DES SOURDS-MUETS. CONCLUSION
« deur du but vous montre la grandeur de vos de- « voirs, la couronne qui vous attend vous montre « les sentimens dont vous devez être animés ! Que « la divine charité , cette inspiration descendue du « ciel pour consoler la terre , pénètre , remplisse «vos âmes, élève vos pensées, soutienne votre «constance, inspire votre génie, règle vos tra- « vaux, anime et consacre votre vie entière, (i)
« Et vous , enfans de notre adoption , chers « exilés, qu'une infirmité cruelle retenait éloignés « loin de la commune patrie, mais que nous nous « efforçons de ramener dans son sein; vous qui « si souvent avez occupé nos veilles; sourds-muets, « c'est pour vous que seraient nos dernières paroles, « comme c'est pour vous qu'en définitive sont tous « nos voeux! Que ne pouvez-vous lire au fond de « nos coeurs la tendre affection qu'ils vous por- « tent ! Que ne nous est-il donné de vivre au mi- « lieu de vous , de vous entourer chaque jour de « nos soins, de nous associer à ceux qui se dé- « vouent pour vous instruire ! du moins nous vous « parlerons par leur organe. Confiez-vous en eux! « secondez leurs efforts généreux pour vous éclai- « rer et vous rendre meilleurs ! Confiez-vous aussi « en vous-mêmes; gardez-vous de vous croire dis- « graciés par la Providence ou par la société hu- « maine ! Vous êtes appelés à partager avec nous
(i) Voyez la note S, à la fin de l'ouvrage.
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« les plus nobles prérogatives de notre nature. « Entrez en jouissance de ce bel héritage ! Laissez « ouvrir votre âme à toutes les affections pures : « reconnaissez en nous vos frères; levez les re- « gards vers ce ciel qui vous appartient comme à « nous ! C'est à vous-mêmes qu'il appartient d'ache- « ver ce que nous n'avons pu qu'entreprendre! que « la vertu , après nous , devienne votre véritable « institutrice! qu'elle vous enseigne l'amour de «Dieu, l'amour des hommes; par là vous saurez « mieux que par nos faibles leçons ce qu'il vous « importe le plus de savoir. » ^