DES SOURDS-MUETS. CONCLUSION. G/|
servir de cortège aux explications raisonnées , pour les rendre plus sensibles; mais qu'on doit s'imposer, dans leur emploi , une réserve plus grande encore, surtout dans les dernières périodes de l'éducation ;
8°. Qu'on cherche en vain une utilité réelle dans les signes mimiques purement conventionnels, soit de rappel, soit grammaticaux, et que cet appareil a l'inconvénient d'embarrasser la marche de l'enseignement;
9°. Que, dans l'enseignement d'un institut normal, comme dans celui qui est donné aux sujets dont l'esprit doit recevoir le plus haut degré de culture, on peut réunir et combiner l'emploi de ces divers instrumens, avec les précautions et dans les rapports convenables pour prévenir toute confusion ; mais que dans l'instruction donnée aux sourds-muets des conditions inférieures, on peut, on doit simplifier beaucoup ce système ;
io°. Que l'essence de l'art d'instruire les sourdsmuets consiste dans l'enseignement logique de la langue ; que cet enseignement attend et invoque encore des perfectionnemens très notables; que plus on le perfectionnera , et plus on le verra se simplifier; que le mérite et le succès de ses méthodes, dépendent essentiellement de deux conditions : l'art d'y mettre en jeu l'intuition, et l'exacte coordination qui sera introduite entre les idées, de telle sorte que les idées naissant les unes des autres,
les expressions s'expliquent aussi parallèlement les unes par les autres ;
1 1°. Que la valeur des termes de la langue non encore connus , pouvant , après les premières conventions, se définir par les termes déjà connus, il est indispensable de recourir habituellement à ce mode d'interprétation , pour exercer l'élève à bien saisir l'ensemble du système de la langue, et les rapports qui en unissent les parties;
12°. Qu'au reste, pour pouvoir donner aux élèves les termes de nos langues, il faut, avant tout, leur procurer les idées que ces termes doivent expri^ mer, et les conduire aux manières de concevoir qui se peignent dans la forme de nos discours; qu'il faut donc avant tout les exercer à observer et à réfléchir;
1 3°. Que l'enseignement grammatical de lalangue doit être, pour le sourd-muet , comme pour l'enfant ordinaire , divisé en deux périodes distinctes , dans l'une desquelles cet enseignement doit être essentiellement pratique et inductive, l'autre théorique ou classique;
i4° Que la première de ces deux périodes, dégagée de toute métaphysique , quoique reposant sur des exercices pratiques et sur un choix d'exemples , ne doit point se confondre avec l'aveugle routine suivie dans le premier enseignement de la langue, pour l'enfant ordinaire ; que ces exercices, continués sur le plan dont MM. Daniel et Bébian