‹ De l'éducation des sourds-muets de naissance (volume 3)Chapitre 14 sur 41 · II · texte numérisé non relu

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tion y jusqu'à ce qu'elle ait été saisie sous ses différentes formes ; il décompose la phrase après l'avoir montrée dans son ensemble. C'est à l'aide des signes qu'il fournit, comme nous l'avons déjà indiqué, l'interprétation de ces premières phrases et des mots qui les composent. Il a soin de composer et de réunir des phrases qui fassent passer successivement sous les yeux tous les mots d'une même hmille , suivant l'ordre de leur génération et de leur consanguinité , de sorte qu'ils puissent s'expliquer les uns par les autres, soit à l'aide de Tanalogie de sens, soit à l'aide des étymologies. Il ne néglige point d'éclairer ces interprétations naturelles, à l'aide de la synonymie , et il fait servir ces rapprocbemens à circonscrire exactement la valeur des termes, à faire saisir les nuances qui les séparent. Ainsi l'ordre dans lequel les mots viennent s'offrir, le cadre dans lequel ils sont placés, font l'of&oe d'explications, et remplacent les définitions classiques. Après avoir séparé l'enseignement pratique de la langue, et son enseignement scientifique, M. Daniel soumet donc le premier de ces deux enseignemens à une marche progressive , dont les degrés divers sont déterminés avec soin. Deux divisions principales le composent, comme on vient de le voir. Dans la première de ces deux divisions , les propositions simples sont comme une sorte de cadre ou de moule , dans lequel viennent successivement se placer les termes d'une nomen-

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lent les diverses émotions de l'âme, il s'en sert pour faire concevoir à la fois les deux formes du vocatif dans les noms, de l'impératif dans les verbes. Des premiers rapports qui naissent dans le tableau d'une action , entre cette action et les objets, il fait sortir l'emploi du régime et la forme des cas; les mêmes rapports, plus compliqués, plus variés , le conduisent aux prépositions.

Cette série d'exercices est suivie avec rapidité. L'instituteur est avare des termes auxquels ils sont appliqués , n'en adopte que ce qui est nécessaire pour le conduire , par des exemples suffisamment clairs , à son but , qui est de mettre son élève le plus promptement possible en état de former une proposition simple, mais complète, sous toutes ses formes. Arrivé à ce point, il revient en quelque sorte sur ses pas; c^est-à-dire il parcourt une seconde fois la même échelle , mais employant une nomenclature plus abondante, des noms représentant des idées moins familières , et faisant repasser ce nouveau vocabulaire sous les mêmes formes et dans le même cadre. Il les applique d'abord à de nouveaux radicaux et à de nouveaux dérivés; il produit les expressions des qualités, sous la double forme comparée de l'adjectif et de l'adverbe , et détermine ainsi le caractère des adverbes qui expriment les circonstances d'une action ou d'un état. Il introduit les noms de nombre et , avec eux , ceux qui expriment les rapports des

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dans Tusage ordinaire, par ceux qui enseignent aux enfans leur langue materoelle : mais il le &it à dessein ; car ceux-ci ne suivent aucun plan , et ne songent pas même à justifier la confusion qu'ils introduisent. Notre auteur cherche un autre guide; il «procède comme on aurait procédé dans la formation des langue, comme les monumens nous attestent qu'ont procédé en effet les peuples, en avançant dans la civilisation.

On remarquera quelque analogie entre l'ordre adopté par M. Daniel et celui qui préside à la division de l'enseignement dans notre Institution de Paris. Mais il y a entre l'une et l'autre méthode deux différences capitales; l'une, qui consiste en ce que M. Daniel , pendant tout le cours de cette première période, repousse absolument l'emploi de toute notion grammaticalie , de toute définition théorique ; l'autre, qui résulte de ce que M. Daniel ne recourt aux signes mimiques , que pour l'interprétation des mots qui ne peuvent s'expliquer par aucun autre moyen assuré , et qu'il s'empresse dé se renfermer, dès qu'il lui est possible , dans l'interprétation des termes inconnus , à l'aide de ceux qui sont déjà connus de l'élève.

