‹ De l'éducation des mères de familleChapitre 92 sur 116 · PAR LES LOIS DE LA ^ATUR · texte numérisé non relu

PAR LES LOIS DE LA ^ATUR

Voici le point décisif de la question.

Les cinq caractères qui répondent à chaque espèce de gouveraemeni résolvent tour à tour les empreintes de l'ambition , de rintrigue , de Taya* rice et de la cruauté ; toujours plus malheureux à mesure qu'ils deviennent plus vicieux. Le caractère tyraniiique est le dernier, et c'est lui que Platon va nous présenter comme le double modèle de la scélératesse et du malheur.

u N'allons pas^ s'écrie-t-il , nous laisser éblouir par le bonheur apparent de cet homme en ne jetant les yeux que sur ses richesses et sur les voluptés quirenvironnent! Arrachons cet appareil de théâtre^ dépouillons ces grandeurs ajoutées, pénétrons partout ? Que le tyran nous apparaisse tout entier , et disons ensuite simplement ce que nous aurons vu. n

Alors commence le tableau hideia de la vie du méchant. Pour le rendre plus frappant, Platon élablît ce fait, que la condition de l'homme opprimé par ses passions est la même que celle d'une ville opprimé par un tyran. Or , la ville opprimée par un tyran gémit sous le poids de la plus basse servitude. Pauvre , insatiable , cruelle , rampante , toujours humble ou furieuse , déohalnée par la vengeance , ou soumise par les supplices 5 elle n'obéit qu'au bourreau , et ne se repose que dans te sang. (7est l'agitation de la mer , c'est te Ûax et le reflux éternel du crime et de la ter-

àOÈ AfBlÉCUTIOJI DBS JLOIS BB PLAZOlf

teur. Et où donc trouvercz-vous plus de sanglots . plus de misère i plus de gémissements et plus de dwlenrs sans consolation !

Ainsi l'âme du tyran est esclave de tous les vices qui la peuplent et qui la travaillent* Ainsi elle est pauvre au milieu des richesses, parce qu'elle est insatiable ; elle est couarde au miliea de ses esclaves , parce qu'elle est isolée» Tout ce qui est juste la fuit; tout ce qui est vil la sert, mais i condition de la dominer. Elle éprouve sans cesse toutes les convulsions d'une ville eu tumulte, tous les délires d'une populace effrénée , tons les snp-

plices d'un coupable qui sent la main du bourreau. Ënilu, le dernier trait de tant de misère est l'obligation que ces crimes lui imposent , de d^ venir chaque jour plus envieuse , plus perfide , plus féroce , plus impie. Et voilà cependani la condition éternelle du méchant !

A présent, écoutons Socrate s'écrier qu'il va charger un héraut de publier dans toute la Grèce que les méchants sont les plus malheureux des hommes ; et voyons si une seule voix osera protes^ ter contre ce jugement solennel de la sagesse et de hi vérité!

Telle est la partie morale de la République; telles sont les doctrines qui ont préparé la civilisatiott du monde. C'est là , c'est dans cette Botxtt vivifiante du beau, que les anciens et les moder-* oes ont puisé à pleine coupe. Les pàres de l'igiise

PAR US LOIS m LA IfATIItl* 803

sont plongés. Voyez revivre les idées éternelles de Platon dans les écrite de saint Augustin ; vojei

^ comme Tâme brûlante de l'Africain s'inspire dans laconlemplationde ce inonde céleste, invisible au vulgaire, et qui est cependant le seul yéritabie. Çni connaît Platon , le retrouve partout, dans les écrite de Plutarqae , de Fénélon , de Rousseau , de Bernardin de Saint-Pierre. Ces grands hommes semblent n'avoir pensé que pour témoigner de sa sagesse , de sa gloire , de son génie ! Leur âme s*est empreinte de la sienne ! 11 est le soleil de toutes ces planètes , qu'il pénètre de ses feux et qu'il inonde de sa lumière.

