Les dents sans participation
5. Les lèvres fermées jusqu'à une très petite ouverture oblongue.
Il a la même position que 1*5^ et il ne difFère de lui qu'en ce que la voix l'accompagne, d'où il résulte que le son si£Bant se change en un son gazouillant.
ZV. B^ Par ces mots : /a t/oix se fait entendre^ Fauteur désigne le jeu de l'oi^fane vocal nécessaire pour produire une véritable intonation. Il ne sufiBt plus que le sou£9e s'échappe de la poitrine , il faut qu'il se convertisse en son.
Par ces mots : les tes^res ouvertes au i", a*, 3', etc. y degré y l'auteur se réfère à ses gravures^ où l'ouverture des lèvres est graduée sur une échelle proportionnelle. 11 a une édielle semblable pour la distance qui s'étabht entre la langue et le palais ; c'est à l'ouverture produite par cette distaiBce , qu'il donne le nom de canal de la langue.
76 DE l'^DUCATIOBT
sauces élémentaires relatives à l'histoire naturelle ou aux arts industriels (i). Il exerce donc son élève aux classifications , par des interrogations répétées et méthodiques; il lui fait discerner les propriétés caractéristiques qui marquent les conditions des genres et des espèces; il Vencourage à diercher à déterminer ces conditions par ses propres efforts ; il le conduit de la sorte à se former une définition exacte des objets. Les exemples employés ou comme définitions indirectes , ou comme inductions (a)^ lui servent à Êiire naître dans l'esprit de son élève les notions abstraites et métaphysiques (3). Toutefois, il a donné trop peu de développement à cette portion si essentielle et si difficile de l'enseignement, poui* qu'on puisse apprécier le mérite de ses opérations. En général, fidèle au but qu'il s'est proposé^ il s'est bien plus attaché à rendre sensible en e£Fet la matière de l'instruction, qu'à faire découvrir la raison des choses; il évite la théorie, et se renferme dans un dioix judicieux d'applications particulières.
Quant aux instrumens matériels propres à remplacer la parole pour le sourd-muet, ou à lui &• dliter l'intelligence de la langue, il n'en est presque
(i) Foyez TouTrage ci-deMus cité, page 161. (a) Foyez ci-devant, i" Partie, chap. IX, pag. 217,218. (3) Jnweisung wie Kinder und Siumme, etc., chap^ H, page 171.
« sensibiest pour atteindre au sens figuré, on s'ap- « puie aur la sifinificatioB primithre, en décnyant « par la pantomime l'action sensible qui lui corw « respond, et s'élevant par la comparaison à Ta^ < ceptioD plus relevée » (i)<. Lorsque M. Woika écrivait, le Dictionnaire des Signes d» Tabbé flicard n'avait point encore paru; Fabbé Sioaid n'a en auêune connaissance de l'ouvrage é^ AL Wolke. Il est eurieux de contrer les deux ayatèmes des signes mimiques artifidela qoi ap* partiament aux deux instituteurs (a). Ceux de 11. Woike n'ont pas subi vaat grande réduction, et cependant les descriptions circonstanciées qu'ils paraissent vouloir retenir ne SQiit pas éxeBsptes de vague ni d'incertitude. On s'étonne, d'y veir ^forer des iadicaticms qui semblent appartenir an domaine de l'onie. Il est des séries eqtièns de lignes, tpls que ceux par exemple qui setit affectés à exprimer les diverses prépositions, qui présentent un caractère entièrem^it arbitraire et conventionnel. On se demande comment M. ^iblke peut ^xmcilier cette portion de son systèoae avec le principe qu'il a posé, et d'après lequel Finstîtuteur, dans la formation des signes mkniques artificiek , doit se laisser guider par son
'Il 1 ' ■ ■ f
(i) Anweiswng wie Kinder und Stumine, eic, chap. W , psges 364 et SUIT.