M. Daniel ne prétend point parcourir le cercle entier des mots de la langue , pendant le cours de ses deux divisions de l'enseignement usuel ; il se borne à ceux qui sont le plus ordinairement employés. Les lectures achèveront naturellement de

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l'eqiploi des termes qui ont à la fois cette double acception. Il ne peut se dissimuler que ce moàe d'interprétation ne laisse lieu à beaucoup de vague et d'incertitudes , qu'il n'expose à concevoir des idées fausses ; mais il s'excuse en faisant observer que cette marche est conforme à celle de la nature, à celle qui est suivie par les enfims ordinaires, à celle qu'ont suivie tous les peuplés dans leurs progrès en civilisation ; que, d'ailleurs, les incertitudes seront fixées, les erreurs réformées par l'expérience. Cette justification n'est pas sans doute à l'abri de toute critique ; on pourrait aussi relever, dans les détails de la méthode de M. Daniel , quelques imperfections , comme l'emploi de l'ordre alphabétique dans certaines portions de sa nomenclature; on pourrait y indiquer diverses lacunes , comme l'oubli des diverses acceptions du verbe être, le silence sur le mode infinitif des verbes, sur les temps composés, sur les substantifs abstraits , etc. : on pourrait surtout lui reprocher de tomber dans une sorte de contradiction avec les principes qu'il professe, lors* que, séparant la nomenclature, de la proposition, il retient longttemps son élève dans l'étude de la première , en lui expliquant la valeur des mots détachés; mais, en général, ses maximes et ses procédés ont un rare mérite de lucidité , de simplicité et dV)rdre logique.

M. Daniel ne donne aucun détail sur l'enseigne-

DES SOtlROS-MCFTS. PAHT. M, CIIAP. XIII, lo5

ment classique et scientifique, soit de la grammaire <ie la langue, soit des autres branches des coDnaissances , et, en effet, il n'en avait pas be^ soin; car, dans son plan , il faut supposer que cet enseignement sera donné au sourd-muet dans la même forme qu'aux enfans ordinaires, k Yaiàe de la langue usuelle , déjà connue et pratiquée de lui. U se repose beaucoup, pour compléter l'instruction de l'élève, sur un bon choix de lectures ; il provoque ia rédaction de petits livres appropriés aux besoins des élèves , gradués suivant letir avancement, et qui, placés de bonne heure dans leurs mains, les accoutumeFont à étudier par eux - mêmes , sauf cependant à invoquer le secours de l'instituteur lorsqu'ils se trouveront embarrassés, (i)

M. Daniel a exposé tes principes de son système avec darté , mais avec concision ; il y a joint de nombreux modèles d'exercices, qui font mieux comprendre encore le système / et en rendent l'application bdle.

Il espère avoir assez simplifié l'art d'instruire le sourd-muet; pour qu'il soit désormais à ta portée d'un père de famille éclairé et zélé , et d'un maître d'école capable. Car il a rapproché , autant qu'il lui était possible, ce mode d'instruction, delà mar-

[i) AUgemeinc TaabStummen und blindtn bildung, etc..

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che suivie pour les ènâms ordinaires; et les sourde muets sont dotés des mêmes facultés intell«G^ tuelles que ceux-ci. Il fait attacher à l'objet présent le mot écrit et lu , comme l'enÊmt ordinaire y attache le piot parlé et entendu; distinguer, rassembler et fixer dans sa mémoire les divenes combinaispps des caractères de l'alphabet écrit, cpnune renfant ordinaire distingue, rassemble et fixe les combinaisons du même alphabet articulé. On peut expliquer pour lui , comme pour l'en&nt ordinaire, les objets qu'on ne peut lui montrer, par des exercices convenables, d'abord à l'aide des gestes , ensuite à l'aide des mots déjà connus ; car il ne ^lut pas oublier que, même pour les enfans qui entendept et qui parlent, on £sdt, dans le commencement, un grand emploi des gestes indicateurs et des signes mimiques* Si l'enfimt ordinaire, dans son commerce habituel avec les autres hommes , détache et abstrait de lui-mâme les rapports des idées , par les réflexions que lui suggère la répétition des mêmes mots mille fois , mais fortuitement reproduits dans des circonstances variées, le sourd -muet suppléera avec avantage à ces répétitions fréquentes par ses entretiens avec son maître ; entretiens qui seront soumis à un ordre régulier et logique, (i^^

