CHAPITRE IV
D'UNE GRANDE RÉVOLUTION OPixiE DANS LES DOCiaiNES pis LES PEBMIBES SiiCLBS*
Quand il n'y a plus ni liberLc, ni pairie, nt passion des arts , quand les âmes vulgaires sont éteintes par le nriaiheur ou plongées dans le matérialisme d'un grosaier biea-étre, alors celles qni se détachent de cette tonrbe rampante aspirent vers un autre monde.
(ViLiBmAiift Nouveaux Mélangea, etc.,
Le système religieux des Ittîfs occupe uoe grande place dans l'histoire morale chî l'univers. Personne, avant Moïse, n'avait dit : « Une seule loi, un seul peuple, un seul Dieu.» Malheureusement, ce dieu n'était le dieu que d'une petite tribu isolée au milieu des nations !
Jésus a dit aussi : «( Un seul Dieu , une seule loi, un seul peuple; » mais ce peuple, e'est le genre humain!
D^CIVI fiftANDB BtVOLimOll
li'iauneiisité sépare doQC la loi ancieDoe de la loi
nouvelle, et c'est pour les avoir confondues , c'est pour avoir appliqué au genre humain ce qui était ordonné à une fraction de peuple , que Rome est tombée dans de si graves erreurs.
L'enseignement de Jésus-Christ avait détruit le sacerdoce. Dans l'origine, tout chrétien était prêtre, parce que la religion n'était que la morale. Lorsque la religion fut le dogme, il y eut des pontifes , un clergé : le judaïsme entra dans le christianisme. C'est ainsi que la société évangélique perdit peu à peu les droits qui appartenaient à tous, et que les prêtres s'en firent un état et des privilèges.
Hais il ne suffisait pas d'avoir établi leur puissance; il fallait l'appuyer et raccroître. C'est dans • ce but ^que, dès le second siècle , les prêtres commencèrent à prêcher la pénitence et à sanctifier le célibat. Saisissant les chrétiens dans la ferveur de leur foi nouvelle, ils les entraînaient par la crainte de l'enfer et par la grandeur même de leurs sacrifices. Leurs paroles de feu enfantèrent un enthousiasme de plusieurs siècles. On fuyait les cités, sa patrie, sa famille, la fortune I Des armées de pénitents et d'anachorètes se dispersaient dans les solitudes } toutes les cavernes de l'Orient étaient devenues des temples , et , suivant la belle expression de saint Jérôme, il se trouva que les déserts furent peuplés de saints comme Je ciel.
Le seul établissement de saint Pacome , sur les