SUA L£ MORDS
Prenons pour exemple une nation qui se croit eivilisée ; l'Espagoe* Je vois dessuperalitions abjectes, on clergé dépravé, une foule qai fait maigre, se confesse, communie, se venge avec le poi* gnard, et reçoit de la toute*puissance des moines une absolution qui la délivre de ses remords. On dkait que ce peuple n'entretient des moines que pour se permettre la haine et l'assassinat. Là , comme dans l'ancienne l^gyptc , Dieu disparait sous la multitude de ses attributs. Dieu, pour un Espagnol , c'est trente mille idoles répandues sur la si(rface du royaume très-cathoIiquc. Avec des superstitions aussi insensées que celles des païens, l'Espagne a la liberté civile de moins et des moines de plus*
Mais plus près de nous, au sein même de la France, à cent lieues de la capitale de l'Europe, du centre de la civilisation du globe , voici des hordes sauvages dont aucune lumière n'a encore éclairé les âmes. Là régnait autrefois le dieu Teulatés; on y a porté la lettre de l'Évangile, mais l'esprit de l'Évangile y est inconnu. J'y vois partout un peuple sans pensées et sans morale, l'adoration des images au lieu de la croyance en Dieu, le fanatisme et la misère , prosternés devant do grossièves peintures , représentant des débris de cadavres, le foie, le cœur, les bras, les pieds, les entrailles furoantesde quelques divinités. 11 semble que les anciens druides aient encore l*empire, et
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que, ne pouvant pins mutiler les bommes pour.Ies offrir à leur dieu , ils mutilent leur dieu pour le présenter par fragments à i'adoration des hommes.
Voilà les dignes objets du culte chez un peuple qui a des églises , des prêtres , des évéques et rÉvangile. On ne veut pas, qu'il élève son ftme
jusqu'à la pensée d'un seul Dieu, car cette pensée brise les chaînes et tire les hommes de Tabrutisse^ ment.
Représentation du moyen-âge au dix-neuvième siècle ! Qui veut se retrouver en 1200, peut visiter les hameaux de la Basse-Bretagne. L'Orient,, avec ses esclaves et ses harems, n'offre rien de plus dégradant pour l'humanité. Et toutefois, en Bijetagne
comme dans l'Orient, l'unité de Dieu, cette vérité qui coûta la vie à Socrate, ne porte plus la mort avec elle. Les peuples l'ont reçue, mats ils n'y ont point encore réfléchi* Il n'y a qu'un Dieu, dit le sectateur du prophète , sans comprendre la gran* deur de cette parole ; il n'y a qu'un Dieu, dit le pauvre habitant de Poullaouen, prosterné devant les images, .objets de son idolâtrie; il n'y a qu'un Dieu, dit l'Espagnol en implorant saint Dominique, saint Antoine et saint Jacques de Compostellej el dans ce seul mot est renfermée la civilisation i venir de l'Orient , de l'Espagne et de la vieille Armorique. Vainement les préjugés et les superstitions font effort pour nous éloigner da but ; le chemin qui nous y ramène est ouvert : un père
dans le ciel, une famille sur la terre* Lorsque cette vérité sublime sera dans l'intelligenoe des peuples, comme elle est aujourd'hui dans leur bouche, la régénération sera consommée*
En effet, toutes les barbaries qui nous humilient encore, nous peuples civilisés, sont nées en face des idoles, et ce qui est né en face des idoles doit disparaître devant Dieu,
C'est en face des idoles que les puissants ont consacré leur domination sur les faibles, et divisé les hommes en dmiL espèces : les nobles et les ignobles.
C'est en face des idoles que des ambitieux se
vouèrent au fouet, au jeûne et au célibat pour s'attirer les richesses et le pouvoir*
C'est en face des idoles que des hordes barbares se prosternèrent pour la première fois, après une bataille, en rendant grflce au ciel du sang qu'elles venaient de répandre*
Mais qu'aujourd'hui un noble , un pontife, un guerrier, se présentent devant Tautel du Dieu unique, du Créateur de l'univers, le noble lui dir£-til : Je suis d'une autre race que cette multitude sortie de vos mains; séparez-moi dans le ciel de ceux que j'ai méprisés sur la terre. Le pontife : J'ai repoussé la compagne que votre sagesse m'avait donnée; bénissez-moi pour avoir violé votre loi et ^ condamné les vierges à la solitude et à la prostitution.
46 llfVIUBIGI b'IJI» SBOLB VÉaiTt.
César ordoonera-t-il quinze jours d'aciious de grâces dans le temple du Dieu eréateur, comme dans le temple des idoles, pour avoir exterminé les Gaulois et vendu à l'encan tous les habitants de Namur, qui, suivant le compte présenté au sénat, montaient à cinquaute4rois mille?
On rose encore, dites^vous ! Oui, mais vous vous
êluiiiiez qu'on l'ose, et vous ne remarquez pas qu'on l'ose sans gloire* Que dis-je ! déjà on ne peut plus roser sans honte. Voyez la Pologne, et demandes au monde si un seul cri d'admiration a répondu aux cris féroces des vainqueurs ! Les barbares I ils n'ont entendu que les gémissements de FEurope. Et pendant que trois rois se partageaient , comme des brigands, les membres sanglants du cadavre, tous les peuples qui croient en Dieu s^épuuvaalaieuL de leur impiété !