>(a) Foyez la note H, à la 0aite de ce Chapitre.
I>ES SOURDS-mrrS. — - FAILT. U, CHJLP. XII. ^
élève. M. Wolke s'est flatté que, si le lang^ee des signes était soumis à certaines relies, renda propre à l'expression de tontes les idées, introdnit dans les institutions et les £nmDes, fl denendrait un moyen facile de oonmmnkation entre tons les peuples (i). A l'exemple des abbés de rÉpée et Sîeard , M. WcAe a institué des signes méthodiques grarmnatiraux; mais il a dierché à les rendre plus an^rfes, i les lier plus étroitement entre eux : une seide main ouferte ou fermée, en tout ou en partie , les lui fiwmit (a). Le plus souvent, au reste, ces signes sont pour le moins aussi arbitraires que ceux des instituteurs de Paris; et M. Wo&e nous laisse ignorer qude est Fespèce 4'utililé qu'il a pu y trouver dans renseignement. L'aiphabet manuel des aM>és de rÉpée et Sicard paraît, à M. Wolke, d'une exécution trop lente. Il en a imaginé et adopté un autre, dont Femploi est en effet beaucoup plus rapide, mais qui a le grave inconvénient de ne correspondre par aucune analogie aux caractères de récriture. Les voyelles y sont ëésignéei par les articulations placées à
(i) Anweisung, etc^ chmp. Y, pag.' 3i i et suIt.; ch. IX , I»ge 546.
{%) Ibid.y chap. I*', page 10. = A la suite du chap. T , on tronre un thème de leçon de prononciations , divisé en deux échelles, Tune de 97, l'autre de 33 lettres ou syllabes, et leur application aux termes monosyUahiqnes.
8o DE l'Éducation
Torigine des doigts de la main gauche; les consonnes, par les phalanges de ces mêmes doigts; Findex de la main droite les indique , et les deux mains sont aussi occupées, ce qui est un autre inconvénient dans la pratique. Il réprouve Fap* pellation ordinaire; il suit, pour enseigner Tarticulation artificielle, des procédés analogues -à ceux qu'a décrits l'abbé de l'Épée , mais avec des applications particulières à la langue allemande (i). Il ne dédaigne point d'entrer dans les plus grands détaib sur l'enseignement de l'écriture, et sur les conditions nécessaires pour donner à ses formes la beauté dont elles sont susceptibles.
M. Wolke fait iparcher de front, et dès le début, les exercices mécaniques de l'écriture , delà prononciation artificielle , de l'alphabet labial , de l'alphabet manuel, et l'exercice de l'intelligence dans l'interprétation de la langue, en sorte que son élève apprend à la fois à lire^ à écrire, à parler, à comprendre (2). L'élève continue en même temps l'usage des signes dont il était déjà pourva; il continue à les multiplier; le dessin s'unit à -la pantomine pour peindre les valeurs de la langue.
(i) Anweisung, etc., chap. IX ^ page 38g. = M. Wolke essaie de sabsdtaer à Torthographe usitée de la langue allemande un système nouveau qui rend â récriture une fidèle conformité avec la prononciation.
(2) Ibid.^ chap. I«^, page 8.
Su DE L'jSDUCÀTIOjy
VpMvrage de M. Wplke n'offre pas , entre ses par^ie^» }es prppprtipns désirables; trop exclusivement pratique 9 il n'est cependant pas assez complet pour servir de manuel ; on y désirerait une logique pl^^ rigoureuse, des vues plus profondes; loads il ^t ripbe en vues de détail , en procédés ingiénM3|ix , et il sera consulté avec fruit par tous les institutwrs.
NoiB H, page 78.
ExmnpUs des signes mmù^pses artificieis empU^is par JK. WoJkej traduits de Pallemand.