Oh! quelle joie pour l'humanité qu'une telle pensée ait animé un corps terrestre !

Ce livre , témoin toujours vivant de son passage , n'est que l'ombre de son ftme ! Dira-t^on que l'âme a pu cesser d'être lorsque Tombre existe encore ? Ne serait*-ce pas dire qu'un Dieu a moins vécu que

son ouvrage !

Ame sublime I reçois ici les hommages d'une postérité déplus de deux mille ans ! Nous honorons en toi l'homme qui a le plus fait pour l'homme , la seule créature terrestre dont la lumière seit venue se confondre avec les lumières de fÉvangile , la seule qui ait écrit dans Tunique intérêt de la vérité et de la vertu , et dont l'âme se soit re* trouvée dans Tàme de Fénélon! Bienfaiteur du genre humain , tu lui léguas les plus hantes pen-

904 AmtdAtioff BIS LOIS m platoii, itc.

sées ; précurseur de Jésus-Christ , tu nous ouvris dès cette Yie le monde des contemplations célestes,

et il te fut donné d'entrevoir une sagesse ignorée de toute la terre , «t qui ne pouvait être révélée que par un Dieu !

CHAPIIHË XXX.

DBS ESPÉRARGBS DE L'AVBUIR.

Je ii*ti va dant la liberté que tout lea hommet réclament le développement barmoniqoe do lenrt facullét.

(BoMSTSïTBli, Etude de l'Homme, 1. 1,

Le goût et l'aiîmiraliou du stalionnaire vicnoeol deijugcinctilg faux que Ton porto inr la yérité dei faits et sur la nature de rhomme; aur la vérité des faits , perce qu*on fuppoie que lei anciennes mœnei étaient plus pures que les mœurs modernes; complète erreur : sur la nature de rbomme « parce qu'on ne veut pas voir que l'esprit humain est perfectible.

(GKATCÂVBRIàllD.)

Cet examen rapide des lois humaiaes , mis en regard des lois de la natare , nous a montré le monde secouant ses fers, cl marchant à grands pas vers la vérité. Pour compléter ce tableau » jetons les yeux sur Tétat moral du globe , non dans les limites étroites des royaumes qui partagent le sol , mais dans les larges divisions établies par les croyances '1q[ui cuusiilueiil les peuples. Le point

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lumineux est tout entier dans les progrès de l'Évangile, parce que TÉvangile , dans sa pureté primitive , n'est lui-même que Texpression des lois de i la nature* Il suffit de mesurer cette lumière pour ' connaître l'avenir du genre humain*

A l'heure où je parie , plus du tiers des habitants du globe a reçu la loi du Christ, et Tit sons riiiQuence de celte parole qui crée les nations. L'Europe est le centre de cette civilisation non-* . velle , dont le point de départ csL la France et ' l'Angleterre. Là dans le cabinet isolé d'un petit nombre de sages , se préparent les destins de Tayenir ; là naissent et se développent des pensées généreuses d'humanité et de liberté dont le cercle s'élargit sans cesse, et qui arrivent dos sages aui • peuples , des peuples à TËurope , et de i'£urope au monde. I

Dans cette ligue sublime des intelligences , les états d'Amérique Tiennent, avec l'ardeur d'ua jeune homme, s'unir à la vieille Europe, Plus heureux que nous, ils n'ont pas eu de moyen âge; l'Angleterre, en voulant les dominer, leur inspira le besoin de rindcpendance. lis apprirent de leurs maîtres à chérir la liberté , et les premières nonvelles de leur gloire furent un grand exemple am nations de l'autre rive. * | Ainsi la jeune Amérique fut libre en naissant, j Aucune habitude de servage , aucun regret dtt passé 9 aucun préjugé gothique , ne troublèrent n

victoire. Elle nVut point à se débattre contre ces théocraties qui retiennent les peuples dans les ab-> jeetions de la misère et de l'ignorance. Elle ne vit pas son sol soaillé par les superstitions des brames ou par les fureurs du prosélytisme. Toutes les sectes qui $*y établissent ont 1 esprit de rÉvangiie. 0 speetacle non encore vu par des yeux mortels! Elle nail avec la liberté, la tolérance et Fintelligence ; elle échappe en même temps aux moines et à la bartuirle ! Ses plus antiques souvenirs sont ceux de sa gloire et de son affranchissement, et, sans avoir passé par les ténèbres de l'enfance , elle arrive à râge (le la vérité , riche de rexpéricuce et de la raison du genre humain*

