‹ De l'éducation des sourds-muets de naissance (volume 3)Chapitre 19 sur 41 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

Travaux récens, en Angleterre , aux États-Unis, MM. Watson^ Arrowsmithy Hogety Thornton y Akerly^ etc., etc.

C'est à M. Braitwood que rAngleterre est redevable d'avoir vii se ranimer dans son sein Tétude d'un art qu'y avaient créé les Bulwer, les Dalgorno, les Wallis, les Holder, et qui, après eux, était demeuré si long-temps dans l'oubli. M. Braitwood commença à s'occuper , dans la ville d'Edimbourg, de l'instruction des sourds-muets, et transporta ensuite, en lySS, son école au bourg d'Hacney, près de Londres (i). Neveu et digne successeur de cet homme de bien , M. Watson ne s'est pas borné à exercer ce bienfaisant ministère ; il a, dans un ouvrage théorique et pratique tout ensemble, répandu sur l'art les lumières d'une saine philosophie; il nous a fait partager les fruits de sa longue expérience, et connaître le bel établîsse-

(1) Instruction ofthe deqfund Dumb, or a theoretical and praticalviefv, etc. Londres, 1809, Introduction, page xxiij. = M. Braitwood est mort en 1796.

(7) C'est l'ouvrage cité ci- dessus.

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ment dont la direction est depuis trente ans confiée à ses soins, aux portes de la capitale de l'Angleterre. C'est dans des notions justes sur la nature, les propriétés du langage, et sur les fonctions des sens relativement aux acquisitions de Tintelligence (i), qu'il a pris son premier point de vue pour fixer les principe^ de l'art. C'est ensuite dans les observations faites sur le sourd-muet, dans l'étude de ses dispositions , de sa capacité relative , qu'il a cherché les indications propres à aider la marche de Finstituteur (2). H a pris cet infortuné au berceau ; il a comparé sa situation à celle de l'enfant ordinaire, pendant le cours du premier âge ; il a observé comment le premier se trouve condamné à une: sorte d'inaction intellectuelle, pendant que le second puise , sans le soupçonner, des élémens d'instruction dans les rapports continuels avec tout ce qui l'entoure ; il a vu s'élever ainsi entre eux une di£Férence toujours croissante* M. Watson s'empare du jeune sourd-muet à Vàgt de neuf ans ; il lui donne ses soins pendant cinq autres années. Son plan d'enseiij[nement réunit et met en accord la plupart des instnimens de communication adoptés dans les divers systèmes. L'écriture et la lecture occupent le premier rang;

(i) Instruction qfthe deqfund Dumh, etc. , pages 40, 44 » 48, 49.

(2) Md., pages 73, 82.

DFS SOL'HDS-MPETS. PABT. M , CHAP. XVI. iGq

L'alpbahet labial et fa prononciutioii artificielle se pn^ilent de front pour imiter les services de la paroJe; l'alphabet manuel lie encore ces deux ordres de signes à ceux de l'écriture: les signes mimiqnes H les estampes accompagnent ces divers appareils d'iDstnimens matériels, comme des moyens d'interprétation servant à faciliter l'explication des mots , et à seconder leur alliance avec les idées. De la sorte, chaque mot se trouve, par un quadruple lien, soumis à la puissance de la mémoire; quatre voies sont ouvertes pour arriver à sa connaissance. M. Watson estime, d'après son expérience , que cette multiplicité de ressorts , sans entrainer aucune ciunplication embarrassante pour l'élève, peut donner au contraire plus d'énergie à ses souvenirs, un plus grand essor à son intelligence, (i)

H. Wation a bit commencer ensemble l'alphabet labial, l'articulation artificielle, la lecture et l'écriture; il les hix marcher constamment d'accord, s'appuyant les uns sur les autres. C'est dans une étude approfondie du mécanisme de la parole ,

(t) Cette ob(«rvation, aiiuî qne pliuînin de celle* tpi composent le rétnmé qu'on vn lire , lont puisées dans de» lettres de H. Watson Im-méme, qne je dois k sa parfailc oUigeaDce, et dans lesquelles il a bien Tonin me donner de préocuts eipUcations; je m'empresse de lui en cxpri in<T ici toute nu reconnaissance.