• Une maison ie repréamte par k fonnation d'an « triangW ifleoèle , et d'un carré an * desapus , an mi- «lîeu duquel esc nn reclangle pour une porte ^ et « deux antrea de chaque côté pour deux fcpêtvea. Une « vil/e a pour signe la descriptioB de ees Maisons sur « plusieurs lignes ou mes, entourées d*un mur, avec deé « portes. Le signe du pain eonsîste à imiter raction de
• le couper et de le maoger ; le signe de viande consiste
< à pincer un muscle de la main , celui de poisson j dans « sa Ibrme et le mouvement de sa natation ; \ oiseau se re-
• présfute de la même manière, et par son vol; Vinsecte^
• par la «leacription de ses anneaux de chaque côté de la
• poitrine, et par ses six pâtes; le ver^ eq indiquant sa « manière de ramper, et montrant qu'il n a pas de pâtes.
• LecAiem se rapréseate par Vimitatioa de son aboiement; « le chat, par son miaulement ou par sa marche. douce «et circonspecte, par ses longues mouitaches, par les « griSes aiguës de ses pâtes; le fier coq y par riroitatipn
< de son chant, avec lequel il répond aux si^s eu les
• appelle au silence de la nuit ; la poule ^ par le soin in- «quiet avec lequel elle appelle, en gloussant, ses pous- « sins à un grain qu'elle vient de découvrir ; les poussins^
• par leur attention aux inouveroens de la mère , et par
• loir promptitude à accourir; le coq^dHade, par la ma-
84 DE l/ÉnUCATION
« gnificence Je sa queue déployée avec majesté , par la noirceur de ses pâtes ; Voie et le canard y par leur caquet, leur manière de barboter et de nîiger, et par la différence de leur grosseur ; le lapin, par sa manière de s'asseoir et de sauter; le taureau, par ses cornes, sa pesanteur, son mugissement; \2l vache, par son gros pis; le mouton, par sa laine , sa douceur, son bêlement; le cheval, par sa taille, sa vivacité, sa légèreté; par sa crinière et sa queue; par son aptitude à traîner des £ardeaux, à porter l'homme, ou seulement par Timitation de son hennissement
Pour le sable, le sourd-muet imite Taction d'en répandre sur son écriture ou par terre; pour la glaise ^ il feint de prendre quelque chose, de le pétrir, d*en £aire un vase comme le potier qu*il a vu ; pour ïargile, il montre comment on la prépare , et comment le maçon l étend avec la truelle sur les briques ; il indique aussi sa couleur jaune; pour la craie, il imite laction d'écrire sur la planche noire; pour le verre, il représente quelque chose de solide et de transparent; pour la pierre, il représente une masse solide, qu'il frappe avec le marteau, de manière quelle se brise en plusieurs morceaux; pour le mercure, quelque chose de blanc et de lourd, qui, en coulant, se divise en petites boulettes ; pour le métal, quelque chose de brillant et de pesant, qui se laisse étendre sous le marteau; pour le /èr, il montre comment il est rougi dans la forge à Taide du soufflet, et ensuite forgé sur Tenclume; pour le cuivre, il figure un métal rougeâtre, et comment il est martelé^et aplati : le laiton se représente de la même manière; seulement,'
DES SOUIlDS-MtJETS. PART. Il, CHAP. XII. 85
■ OU indique ([u'il csi j;i)jne;pour le p/omliXe sourfl-muet « tur le fondeur de |)lQmb ou Je balles ; pour Véfnin, il «coule quelque chose de fondu sur le feu, dans un
• moule, et le travaille, comme il l'a vu fnire au potier
■ d'étaiu; pour l'argeiU, il represenle quelque chose -de solide, de blanc, de malléable, dont on fait des
■ pièces de monnaie, et qui, par là, est (J'ime grande
■ valeur; si, dans son endroit, l'argent seul a cours, il - fait seulement comme s'il prenait quelque chose de sa
• boune et le comptait : l'or se représente comme l'ar-
• gent, «n ajoutant le signe de Jaune et la manière de le
• peser prudemment au irébuchet, comme de la plu:;
• grande valeur : pour le se/, il fait comme s'il prenait
• quelque chose de la salière, le répandait sur les mets
• et sur M langue, et en sentait les picotemena. >>
Voici queltjnes signes de V&me et de ses opérations , tels que H. Wolke les décrit :
- Uâme. Le rouet porte la main au front et au cœur.