Une seule tache au tableau. L'esclavage s'yvnon* tre encore , et les femmes y vivent sous le poids d^ane inégalité qui blesse la loi de la nature. Il y a là deux causes d'avilissement et de mallieur. Mais qat ces causes disparaissent , et vous verrez CCS déserts enfanter des nations plus grandes que celles de Tantiquité !

Telle est l'Amérique des États-Unis, nouveau monde qui naît pour les nouvelles idées. Telle sera l'Amérique du Sud après son triomphe ; car flic doit triompher la nation où les femmes com-* battent pour la cause de Tindépendance , et meurent à c6té de leurs frères et de leur mari. Elle doit triompher la nation où chaque soir un officier demande , en présence de l'armée : « Les femmes de

â08 l>£^ ËSrÉRANCES

n Coehabamba sont-eUes présentes ? n et où on aobre officier répond : «< Gloire à Dieu ! elles sont tontes » mortes ponr la patrie an champ d'honneur > ! n

Ainsi le tiers des habitants de rancien monde et le Dowrean monde tout entier , denx cent soixantect-dix millions d'hommes forment aujourd'hui l'armée de la civilisation, et, au milieu de cett£ armée , la France et l'Angleterre se lèvent comme des astres , dont les clartés se projettent sur tonte rétendue du globe.

Mais une autre nation , née pour conquérir et pour renouTcler le monde , la source vivante des

hommes, appelle nos regards.

Lorsque le Nord , éveillé par l'esprit de Dieo , déborda comme TOcéan , sur Rome agonisante , il était barbare ! Instrument aveugle de la Provi* dence , il venait faire deux choses : porter le coup de mort aux nations anciennes , et recevoir les lumières de rÉvangile ponr fonder toutes les nations nouvelles. Sa mission fut a la fois une mission d'anéantissement et de résurrection; il ae se montra à cette partie du monde que pour la retremper avec le 1er ; que pour y verser ses vigoureux enfants qui écrasent et régénèrent les peuples. Mais ce n'était là qu'une moitié du tr^ vail que lui imposait la Providence; les tenq» sont venus où il doit se montrer à l'autre parik

ï Ceci nous reporte à 18Î8.

AS l'atsnir. 209

dn monde , rouler sar l'Orient , comme il ronla

sur l'Occident, puisqu'il est vrai qu'une loi fatale et providentielle l'appelle tonjonrs vers les nations mourantes. Cette fois il n'y arrivera pas barbare, il y arrivera chrétien. Dieu le plaça dans des climats de glace et de fer , aux portes de l'Asie et de l'Europe , comme pour Tinviter à descendre successivement sur les deux versants du globe. Soumis à la fatalité, les sectateurs de Mahomet l'attendent tristement assis au milieu de leur harem , dans ces palais où ils campent depuis trois siècles et où ils ne devaient que passer. Ainsi , à deux mille ans de distance , les enrante du Nord se seront trouvés chargés de répandre dans FOrient les doctrines civilisatrices qu'ils avaient reçues de l'Occident , et ceux qui furent , an déclin de Rome ^ conquérants et régénérés , seront , au déclin de Constantinople , sauveurs et régénératenrs !

De toutes parts la civilisation s'agrandit; elle fait un seul peuple de l'Europe , et , comme une divinité , bienfaisante , elle tourne ses pas vers l'Asie , et s'avance , l'jÉvangîle à la main , dans ces contrées magnifiques où la nature est si puissante,

la race humaine si belle et l'homme si dégénéré.