I^O DE LjiDUC\TIOir

qu'il a puisé les moyens d'assigner à la formatioiide chaque lettre les conditions qui lui sont propres. Pour enseigner au sourd-muet comm«[it il doil remplir ces conditions diverses, M. Watsoa se ocNiteiile de lui £ûre observer comment elles se sont aooom* plies par ceux qui déjà sont doués de la parole. L'élève remarque du regard tous les mouvouMPs, toutes les positions de l'organe vocal qui se mtnîfestent au-dehors ; il applique son doigt sur les mas> clés qui sont mis en action , pour en sentir le jeu; il s'efforce ensuite de les imiter (i). Cette première partie du procédé est entièrement . individuelle j l'instituteur ne pouvant s'occuper que d'un seul élève à la fois. Mais, dès que chaque commençant a surmonté les premières difficultés, qu'il a appris k former les sons élémentaires, simples et composés, l'enseignement devient collectif et simultané. Les élèves sont alors distribués en classes de six, huit ou dix , pour apprendre les mots du vocabulaire. A la tête de chaque classe est placé un moniteur sourd-muet, élève aussi, mais plus exercé, qui en montrant le mot écrit et désignant son objet, prononce ce même mot avec force. Toute la classe répète à la fois ce qu'elle a vu faire , et chaque élève , en articulant de bouche le même mot, Fécrit aussi sur son ardoise.

(i) Imsirucdon o/ dm deqf amd Dmmb, etc., psgn &> ^t 1 1 et suiv.

«ES SOlrBDS-MPETS. PART. II, CHAP. XV|. fjl

Mtiii les élèves de l'instituteur anglais apprennent à lire sur les lèvres d'autrui, en même lempig qu'à articuler, et c'est même l'un de ces deux ans qui les conduit à l'autre. Aussi acquièrent-ils une habileté surprenante dans la pratique du premier. Ils forment ainsi des entretiens et établissent des dialogues, soit entre eux, soit avec leurs maîtres. M. Watson ne pense pas que l'apprentissage de l'articulation artificielle retarde aucuoemeatia marche de l'enseignement général; la simultanéité des exercices procure cet avantage, qu'on n'est pas contraint de consommer à ciAvi de la parole ud temps spécialement réservé. Les détails des procédés suivis par M. Watson soDt déterminés par la prononciation particulière de la langue anglaise. Les singularités de cette prononciation, dans ses rapports avec Fordiograpbe , offrent de grandes et nombreuses difficultés , dont les élèves triomphent cependant sans beaucoup d'efforts.

Les élèves de M. Watson ne prennent connaissance des caractères imprimés, que dans la quatrième année; nons ignorons pour quel motif.

Les deux instrumens d'interprétation , les signes mimiques et les estampes, prêtent à la fois, dès l'origine, leur assistance à l'institnleur anglais, pour suppléer à la présence des objets qu'il veut oammer ; mais de ces deux instrumens , le premier a reçu de M. Watson des limites beaucoup plu^

DE LÉDUCiLTIOSr

étroites que dans Tlnstitut de Paris; le second y a reçu, au contraire, un développement beaucoup plus étendu que celui qui est généralement admis dans la plupart des instituts de ce genre.

M. Watson a observé et recueilli avec soin les signes mimiques du sourd-muet, tels que celui-d se les est créés à lui-même, pour établir une première communication entre le maître et Télève. Dè3 le début de son enseignement , il y cherche une introduction , un passage nécessaire pour arriver à l'interprétation de mots qui appartiennent aux deux langages, l'un écrit, l'autre articulé, mais il n'approuve point qu'on étende l'usage d'un tel genre de signes au-delà de ces exercices préparatoires ; il rejette toute élaboration du langage mimique exécutée par l'instituteur , qui aurait pour but d'en faire un langage artificiel semblable à nos langues analytiques et régulières. La création et l'emploi des signes méthodiques ne seraient, à ses yeux , qu'une vaine fatigue , et l'objet auquel on voudrait les employer serait illusoire ; a car quelle (c nécessité , dit-il , d'aller péniblement donner cette a forme savante à l'idiome impar£adt et barbare du « sourd-muet, pour venir ensuite le traduire en a nos langues , lorsque nous pouvons directement « enseigner ces langues elles-mêmes en présence i( des objets , au milieu des circonstances et des « occasions qui leur servent naturellement d'in- (( terprètes?»

