‹ De l'éducation des mères de familleChapitre 68 sur 116 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

SUITE DU n£U£ sujet*

Interrogé sur sa patrie , Socrate répondit qu'il était citoyen du monde!

(Plutàrque.)

Naître sous tel degré de latilnde, c'est nattre Lapon ou Chinois, esclave ou citoyen; c'est recevoir par raatorité de re:(einple les mœvrs et les

habitudes d'un peuple, ses opinions eL ses superstitions.

Naître dans tel siècle, c'est naître avee Kdée dominante d'une époque; c'est tuer des Ilotes, brûler des hérétiques, mourir en terre sainte, oo combattre pour la liberté.

Cette influence des temps et des lieux pèse sur qous comme la fatalité. Un Indien meurt dans les eaux du Gange pour une idée qu'il aurait méprisée s'il était né en Europe. Avancez l'Espagne d'un

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siècle, et ce peuple qui s'arme pour défendre Tinquisition se soulèvera pour la détruire.

Que Buonaparte naisse à Londres, que Washington naisse à Taris; qu'ils naissent un siècle plustôt ou un siècle plus tard, et la direction de leur pen'* sée change et d'autres opinions leur font d'autres destins, et le monde civilisé prend une autre direction.

Ainsi nous recevons nos idées sociales, et quelquefois aussi nos idées morales, de notre pays et de notre époque. Le cercle se rapetisse ou s'éiargit suivant la date du calendrier et les degrés du méridien.

Mais plus la société nous environne d'erreurs, plus la loi de la nature nous offre de moyens d'; échapper. Tandis que nous rétrécissons notre patrie, elle Tagrandifpar nos désirs et par ses bienfaits répandus sur toute la surface du globe. Notre , ânie est toujours plus grande que nos affections et que nos ambitions, et tant qu'elle n'embrasse pas la terre et le ciel, tant qu'elle ne se plonge pas dans l'infini, il lui reste un vide à remplir et des sentiments à éprouver.

Héraclite disait des philosophes de son temps :

ils cherchent la vérité dans le petit nombre et non dans le grand. »

Le petit monde, c'est ce qui nous environne et nous touche ; nos intérêts, nos passions, nos préjugés, notre famille, notre ville.

Dl LA PATRIE.

Le grand monde, c'est la terre et le ciel, les intérêts de notre âme et les intérêts de l'humanité. . Il y a donc un moyen d^échapper à l'influence des temps et des lieux, c'est de chercher la vérité dans le grand monde, et de ,se faire, comme Socrate, citoyen de Tunivers.

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