DES SOURDS-MUJ'TS.- — CONCLUSION
ont déjà donné d'heureuses applications, doivent placer l'élève dans la situation convenable pour lui faire concevoir, prévoir même, et chercher en quelque sorte les formes grammaticales, et reconnaître l'esprit des lois qui gouvernent la langue;
i5°. Que l'enseignement théorique, consacré aux définitions didactiques et à l'exposition des règles d'un art , doit être réservé aux élèves que leur destination appelle à l'entier développement des études libérales;
i6°. Que l'essentiel est de mettre l'élève le plus promptement en état de lire avec fruit, et par conséquent avec une compréhension facile et sûre, les livres élémentaires, pour pouvoir ainsi continuer lui-même son instruction.
1 70. Que l'instruction , pour le sourd-muet , plus encore que pour l'élève ordiaire, est étroitement liée à l'éducation ; que d'ailleurs , la culture des facultés de son esprit et de son cœur étant le but principal des soins que l'instituteur est appelé à lui donner, ces soins doivent embrasser tous les genres d'influences propres à composer pour l'enfant sourd-muet l'éducation spéciale dont il a besoin ;
1 8°. Qu'il est nécessaire de ne rien négliger pour porter l'art d'instruire les sourds-muets à un degré de simplicité qui permette d'appliquer cet art hors des instituts spéciaux dans l'enceinte desquels il est aujourd'hui concentré , de le faire par-
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venir même jusqu'à l'éducation domestique; qu'alors seulement le but de l'art sera vraiment obtenu, et le voeu de l'humanité rempli ;
190. Qu'il est possible d'atteindre à ce résultat, quoique sans doute alors il exigerait encore, de la part de ceux qui l'exerceront , un certain degré de capacité et de patience; quoique sans doute, ainsi popularisé , il ne puisse conserver le même degré de développement et de perfectionnement qu'il obtient dans un institut spécial ; qu'il est nécessaire de ne rien négliger pour arriver à ce grand résultat; qu'alors seulement le but sera atteint;
200. Que cependant il sera nécessaire de conserver toujours des institutions publiques et normales , pour continuer à cultiver et perfectionner toutes les méthodes dont cet art se compose , et pour en faire les applications les plus complètes.
Si nous n'avons pu parvenir encore à des résultats aussi complets que nous l'eussions ambitionné , il est du moins quelques voeux que nous formons en commun , qui nous sont inspirés par l'honorable mission que nous avons reçue , et par la vive affection que nous inspirent ces êtres infortunés et si intéressans , confiés à nos soins par la Providence. Qu'il nous soit permis de leur donner cours en terminant; ici, je ne serai que votre organe. (1)
(i) Voyez la note P, à la fin de l'ouvrage.