DES SODHOS-MUFTS. — PâRT. Il, CIIAP. XVI. I 7'i

Eu méditant les ouvrages des abbés de l'Épée et Sîcard . l'instituteur anglais n*a point adopté cette portion de leur système (i). Nous regrettons que tors du voyage fait par l'abbé Sicard, en Angleterre, avec Massieu et Clerc, dans l'année i8i5, on n'ait point songé à établir un parallèle régulier et approfondi entre les résultats obtenus par les voies diverses qui sont propres aux établissemens de Paris et de I-ondres.

On doit savoir beaucoup de gré à M. Watson d'avoir composé, pour l'usage spécial du sourdmuet , lui recueil d'estampes destinées à replacer sous ses yeux les images des objets dont on lui apprend à connaître les noms; car les cotlections de ce genre qui ont été exécutées pour les enfans ordinaires, outre qu'elles sont en général assez iraparCaites, ne sont point disposées de manière k satisiùre aux besoins particuliers de nos élèves'. AL Watson en a composé un volume entier, qui Ëiit passer successivement en revue les diverses fonctions ou professions de Vhomme dans l'état de société, les alimens, tes membres du corps, les instrumens des métiers, les animaux, les plantes, les productions de l'art, les habitations, les phénomènes de la nature , les instnunens de musique, les armes.

(i) Iiutmction oft/te deaf and Dumb, etc.. Introduction. page suÎT.^ Qf eommunicating n Knowledge of tangaage M Ae naturaty dttf and Damit , plg«S 63 , 83 , etc.

1^4 ^E LEDUCàTION

en ne prenant dans diaque classe, cependant, qu'on petit nombre d'objets, ceux qu'on suppote lea jim familiers. Ces images suppléent à la pantomime, et donnent une idée plus certaine et plus prédae de la valeur des mots. L'estimable auteur eut renda ce travail encore plus utile, s'il l'eût assujetti à on ordre plus méthodique, si leur succession était mieux en rapport avec le développement des idées de rélève ; si , au lieu de se borner à employer œs estampes pour seconder l'interprétation des mots substantifs , il eut aussi combiné son frito , de manière à les faire servir pour connaître la valeur des adjectifs, des verbes, des pi*épositions, des adverbes par des rapprochemens ou des contraâtes ménagés à propos.

Le vocabulaire des noms substantif , phoé k la suite de l'ouvrage de M. Watson , est divisé également en un certain nombre de classes, sur un plan à peu près semblable, où les parties du corps, les infirmités, les alimens, les remèdes, les vétemens, les étoffes, etc., occupent le premier rang. Ce vocabulaire a le mérite d'être généralement conçu dans un système d'analogie, d'être restreint à nne juste sobriété, et de ne contenir qu'un dioix de noms bien entendus. Cependant nous désirerions aussi une progression plus logique dans les classes qui le composent. Nous désirerions encore, dans chaque classe, une distribution mieux entendue, où rien ne fût abandonné au hasard , où l'esprit

TtFS SOCBDS-MtrBTJ. PART. Il , CIIAP. XVI. 1 -J 5

put apercevoir plus nettement les rapports qui exisleot entre les mots d'une nième famille.

I^ sèle infatigable de l'instituteur anglais a fait présent aussi à ses élèves d'un recueil de vocabuhircs pour chacune des parties de l'ornison, et. dans chacune, d'un choix de termes à l'usage des commençans h). Ici l'auteur a cru devoir suivre l'ordre alphabétique : son motif se fonde sur le désir de suivre une marche naturelle. En partageant le principe, nous ne saurions adopter la conséquence. L'ordre alphabétique, purement foi'tutt, n'a aucun fondement dans la nature : la voie que la nature invoque est celle de l'analogie.