IjC sourd-muet sera donc instruit , sinon comme

(i) AUgemeine Taub-Stummen , e/c, page 49*

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M. le docteur Stéçhani ne s'est pas borné à exprimer le vœu que l'art d'instruire les sourdsmuets soit mis à la portée des pères de famille , il a exprimé formellement l'opinion que les établi»semens publics formés pour recevoir cette classe d'élèves sont un- luxe inutile, et qu'il serait mieux de laisser ces enfans dans leurs familles. Il se fonde sur ce que de semblables instituts ne peuvent donner l'éducation qu'à .un très petit nombre d'infortunés , par une sorte d'exception et de privilège, pendant que la foule de leurs compagnons de malheur reste abandonnée. H ne s'est pas borné également à chercher et à proposer les moyens de simplifier l'art; il s'est prononcé ou» vertement contre l'emploi de la parole artificielle et des signes méthodiques, contre tout l'appareil des moyens employés dans les instituts de sourdsmuets; il n'y voit qu'une vaine parade, qu'un raffinement sans objet, qu'une complication plus propre à retarder l'avancement des élèves, qu'à leur donner une instruction solide. Il reproche à la parole artificielle d'être toujours très imparfaite chez le sourd -muet, et de n'être point un moyen de communication réciproque pour celui qui ne peut entendre. Il reproche aux signes méthodiques du langage mimique d'être, en réalité, un langage très limité, défectueux; d'être restreints, dans leur usage, au commerce que les sourds- muets ont avec leur maître; il ne voit,

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dans le (féveloppement <te ce langage par les signes méthodiques, qu'une sorte de pasigraphie arbitraire. Examinant ensuite quel serait le mode Ae procéder qui lui paraît le plus conforme à la nature et le plus facile dans son application, M. le docteur Stéphant pense qu'on pourrait réduire l'art tout entier à l'enseignement de l'écriture alphabétique , ou de la langue visuelle , Jjour nous servir de son «pression , en s'aidant d'un alphabet manuel perfectionné et d'un petit nombre de signes mimiques , en apportant le plus grand soin à associer une juste signification à chaque mot de cette lan^e visuelle. Son al- [^labet manuel perfectionné consiste à désigner les cinq voyelles par les cinq doigts de la main gaacfae , et chaque consonne , en indicpiant une partie du corps dont le nom , dans notre langue usuelle , commence par la nteme consonne. Il pense qu'avec des moyens aussi simples on introduira les sourds -muets à tous les ordres de connaissances. Q recommande de graduer l'instruction proprement dite, en conduisant successivement l'élève à concevoir de petites phrases , à construire lui-même la proposition, à suivre et à répéter de petits récits, à essayer de petites compositions, et à soutenir des entretiens par demandes et par réponses, (i)

\\) royn le M^oirc de M. I« docteur StéphanL, en téic

^ e- ICMJ0U iàfoéMÈSLi j été viFement réfuté HT ^ r*5inarôrtfer. qui dirûre depuis long' -ma», pwe îMCOs. rinstitiit d^ sourds - muets -lanî t *w5aiff. par le eoaTernement bavaitnff * iTErnsiiordSpr. en recoDuaissant Tin- .«ifeiBce ies edbtissemens publics pour donner %^msa$È!aa j aras ie< soardsHiraets. dont il évalue r Muuûrv . en BsTuerv . a cent uidividus sur un -jB&m ifbabitaiis. n'en jostifie pas moins Tutiile de es institats. comme une sorte d'écoles :nminif ! ({ui donnent fexemple des bonnes mé- ÀAieSi> Il urrite d'ailleurs les cures et les maîtres /«eeiie i entreprendre T^ducation des sourdsjmttes> epors en diirers lieux, d'après les procédés cooTenus et saisis dans les etabtissemens pu- Mies 11 • ; il conTÎent que rinstmctioa du sourd* muet doit commencer par renseignement de récriture et de la lecture; il ne dissnnule pas que b prononciation du S4)urd-muet, quelques ^>iits qu on se donne pour b librmer« ne soit tou- >>ur^ très unpvâtte et très dêsa^rréable ; elle tu *.Mrut cepeodunt oon^roir constituer, pour le

