‹ De l'éducation des mères de familleChapitre 90 sur 116 · CHAPITRE XVm · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVm

hépétitiobi.

Et lors même que je laumis dit deux fois , si n*est-ce pas trop que de le redire uoe troiiiéine.

(MOUTAIGHE.)

Ainsi les lois de U nature viennent détruire nos supersiitioas et apaiser nos épouvantes.

Il n'est aucune erreur qu'elles ne dévoilent, aucune tyrannie qu'elles ne condamnent.

Nous verrons tomber devant elles tous nos codes bartiares, toutes les puissances qui iont des escla* ves et confisquent des âmes, le droit du plus fort, les armes sanglantes, les chaînes des despotes et la hache du bourreau 1

CHIPITRE XXYIU.

âmufeCIATIOV DBS IiOIft MLITIQUE8 DB GBiXB^

D£ SPAETE^ D'AinÈBIES^ DE &OUE ^ PAB IiBS LOia DB LA lATOBB.

Lei nalioDS grecque et romaine odI ditparu du monde à cause de ce quMl y avait da barhare, c*ett-à*dire d*iojoste dant lenr» iniUtutions.

(M*^ BB StâBL» Considération* tar la Révolution française^t. I|p. S.)

Les empires naissent et meurent comme les

hommes. Leur élévation à mesure qu'ils approchent de la vérité, leur dégradation à mesure qu'ils s^en éloignent, est un fait immense qui frappe tons les yeux, et dont Thumanité doit un jour recueillir le fruit.

Il en résulte que la supériorité des peuples civilisés sur les peuples barbares est toute morale. Le nombre et la force disparaissent devant l'action d'un sentiment vrai ou d'une pensée vertueuse.

ATMlCXftTIOll 018 LQU M miTB , RC. 189

Deux fois dans les annales du monde Tamour d'on petil coin de terre qui reçut le nom de patrie donna l'empire à une poignée d'hommes. Cet empire, ils Taaraient conservé s'ils avaient été justes : il n'y a pas d'exemple d'un peuple mort au sein de rhéroïsme et de la vertu*

Tous sont morts sous le poids des superstitions, des ambitions, de la corruption, de Pignorance et de rinbumanité. Tous sont morts pour avoir méconnu la dignité de Tbomme , et violé les lois de la nature.

Ce serait un acte de haute justice que de placer Sparte, Athènes , Rome , sujets éternels des admirations de notre jeunesse, en présence des lois de . ia nature, et de les faire juger par ces lois.

Avec quelle surprise nous verrions les plus lieaux génies de l'antiquité mutiler l'homme pour le plier à leur conception ; le faire grand , comme Dieu a fait les animaux libres et puissants, en les bornant à un seul instinct ; chercher enfin dans une loi isolée de la nature (Famour de la patrie) , les éléments d'une supériorité morale qui pùt régénérer un peuple et dominer le reste du monde , à qui cette loi resterait inconnue, car là se concentre le véritable esprit des législateurs de la Grèce. L*homme leur parait un être trop actif et trop vaste : n imaginant pas le moyen de le soumettre *lout entier, ils le divisent, ils le réduisent, ils le décuijiplèlentj ils en suppriment la moitié, puis ils

190 AmÉCIATIOll M» LOIS Aft ETC.

disent à l'autre niaitié : Marche, combat , déchire, 8oiâ le plus fort : le voilà libre f

L'enfant életré pour la guerre ^ ae tecevant de l'éducation que deux idées ^ l'amour de sa ville et le méprisdetoiites les autres civilisatioiis; rhomme ne vivant libre qu'à la condition de renoncer à Teiercice de sa propre volonté ; repoussant eomme une faiblesse tous les arts, toutes les sciences, qui auraient pu l'éclairer et l'adoucir ) ne voyant sur le globe entier que des ennemis ou des barbares, des terres à conquérir et des esclaves à enchaîner; se séparant enfiia de ton» les autres peuples par orgueil, et du genre humain par ignorance, telle fut l'humanité des temps antiques , telle fut la loi imposée aux Ballons héroïques de la Grèce*

Frapper un peuple d'une seule idée, ne lui permeltre qu^une passion , et déchaîner celle passion sur le monde ; voilà le gouvernement républicain tel qu'il ezistail en Crète , à Sparte ^ k Athènes et à Rome, et ce gouvernement repose sur les mêmes principes que le gouvernement despotique.

Dans le gouvernenaient républicain, c^est le peu* pie qui est le despote , et il a pour sujets toutes les nations qui ^environnent. Ses caprices et ses volontés bouleversent la terre j il faut le servir ou mourir.

Ainsi te plus grand effort des législateurs anciens fut de transporter le despotisme du maître aux sagets, d^inearner à une nation la volonté d'un

PAE LES LOIS DE LA IfATDRI. 191

ijnûw On donna i cette chose te nom de liberté /

et la violation de toutes les lois jle .la nature fat appelée yertn.

Et qu^on ne croie pas que je veuille nier les influences glorieuses de ces institutions. Leur action- Cat MMiTent héroïque* On en vit jaillir de soblimet caractères et de nobles dévouements : elles donnèrent à une poignée d'iiommes la domination universelle; mais elles ne firent rien pour le boniieur de la Grèce ) elles firent peu pour les progrès de rhnmamté.

On a dit que ces institutions étaient devenues impossibles, parce que nous manquions de vertu.

Il eût (Hé moin^piquant , mai^ plus vrai, de dire qu'elles ne pouvaient renaître , parce qu'elles violaient trois grandes lois de la nature , reconnues aujourd'hui de tous les peuples civilisés : le sentiment de la Divinité , c'est-à-dire la connaissance et raniour d'un seul Dieu; le sentiment de la sociabilité 9 c'est-à-dire l'union du genre humain ; enfin la perfectibilité, qui ne permet pas au genre bumain de rétrograder vers le passé. Toutes les vertus de Sparte, d'Athènes et de Rome étant hosliles à rhumanité, nous ne poui rions y revenir sans nous dégrader nous-mêmes. Quel Européen irait froidement à la chasse des Ilotes , comme la loi de Sparte l'ordonnait ! Quel père consentirait à vendre son fils jusqu'à trois fois, ou à le lucr , couiiac la loi romaine le permettait ! Quel

f99 AFnÉCXATlOff ASS LOIS DS SPARTE, «TC»

héros ferait la guerre pour le pillage et le carnage, et, sur les ruines fumantes de soixante-et-dix cités, oserait vendre cent cinquante mille citoyens à l'encan pour en distribuer Targent à son armée , comme PauLÉmile le fit en Épire; ce qui loi mé-

ri ta les honneurs du triomphe , l'admiration du peuple romain et presque celle de la postérité !

Le règne de Rome fut celui d*un brigand : elle s'agrandit par la guerre et le pillage j etaussielie périt par ses richesses et par la guerre!

Ne disons plus que ces institutions sont devenues impossibles parce que nous manquons de vertu : disons qu'elles sont devenues inuMSsibles parce que rhumanité et la vérité comdRncent à régner sur la terre.

Page 1