Avant l'évangile, il y avait peu d'espérance pour rhamanité ; après l'Évangile , tout se réduit i des chiffres. Compter les sectateurs de chaque religion : à Confucius, à Sinto, au magisme et an fétichisme, cent quarante-sept millions \ à Boudha

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et à ses cioq apôtres, ceot soixante^t-dix miUioDs; à Brama , soixante niillioiis ; è Mahomet , quatrevingt-^isse miliions. An milieu de ce recensemeot des hommes , Jésus^Christ se présente seni smc S70 millions de disciples, quelle que soit d'ailleiirs leur communion, grecque, luthérienne, calviniste ou catholique ; car l'Évangile , qui en est la base, n*a qu'un seul but, l'affranchissement des peuples; qu'un seul avenir, le triomphe de la vérité et de l'humanité.

Et qu'on ne dise pas que , pour agrandir nos forces, j'unis la foi de l'Église à celle de l'hérésie , les peuples élus et les peuples maudits. Ce langage ne révélerait que des passions humaines. L'élection et la malédiction ne sont pas de Dieu , mais de l'homme. Un misérable fakir mesure la munificence du Créateur au cercle étroit de son ambition terrestre : il imagine que le Tout^Puissanl n'a rien pu faire au-delà; il maudit l'ouvrage, et croit magnifier l'ouvrier : mats tandis que l'insensé se fait un Dieu pour sa petite peuplade, le chrétien promène ses regards sur le globe , et il se rassure en voyant que tout y est préparé dans l'intérêt du genre humain.

Grâce à Dieu , les idées de peuples choisis ^ de peuples damnés, meurent en Europe. L'autorité de rinfralapsaire i^y fait plus la religion, le ban plaisir du roi n'y fait plus la politique. Une raisoo universelle s'y mêle à tout. Cette expression vul-

gaire, qae la voix du peuple est la voix de Dieo, a

été comprise des sages. Ils ont senti que, pour faire surgir la vérité, c'éudt moins les rois qu'il falloit implorer que les nations qu'il fallait instruire. La vérité descend difficilement des rois aux peuples; mais son triomphe est sûr lorsqu'elle remonte des peuples aux rois. Voyez seulement ce que deux ou trois principes évangéliques , tombés par hasard dans la foule, ont amené de changements parmi nous. La charte française, l'abolition de la traite, rëmancipatiuii de l'Irlande, la liberté de rAmérique, la délivrance de la Grèce , étaient dans l'opinion des peuples avant d'entrer dans la raison des princes. Si les rois eussent écouté les peuples , ritalie serait libre et la Pologne vivante : deux crimes de moins pèseraient sur la téte des souverains de l'Europe. Nos maîtres n'ont rien fait tant qu'ils n'ont entendu que des gémissements ; niais leur âme s'est inquiétée lorsque des pensées fortes sont sorties de la foule. Éclairez les peuples , et leurs passions seront toujours grandes et dans Tinlérét de l'humanité ! Laissez faire les i:ois, et leurs passions ambitieuses ou religieuses seront presque ^Coiqours dans riniérét d'un homme. Louis XIV fait égorger les Albigeois puui sauver son àmc. La nation, prise en masse , lui aurait refusé ce crime. Cest donc à la conscience publique , éclairée par l'Évangile et les lois de la nature , qu'il faut en appeler» Sur elle repose la prospérité du genre bu-

SIS DIS S8Pi&ANGB8 1» l'aTBRIA.

maiu, et le siècle qui naît en verra sortir la civi- Usatioii de Tlade et de l'Afrique, la délivrance de rOrient, Tabolition des castes, le mariage des prêtres, rémancîpation des peuples et la liberté de runiyers !

riJI HD TAOISIÈMS LiVAB.

UYRË IV.

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