‹ De l'éducation des sourds-muets de naissance (volume 3)Chapitre 21 sur 41 · II. i · texte numérisé non relu

II. i

194 ^£ l'iéduga.tiok

dans notre institution de Paris ; et ce qu'il y a de fort remarquable, c'est que cette anal<^ie ne tombe pas seulement sur les expressions de quelques idées familières et sensibles , comme boire j dormir, manger, etc. , mais sur celles de quelques idées d'un ordre relevé comme vérité, mensonge ^ hon, joli, etc. (i). M. Akerly a publié aussi une suite d'exercices élémentaires à l'usage des sourds-mnels, qui renferme la pratique de l'art telle qu'il Texeroe dans l'Institut de New- York, dont la direction est confiée à ses soins. (%)

La création des Instituts de sourds-muets dans quelques villes des États-Unis , les démardies &ite$ pour leur procurer des souscripteurs, les assemblées où se réunissent les bienfaiteurs de ces établissemens, ont donné lieu à diverses circulaires, à des adresses , à des discours, à des rapports imprimés ensuite, qui ont répandu dans les États-Unis la connaissance des principes sur lesquels l'art se fonde , du but qu'il se propose et des moyens qu'il emploie (3). Dans le nombre de ces ouvrages, nous

(1) Voir la note K, à la suite de ce Chapitre.

(2) Elénientary exercices for the Dettf und Dmmb, tic, New-York , 1832 , in-8".

(3) ^ Discourse pronounced bjr request qf the Society for the Deafand Dumbp in New-York ; by Samuel L. MitchiU. New-York, 1818 , etc., etc. = Sermon an the openingqf Af Connectkut azjlum, etc.; by Rev. Th. W. Gallaudet. ff^rntford , 1817, etc., etc.

DES SOUBDS-MDETS. PART. II, CHA.P. XVI. Iq5

remarquons avec une satisfaction qui pourrait être une sorte de légitime orgueil , celui que M. Clerc a~ oonaposé pour l'Institut qu'il dirige d'une manière » honorable- (i)

La littérature américaine a donné le jour k un genre de production dont nous n'avions point encore Vexemple dans celle de la vieille Europe ; c'est un poëme sur les sourds-muets , dont l'auteur est M. Mossey Scott, (a)

(i) Li traduction de ce discours b ét4 imprimés «s ftan- «sis. Geitèvt et Paris, 1818. (a) Ntw-York. i8ao.

li)l> DE l'ÉDUCATIOV

Note I, page 189.

tùvtifitpù éhme personne sowrde'muette et iweugh dans rtmsiUut royal de sourds^muets de Paris.

Nous avons , à Tlnstitut royal , une demoudle Curl intéressante , mademoiselle Morisseau , qui a le malheiir kVèire à la fois sourde-muette et aveugle. Elle est devenue sourde, et par conséquent muette aussi, dès Tige le plus tendre; mais elle n'est devenue aveugle qu*i Fige de treize ans. On avait déjà pu commencer à lui enseigner à écrire, à lire et à connaître la valear de quelques mots, quand elle a été frappée de cécité; mais alors son éducation a été négligée pendant quelque temps; elle a oublié à peu près ce quelle savait. Plus tard, Massieu devint son maître : elle se rappela en partie les connaissances qui s'étaient effacées de sa mémoire, en acquit de nouvelles, en partie à l'aide de caractères imprimés en relief, tels qu'on les emploie dans l'Institut royal des jeunes aveugles , en partie à l'aide d'entretiens qui ont eu lieu avec elle par les signes mimiques et à l'aide du tact. Elle exprime sa pensée par des signes; en plaçant la main dans sa main, on lui fût sentir lesfimnes de l'alphabet manuel. Son instruction religieuse a reçu un assez grand développement et a exercé sur sa destinée la plus heureuse influence. Depuis qu'elle a fait sa première communion , la sérénité et même la joie règne ordinairement sur sa physionomie; elle dit elle-même qu'elle est heureuse > et un jour qu'une de nos institutrices lui en demandait la cause : «< Je pense à Dieu , ré- « pondit-elle; il est si bon ! » L'image de l'immortalité