• Uâme ett un etprît. Le signe précédent , et les signes
• de long, âe large, de profond, ou détendue et de < corps ; arec négabon.
• La raison {/a faculté d'être intelligent ou de penser).
■ Il porte l'index de la tempe au milieu du front , qu'il
• regarde comme l'origine ou le sî^e de la pensée. .
• L'intelligence (/a masse de nos idées). Le muet tire
■ du si^ de la pensée des rayons divergens , comme
■ s'il dessinait une lumière.
• Une idée. 1 1 trace un demi-cercle sur le front , avec l'index.
• L'ntpensée. Il trace un demi-cercle sur le front, cl
86 DE l'édhcatiow
« reporte doucement le bout de l'index en sens inverse, « en suivant la même figne.
< Penser. II ttaoe du milieu do front , siège de la « pensée, une spirale qui se développe ^ et en ménie n temps il tient la tdte et les yeux fixes : ariouté-t^il le « signe de négation , il exprime étr§ iaHs penser.
« R^ichir. Il tire, eomme avant, le fil de la pensée, « et, par uneapîmle concentrique, il retient ati point •• d'oii il est parti.
ft Méditer. Il tire do milieu du front des spirales ex- « centriqnea, dont la demiàre tourne autour de ébl léte.
« Pénétrer. L'index frit le signe préeédent, et slntro- « duit ensuite entre le pouce et l'index de la UMun ga»che « fermée.
« Conien^fUr. Le muet trace, avec l'iadex gauche, la « ligne de la pensée , et dirige fortement les regards sur « la rtiain droite, qui se tourne lentement pour montrer « chaque côté.
« Inventer. Le muet ferme les yeux , conduit ensuite « l'index en lignes ondoyantes sur le front, comme s'il « voulait y chercher quelque chose qui y serait appliqué; « puis il frit comme s'il le saisissait avec le pouce et « l'index; il ouvre en même temps les yeux avec un air « content
« Se soutenir, il tire du siège de la pensée une spirale « excentrique, porte la main un peu en arrière , et frit u ensuite comme s'il saisissait le signe de la pensée qu'il < a fait avant : ajoute-t-il maintenant le signe deia uè-
« gation , il exprime oublier.
« Douter. La tête et les yeux sont un instant immo-
■ Iules j puis U tête se porte sur r^paule droite et ^uche ,
■ «Moite on &it le si^e de on' et non. La t£te M peaehe «3 droite et à ganche, semblable va-x tnuavtnatsns des
• bassins d'une balanoe.
• fouioir. Le muet regarde an objet, tend la main vers
• cet objet, et fait comme s'il Toolait l'attirer vers lui.
• Désirer. Comme vouloir; seulement, on tend les
• detix mains ouvertes vers la chose, et on la tire ensuite
■ h soi , comme si on voulait se l'identifier.
■ Espérer. Le signe de désirer ; la physionomie ex-
• prime la joie et l'assurance.
• Aimer. Le muei bâise le bout de ses doigts , apjtlique
• et presse ses deux mains sur 16 cœur, et ajoute les signes
• de TOaloir, d^sirel- et efpfrsr. ■*
Les signes particuliers des prépositions, donnés par V. Wolke, consistent, comme les signes grammaticaux, dans cerUioes positions des mduvemetis des doigts de la main , dont uii Aiotivèment en ligne droite est le tfaème fondatbeirtal.
(Amvàsang Me kinder, etc., cbap. !%., pages 371 eisuJv.}