout ce que l'esprit humain peut concevoir de plus grand ; sa grossière raison, qui s'humiliait devant un fétiche, a tout à coup découvert l'invi* sible : elle y croit , elle s'y repose , elle touche à l'infini.
Celte suite de déductions est comme un résumé de l'histoire générale du monde : tous les peuples cmiisés ont passé de l'adoration du fétiche à l'adoration de Dieu, c'estrà-dire d'un acte de l'intelli* gence bornée à une manifestation de la raison uni» verselle. *
A présent suivons le même sauvage au milieu des bois, voyons comment la morale de son intel-ligence bornée s'élèvera peu à peu jusqu'aux principes de la raison universelle : il chasse pour sa fimiille, il fait la guerre pour sa tribu; une forêt dont il connaît les limites compose son univers ; sa raison ne Toit rien au-delà que des ennemis à
Taîncre et une proie à dévorer.
Quelques degrés de plus de civilisation, la tribu errante s'arrête ; elle s'attache au sol, et le sol de* vient une patrie qu'il faut défendre , et surtout qu'il faut honorer« Alors naissent les sciences, les arts, la politique et la philosophie. La raison hu*