Ge principe nous paraît plus justement appliqué par fauteur, lorsqu'il se propose d'assimiler l'iDStmction du sonrd-muet, dans l'intelligence de la langue, k celle que reçoit l'enfont ordinaire dans l'éducation maternelle. C'est par le témoignage des eiemples, qu'il iàit concevoir la vafenr des vefi>es auiibaîres, des pronoms et des modes des verbes qu'il explique (a) : c'est dans quelques propositions très simples, qu'il montre la syutaxe en application, faisant connaître, avec la signification de chaque terme, les rapports qui les unis* sent entre eux, accoutumant ses élèves à dianger

(i) Â teUctÙM </ verb* and adjeetivcs, etc.ljmAT^», i8a6. (a) liutruction g/" tke deaf and Dumh, etc., pages 99 rt loB.

DE L'éDUGA.TI01l

i«iai chacun des membres de la phrase, mi fusqu^à ce qiiUls parviennent à composer ^ eui-mémes un discours semblable, (i)

Dès que l'élève est en état de concevoir et de former ainsi une proposition entière, époque que M. Watson a la sagesse d'accélérer autant qu'il est en son pouvoir, l'instituteur se hâte d'employer ce nouvel instrument pour l'instruction du sourdmuet par une suite de dialogues, dans lesquels le msdtre d'abord, l'élève ensuite, jouent tour à tour le rôle d'interrogateur. C'est dans ces dialogues, comme dans une suite de cadres, que Tinstituteur fait successivement entrer tous les termes qui composent sa nomenclature, appelant Tobjet lui-même, ou son dessin , ou son signe mimique, pour rendre compte de la valeur du nouveau mot introduit dans la langue. Cette marche se répète sur les adjectifs et les verbes, (t)

U n'est pas permis de douter que M. Watson ne soit essentiellement redevable de ses succès à cet enseignement animé, où la langue se montre dans l'expression d'un tableau entier, et où l'élève est sans cesse appelé à jouer un rôle actif.

Dans ses entretiens avec son élève, l'habile îd-

(i) Instruction of the deqf and Dumb, etc, pages loo

et lOI.

(2) Ibid,, pages 104 et io5.

lïES SOOBOS-MUFTS. PART, tl, CH4P. XVI. \-jn

stituteur se rattache à cette analogie, aux entretiens par forme de dialogues succèdent les exercices de lecture, et M. Watson n'a rien négligé non plus pour mettre le sourd - muet en état de profiler, le plus promptement possible, d'un moyen aussi pr^ieux d'instruction, 11 a composé, dans ce dessein , un choix de lectures proportionnées » la capacité du sourd -muet qui commence (i) : ce sont des phrases détachées, réduites d'abord À la plus extrême simplicité, qui se développent et se corapliquent progressivement. Lé cboix, cependant, ne pourrait-il pas être mieux conçu? rnibrasse-t-ii les connaissances élémentaires les plus utiJes .'* Les défiDitions grammaticales que ce petit livre renferme sont -elles nécessaires au sourd-muet? sont-elles propres, dans le commei^ cernent surtout , à captiver son attention ? ne irouve-t-on pas, dès les premières pages, des propositions trop complexes, des notions d'un abord trop difficile? la gradation des difficultés est-elle convenablement observée ?

Dés que l'élève est en état de construire une phrase , il doit fournir, chaque jour, à son instituteur, quelques lignes de sa composition ; on lui laisse le choix du sujet, ou le corrige, et, le len-

(i ) ^ Jini retuiing bookfor Dettf and Dian6 ehUdrtn Uarning ihe ragLth laiigueige. Londres, 1836.

