B LA VIE ET D£ LA MORT
LOI DB LA IMLTinUB.
Qui tppreodrail. les homnietâ mourir « Iflur ■ppreodraft à Tivre... Yoitre mort est ODO dot pièeei de Tordre de l'oniven i c*eit une pièce de la vie du monde,
(MONTAIGHE.)
La voilà, celte heure suivie Par TauLe de réternité , Cette lieure qui juge la vie ' Et sonne rîmmortallt^, (Lamartihe, Harmonies poéùqnet et religieuses, t. Il, p. I7â.)
Or, Dieu n'est point le Dieu des morts, mais des vivants.
(St. Matth. , XXII, c. 32.)
La mort n'est ni une loi de haine, ni une loi de vengeance; elle est la conditioa de ce qui est. Dieu Ta opposée à la vie pour maintenir la vie. Supprimer la mort sur le globe, ce serait y établir le néant*
Il faut que les Heurs du printemps se fanent pour
m LA TU KT m tk MORT.
qae rautomnc porte ses fruits ; il faut que les générations passent-pour que Tarnoor donne les sîens« La vie et la mort agissent comme une seule puissâfDce : Tune est chargée de balayer la place, l'autre de la remplir; leur but visible est n'bn de créer, non de détruire, mais de continuer le grand spectacle de la nature.
Aussi, rien de plus remarquable que Tharmonie de ces deux puissances, et, si l'on peut s'exprimer ainsi, Tégalité detear travail. Elles mavchent d'un même pas sans jamais se surpasser ni s'atteindre: la vie sème, la mort moissonne, et les reproduc^ tions et les déprédations se balancent. Le sort du globe tient à cela. Vous ne sauriez donner l'avantage à la mort sur la vie, ou à la vie sur la mort, sans anéantir la création; car la création est l'œuvre de la mort comme de la vie.
Et cela est si vrai que, pour Taire cesser la vie sur la terre, il suffirait d'établir une seule exception à la mort; je ne dis pas dans la race humaine, mais dans l'être le plus éphémère : une plante, une fourmi, une mouche, un coquillage, un poisson. Les seracnces d'an seul pavot envahiraient le globe en six ans; il n'en faudrait que trois à une morue pour eombler les mefs. Heureusement la mort veille toujours! Prévoyante et conservatrice, elle anéantit ces efiroyables multiplications sans jamais anéantir l'espèce : elle sauve le monde des excès delà vie.
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C'est donc faute de conaaitre la mort que nous renvironnons d'épouvante* Elle est un crime dans les maias de rhomme, parce que rhomme ravit ce qu'il ne peut rendre; dans les mains de Dieu, élit ouvre le passage au genre humain, elle appelle les générations sur le globe : que la mort s'arrête, el ce flot immense cesse de couler ! Lorsque son but visible est de multiplier les existences, son but iovisible serart-41 d'anéantir ?
Et cependant les moralistes ne cessent de nous inviter aux terreurs de la mort : les uns la regar* àMt comme un fléau, les autres comme une punition. Mais si la mort est une loi de vengeance, la vie est donc une loi de colère ! Alors pourquoi tant
de joies et d'espérances dans notre cœur^ tant de sublimes inspirations dans notre àmel Pourquoi ce soleil, ces moissons, cette verdure, Tair, le ciel, les parfums , les couleurs; ravissantes barmonieb qui témoignent encore plus la bonté que la puissance? Pourquoi la vie enfin, cette création du moi^ qui se détacbe du néant pour s'emparer de la na* ture? Nous y arrivons, il est vrai, sans défense €t sans ialelligence, mais sous la garde de la tendresse maternelle. Viennent ensuite les jeux du premier
âge, puis les illusions delà jeunesse, et ramoor. qjài suffirait à notre bonheur, puisqu'il nous élèfc j us qu'à Dieu ! Rien ne nous manque dans le voyage, et la Providence, qui en prévoit tous les besoins, n'en a point oublié le terme} elle nous donne pour