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I06 DB L'iOUCA.TIOJf

che suivie pour les enfiuis ordinaires; et les sourd»» muets sont dotés des mêmes facultés intellectuelles que ceux-ci. Il £ait attacher à l'objet présent le mot écrit et lu , comme TenfiEint ordinaire y attache le mot parlé et entendu; distinguer, rassembler et fixer dans sa mémoire les diverses combinaisops des caractères de Talphabet écrit, comme Tenfant ordinaire distingue, rassemble et fixe les combinsiisons du même alphabet articulé. On peut expliquer pour lui , comme pour Fenfiint ordinaire, les objets qu'on ne peut lui montrer, par des exercices convenables, d'abord à l'aide des gestes , ensuite k l'aide des mots déjà connus ; car il ne &ut pas oublier que, même pour les enfans qui entendent et qui parlent, on £ait, dans le commencement, un grand emploi des gestes indicateurs et des signes mimiques. Si Tenfiint ordinaire, dans son commerce habituel avec les autres hommes, détache et abstrait de lui-màme les rapports des idées , par les réflexions que lui suggère la répétition des mêmes mots mille fois, mais fortuitement reproduits dans des circonstances variées, le sourd -muet suppléera avec avantage à ces répétitions fréquentes par ses entretiens avec son maître ; entretiens qui seront soumis à un ordre régulier et logique, (i^

I/e sourd-rouet sera donc instruit, sinon comme

(i) AUgemeinc Taub-Stummen , etc,^ page 49*

Ven^uit qui entend et parle est ordinairement instruit dans sa famille , au knoins comme celui-ci devrait l'être, si l'enseignement qu'on lui donne était bien entendu et 4)ien dirigé. Aussi M. Daniel a-t-il appliqué sa méthode d'instruction aux enfans qui entendent et qui parlent, et, en les conduisant sur les traces des sourds- muets, il leur rend un véritable service; il leur procure une connaissance bien plus rapide et plus exacte de leur langue. Ainsi, cet estimable auteur a provoqué et préparé ainsi le perfectionnement de cette première partie de l'éducation, qui est ordinairement abandonnée au hasard. Il a appliqué également sa méthode à l'éducation des aveugles de naissance. Mais cette application , qui lui mérite aussi la reconnaissance des amis de l'humanité , sort des limites du sujet qui nous occupe.

Le mode de procéder indiqué par M. le professeur Daniel , a déjà été adopté avec succès dans plusieurs établisseraens , comme aussi par divers instituteurs de sourds- muets qui donnent des leçons particulières, (i)

(1) Ce respectable pasteur a bien voulu m'apprendre , dans une lettre qu'il m'a écrite dernièrement , qu'il n'a pu appliquer lui-même sa méthode qu'à un seul sourd-muet de sept ans qui se trouva dans son village ; mais qu'il l'applique à des enfans entendant et parlant y auxquels elle convient également.

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IfO DE L'toUCATION

M. le docteur Stéphani a été vivement réfoté par M. d'Ernsdorffer , qui dirige depuis longtemps, avec succès, llnstitut de sourds -> muets établi à Freysing, par le gouvernement bavarois (i). M. d'Emsdorffer, en reconnaissant Finsuffisance des établissemens publics pour donner l'éducation à tous les sourds-muets, dont il évalue le n&mbre , en Bavière , à cent individus sur un million d'habitans, n'en justifie pas moins Futilité de ces instituts, comme une sorte d'écoles normales qui donnent l'exemple des bonnes méthodes. Il invite d'ailleurs les Curés et les maîtres d'école à entreprendre Féducation des sourdsmuets, épars en divers lieux, d'après les procédés convenus et suivis dans les établissemens publics (a) ; il convient que l'instruction du sourdmuet doit commencer par Fenseignement de l'écriture et de la lecture; il ne dissimule pas que la prononciation du sourd -muet, quelques soins qu'on se donne pour la former, ne soit toujours très imparËKte et très désagréable; elle lui paraît cependant pouvoir constituer, pour le

du s* Yolnme du recueil intitulé Baierisch schftffrmmdt pour Tannée i8i5.

(i) Beleuchtung eines aufsutzes der D, Stéphanie uher dit einfachste und naturlichste weise Taub-Stummen zu untet' richten, Munich, 1818.