1^8 DE l'j^ucation

demain , on lui fait répéter ce qui a été oorrigé la veille, (i)

En même temps que M. Watson enseigne la langue à ses élèves, il applique à rinstrodion positive l'instrument dont il les met en possession : les leçons de religion, de morale, d'histoire, de géographie, forment le sujet de leurs dialogues, n saisit la première occasion qui se présente naturellement pour faire connaître aux souidsmuets les notions du juste et de l'injuste , appliquées aux actions humaines , du mérite et du démérite, pour les conduire par là à cdles d'une récompense et d'une punition au-delà du tombeau; pour les élever à la pensée d'une intelligence suprême, de ses perfections , et des rapports qu'il est permis à la créature humaine d'entretenir avec son Créateur. (2)

M. Watson a trouvé un grand avantage à employer des moniteurs sourds-muets comme auxiliaires ; les élèves les plus avancés sont distribués en classes de vingt ou trente; tous y sont à la fois en action : ils se portent à l'étude avec ardeur, et se montrent avides de succès. (3)

(1) Instruction qf the Deqf and Dumby page 1 1.

(2) Ibid, , pages 1 a4 et suiv.

(3) M. 'Watson , auquel j^avais demandé quelques renseignemens sur TouTrage de Bulwer {voyez ci-devant, a' Chapitre de cette Partie , tome P', page 33o), n'en connatt^

DES SOlTRIIS-BfUBTS. — PART. II, CHAP, XVI. l^g

(Test dans les principes de M. Watson qu'a été rédigé Farlide sur les Sourds - Muets que nous trociyoDs dans le Supplément de l'Encyclopédie d!Édimbourg (i) : cet article, d'un petit nombre. de pages , est im véritable traité élémentaire sur kl théorie et la pratique de fart, aussi remarqu^Ie par la méthode et la clarté , que par l'esprit philosophique qui Ta dicté* Son auteur est M. le docteur Roget, membre de la Société royale. Quoiqu'il n'approuve point le système des signes méthodiques , il n'en rend pas moins à la mémoire de J'abbé de l'Épée le plus éclatant hommage. Il combat les préjugés trop généralement admis à regard des sourds -muets, et réfute les exagérations de l'abbé Sicard sur l'incapacité dont il les supposait atteints avant qu'ils aient participé aux bienfaits de l'éducation. U reconnaît en eux des (acuités qui n'attendent, pour être excitées , qu'un éveil convenable ; une sensibilité qui peut être développée comme celle des autres enfans; des affections qui demandent à prendre leur cours , et qui peuvent être mises heureusement à

comme nous, que le titre, et n'a pu le découvrir pour le consulter. J*ai reçu la mtee réponse de M. Orpen, secrétaire de la Société de Dublin.

(3) Supplément to the fourth andfirth édition of Ûie Encjrflopœdia britannica, Edimbourg, 1819, TOl. UI, 2* Partie, P*ge 467.

i8o DE i/Aducatiok

profit pour le succès de Tinstructioii elle -même. aussi recommande-t-il aux instituteurs de ^atbh cher, avant tout, à obtenir TafFection de leurs élèves, à pénétrer dans des jeunes cœurs àpd&e entr'ouverts encore; il recommande également d'éviter tout ce qui pourrait les décourager ob les blesser, en leur faisant sentir leur inCéiiorité; il blâme Tabbé Sicard d'avoir fait, sous ce rapport , aux jeunes sourds - muets , des révélatioiis indiscrètes, (i)

On ne peut mieux fixer le terme auquel doit tendre l'art d'instruire les sourds -muets, que ne l'a fait M. Roget , ni caractériser plus exactement ce qui constitue son essence.

Il est le seul qui, dans le nombre des instmmens mécaniques de communication , ait fait entrer une espèce d'écriture aérienne, c'est-à-dire des lettres tracées en l'air avec le doigt, ou du moins qui ait donné à l'emploi de cet instrument une attention spéciale. Pour s'adresser, par un semblable moyen, à une personne placée en face, celui qui parle devrait écrire à rebours ; mais on évitera cet inconvénient en se plaçant devant une glace ou derrière la personne dont on veut se faire entendre, et prolongeant le bras en avant d'elle, (a)

(i) Voyez l'art. Deqf and Dumb , dans le Supplëmeat de rEncyclopédic d*Édiinbonrg, page /i7i.

(2) Ibid.y page 473.

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