‹ De l'éducation des mères de familleChapitre 58 sur 116 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

IIIFLVEIICE D'UNS S£IJLE "VÉRITÉ bCR I^B MONDE.

Xhê pbllosoplies dIsfeburÉfeni de «îeors Leauxet luins propos, et après avoir acberé lui demandéreni : bien! sci^ gneur Panllioïdas , que vous ^embleH-U de ces vériiës-lù ? -~ Que m*en lé«lbll-]l lembler , ditrll « anlre ^090 4 liiioii qf^r les sont belles et bqnaes. mais au demou-' nul inutiles pour ce que ?ons n*en^fles rien. m

(Plutarqcjb, DiU Notablei dea Lacédémoniens, p. 570.)

Un aeal Dieo I L'infloenee de ce principe porte si loin que rimagination même s'en étonne. C'est la ligne tirée entre les peuples anciens et les peuples

modernes : nous en voyons sortir une nouvelle science, une nouvelle morale, un nouveau monde civilisé.

Que les divinités du paganisme se partagent le ciel, la terre et les eaux; la lutte ne tarde pas a s'établir : ouvrei Homère, et Toyef combaltre les

nvnvmrcK D'miB mt% téhité. 41

Dieux. Cette mythologie gracieuse qui coufie les

foataines aux Naïades, les moissons à Cérès, à Pan les troupeaux, à Jupiter la foudre, n'enfante que trouble et confusion. Partout où les dieux se divi*sent, les peuples s'arment pour leurs querelles. Comment rhommesaisira-t-il des bienfaits où il ne ▼oit que la haine, des harmonies où il ne voit que des contradictions, la prévoyance où il ne voit que des maux? L'idolâtrie fut, chez les anciens, le plus grand obstacle à la connaissance des lois de la nature. Socrate ne comprit leur sagesse qu'eu s'élevant au Dieu inconnu, ou plutôt c'est par la découverte de leur sagesse qu'il fut conduit à l'unité. L'unité est Tessence de l'ordre , et l'ordre est partout, puisque partout le monde se.cûsiserve et se renouvelle. Ceci est la pensée de Socrate, et ce qui fut alors le plus sublime effort d'un sublime génie est aujourd'hui le point de départ des intelligences les plus médiocres.

Ainsi l'unité des lois de la nature nous conduit à l'unité de Dieu, et l'unité de Dieu consacre Punité du genre humain. Jetez les yeux sur le globe des anciens , tous le voyez partagé en peuplades ennemies qui ont chacune leurs dieux à venger ou à défendre : la religion les divise au lieu de les réunir. Jetez les yeux sur le monde moderne, il reste partagé en républiques et en royaumes; et cependant la religion n'y Toit qu'un peuple^ parce qu'il uy a qu'un Dieu. Voilà un sublime spectacle que 2. 4

43 nmvBirGK D*inix sbulk yèutè

Ions les hommes ne comprennent point encore , niris dont rinteUigence complète sera le triomphe

de rhnmdnité. Et ce triomphe , chaque siècle le prépare. Les

peuples sauront un jour que la même révélation qui nous donne un père dans le ciel nous donne des frères dans tous les hommes. Dès^lors toutes les castes sont une impiété, et toutes les guerres un fratricide* Cest ainsi que, par la puissance d'une seule vérité, nous arrivons à l'union du genre humain.

Et qu'on ne m'accuse pas de donner ici des

abstractions pour des faits. Nous jouissons des conséquences immédiates de cette vérité dans Téta* blissement de la liberté religieuse , et dans la double abolition du concubinage et de l'eselavage; trois principes inconnus des anciens, et dont la douce lumière rayonne de toutes parts sur notre civilisation nouvelle.

Il est vrai que les passions, les préjugés, l'esprit de corps et les haines nationales arrêtent les progrès de cette lumière; mais elle brille dans le cœur des peuples civilises, mais elle est un besoin de leur intelligence, mais les principes qu'elle éclaire sont des bienfaits ou des tertus, et cha-^ cun peut se convaincre que la déviation de ces principes fait seule aujourd'hui toutes nos er^ reurs politiques et religieuses , c'est-à-dire tous nos maux.

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