(a) Beleuchtung eines aufsatzes , etc,, pages 14 , 44*

i>ES sooBm-wnETs. — faut, ii, ctiap. xiu, ii i soiird-miiet, une véritable langue, une langue qui est la mère de récriture, qui se lie étroitement à œlle-ci- C'est par mie semblable alliance, rendoe aussi étroite qu'il est possible, que l'art d'instniire les sourds-muets atteint, suivant lui, au véritable but (i ). Il lire de la prononciation artificielle un moyen de communication réciproque, en montrant k son élève à lire sur les lèvres d' autrui: il estime que l'effort nécessaire pour produire cette parole mécanique rend les impres- «ODS plus vives, les fait pénétrer plus profondément dans le sens intime; qu'elles en deviennent ainsi plus durables (a). Il reconnaît encore toute rimperfectioo des signes minriques créés par le sourd-muet coifime son propre ouvrage ; mais il voit, dans ces premiers signes, quoique à peine ébaucbés , ud véritable langage naturel , nn langage pittoresque ou figuratif : il y voit le moyen indispensable auquel le maître est fotx^é de recourir pour interpréter les mots de nos langues, et poar aire distinguer k~ son élève les propriétés caractéristiques des t^ses. Bien loin' de rejeter ce langage inspiré par la nature, il veut que l'instituteur le rectifie, l'enrichisse, lui donne enfin une forme régulière , des lois grammaticales , une syntaxe, afin de l'adapter à nos langues,

(i) BeUuchtung eines aufsaaes, etc., pogcaS. ',») Ibid., [kife 14.

lia DE l'^dcation

auxquelles' il doit correspondre, pour les interpréter en les traduisant. Il reconnaît encore que les signes mimiques, dans cette transfoi*mation , prennent un caractère artificiel et conventionnel ; mais il n'en est pas moins convaincu que leur secours est nécessaire pour donner l'intelligence de la langue , en mettant sous le sens les notions qu'elle est destinée à exprimer, (i)

L'écriture et l'alphabet manuel ne sont , aux yeux de M. d'Ernsdorffer , que des sjrstèmes de signes médiats, destinés seulement à indiquer les signes élémentaire^ et correspondans d'une autre langue. (2)

On voit que le directeur de l'institut de Freysing a fondé le plan de son ènseigneiÀent sur la combinaison de la lecture et de l'écriture; d'un côté, avec le système des signes artificiels et métfiodiques; de l'autre, avec celui de la parole mécanique, accompagnée de l'alphabet labial, c'est-à-dire qu'il s'est proposé de mettre en harmonie tous les procédés connus dans les diverses écoles.* Il emploie aussi l'alphabet manuel usité à Paris et à Vienne. Il s'applique essentiellement à faire en sorte que ses élèves attachent à chaque mot le sens précis qui lui appartient ; il explique en conséquence

(i) Beleuchtung einesaufsatzes, etc., page 26. (a) Ibid., page 34.

DES SOOBDS-JIUETS. PART. II , CHAP, Xllt. Il3

les mots en présentant les objets, en imitant leur forme, leur usage, généralement par 1q concours de tous les moyens qui constituent la véritable intuition. Il enseigne la grammaire à l'aide des tableaux. Il construit une sorte de propositions dans lesquelles se reproduisent tour à tour toutes les formes de la tangue, emploie successivement les exemples, les questions, et fait parcourir ainsi à son élève, dans une suite d'exei'cices méthodiques, l'application des lois grammaticales (i). Il associe enfin à l'enseignement de la langue celui des connaissances positives les plus utiles. Il prépare aussi ses élèves à des travaux industriels.

M. d'Ernsdorifer a publié encore divers morceaux détachés sur l'instruction des sourds-muets, qui ont servi de programmes aux examens publics dont l'institut de Freysing a été le théâtre pendant une longue suite d'années, (a)

La suppression des instituts où les sourds-muets reçoivent un enseignement commun est encore le but que s'est proposé M. Gpafer (3) , en présentant

( I ) Beleuehtung etnes ai^iàtzes, etc. , pages 37 et »uiv.

,3' Samltmg Kleiner tfkriften ûher Taub-Slummen , etc. Munich.

(î) L« <ii»MTl»tion de M. Grafer, conseiller de l'enieignem«nl è Bareolh, a élu produite à l'Académie royale des Stietice» de Hunîcli. On en IrouTC l'analyse dans l'Hesperus ' Aanéc i8i4> "' '79)'

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