LOI PHYSIQUE ET MORALE DE LA EAVDUB
Tout l'amour qu'on a pour soi-même, pour sa lamille , pour ses utnis , se réunit dans ramour qu'on a pour sa pairie !
(BaSSDET.)
11 en apparaît quelque chose dans les plantes et
dans les animaux! Les plantes onl leur géographie, et se dessinent sur le globe eu zones variées, mais consCantes* Les animaux ont leurs sites d'affection, leurs climats fovoris : ils se partagent la terre, qu'ils enrichissent et qu'ils animent* Bien plus, nous les voyons s'attacher à la maison de Thomme, et s'en faire comme une patrie, où ils aiment à vivre et à mourir. Chaque printemps l'hirondelle revient , à ti^vers les mers , au nid qui la vit écioft} chaque soir r&nC) le cheval et le bœuf s'arrêtent à la porte de leur métairie, où les plus rudes
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travaux les attendent. La colombe fait cinq cents lieues ea trois jours pour retrouver son colombier, et le chien fidèle brise la chaîne qui le retient loin de l'habi talion de son maitre, où il accourt plein de joie après plusieurs années d'absence.
Il est donc impossible de ne pas accorder aux animaux au moins Tinstinct des localités. Chez rbomme , cet instinct devient l'amonr du pays. L'homme s'attache par habitude aux lieux qui i'oiil vu naître; il en aime tout, jusqu'aux pierres* Ce n'est qu'une ville dont les rues sales et les maisons obscures sont à peiiie habitables ; ce n'est qu'un hameau toiqoars environné de neige et bâti snr un abyrae, mais c'est le nid de notre enfance; nous y avons respiré, nous y avons aimé, nous y avons été jeune et heureux, comme l'oiseau sous les ailes de sa mère ! Toutefois le charme attaché au pays natal est balancé dans la jeunesse par le besoin de Yoir et de connaître. Cette passion inquiète est encore une loi de la nature : il faut que l'homme parcoure le globe, il faut que les idées s'échangent et que les frères se rencontrent. Aussi l'instinct qui nous attache cède-t-il à la passion qui nous entraîne : le monde s'ouvre devant nous, et nos regards s'y perdent dans le spectacle imaginaire de ses délices et de ses fêtes.
Mais plus tard, lorsque, détrompé de nos illusions, et battu des vents de l'adversité, nous cherchons un abri contre la tempête, le pays natal vient
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s'offrir à notre mémoire avec ses plos dooz souve-
BÎrs. Nous nous y revoyons parc d'innocence et de jeunesse au milieu d'une foule joyeuse, courant dans la prairie, on sortant en tumulte de récole témoin de nos premiers succès, ou seul et rêveur dans les sentiers de la montagne nous entendons la ^ ▼oix caressante de nos parents, nous pressons la main d'un ami, ei, tout' couvert des blessures que nous a faites le monde, nous nous sentons renaître au milieu de ces images gracieuses de nos premiers plaisirs.
L'amour de la patrie, c'est Tamour du pays natal, étendu a tous les hommes qui parlent la même langue et virent sons la même loi; c'est une fraternité plus large que celle de la famille, mais encore trop étroite pour notre âme. La preuve que l'amour de la patrie, tel que Tentendent nos législateurs, n'est qu'un sentiment mutile , c'est que les conquêtes l'agrandissent : il est plus ou moins vaste, suivant le génie d'Alexandre ou de César. Maudissons les fureurs de la conquête; mais, en les maudissant, gardons-nous d'en méconnaître les voies profondes et mystérieuses. Ce besoin d'étendre les limites de nos empires, de les porter jusqu'aux extrémités du monde , qu'est-ce autre chose que le besoin de faire de tous les peuples un peuple, de toutes les patries une patrie! Nous exécutons sans le savoir cetté grande loi de la nature, qui tend à nous faire embrasser le globe tout en-
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lier. L'erreor n'est pas dans la pensée, mais dans
l'action : nous essayons avec les armes ce qui ne peut être accompli que par l'amour !
Ainsi rinslinctdes localités, insttnoC purement animal, s'élève dans Thomme, par ia double impulsion dn beau et de l'infini, jnsqa'a l'amour da genre humain. L'amour du genre humain, c'esl Tamour de la patrie comme renlendaît Socrate, et comme le vent la loi de la nature : Dieu l'a placé • dans notre âme pour triompher de toutes les haines nationales qui divisent les peuples, et de toutes les guerres fratricides qui outragent l'humanité.