DES SOCRDS-MTJETS. — PART. Il, CHAP. XVI. ig-y

future occupe sa pensée, sourit à son cœur. Elle est d'un caractère facile, doux, communicatif. Fort curieuse d'ailleurs , elle entretient un commerce assidu avec ses compagnes; elle ne s*ennuie point : dernièrement, on rinvitait à s'aller coucher; elle s'étonna que Theure en fat déjà venue : le temps passe si vite! dit-elle. Cette infortunée est un monument vivant de la puissance des sentîmens moraux et religieux sur la destinée de Vhomrae. Nous aimerions à décrire ici avec détail ce phénomène, qui mérite presque d exciter une sorte d'admiration. Ce motif du moins nous servira d'excuse, pour nous être arrêté un instant sur un sujet étranger au cadre de notre travail

Note J, page igo.

Notice sur DaJgamOy auteur du Didasgalogophus.

Nous ne connaissions point l'existence de l'ouvrage de Dalgarno sur l'art d'instruire les sourds-muets , nous ne l'avions vu cité nulle part, lorsque nous avons découvert, dans le curieux mémoire de M. Dugald Stewart, des détails du plus haut intérêt sur cet écrivain. Nous croyons donc devoir réparer ici l'omission involontaire que nous avons commise dans le deuxième chapitre de cette Partie, où il eût dû trouver son rang, et nous ne croyons pas pouvoir mieux faire que de rapporter textuellement ce qu'en dit le respectable philosophe écossais.

« Après avoir ainsi payé le tribut de mon sincère respect aux travaux éclairés d'un célèbre étranger, je me sens appelé à saisir l'occasion qui se présente à moi pour

198 1)K LEDUC ATIOir

arracher à Voiibli le nom d'un auteur écossais dont le mérite a échappé à ses contemporains et à ses successeurs. Celui dont je yeux parler est Geoiigo Dttlgamo, qui , il 7 a plus de cent trente ans, fut conduit par m sagacité à adopter à priori ^ sur Téducation des la raâme conséquence générale dont la dëcoa^erle opé* rimentaie et Vheureuse application ont, de notre MapSf jeté un éclat si mérité sur le nom de Sicard. J*.ai d^à fnt mention de Dalgamo dans une note ajoutée à la philo* Sophie de Tesprit humain , comme auteur d*an traité très ingénieux intitulé jirs Signorum, ce fui fiiit croire incontestablement qu'il fut le précurseur de Tévéque Wilkins dans les spéculations conçues par ce dernier à regard d'un caractère réel et d'un langage philosophique; il me paraît maintenant également clair, d'après une connaissance plus étendue des fragmens abrégés qu'il a laissés après lui, que s'il n'a pas tracé la route aux essais du docteur Wallis pour enseigner aux mnets à parler, il a conçu des vues qui, se rapporomt aux moyens de les instruire, sont beaucoup plus profondes et plus étendues qu'aucune de celles que nous rencontrons dans les ouvrages de ce savant écrivain, antérieurs à la date des publications de Dalgamo. le me dispense de m'étendre sur wt& droits dans ces deux eiem» pies; mais je ne peux pas renoncer au plaisir de transcrire quelques paragraphes pour justifier ce que j'ai d^ avancé , par rapport à la coïncidence remarquable qui existe entre quelques unes de ses déductions théoriques et les résultats pratiques de l'académicien français»»

« Je conçois (ce sont les paroles de Dalgamo) qoa « d'heureuses instructions puissent être données à un

DES SOURDS-MUETS. PART. Il, CHAP. XVI. igc)

> muet, même au berceau, lorsqu'il commence risu cog' m noscere matrem , si la mère ou la nourrice a une main

> aussi agile qu'elles ont communément une langue : par « exemple, je ne doute pas que les mots main, pied, « chien y chat y chapeau j etc. y bien écrits et souvent pré- « sentes aux yeux de Tenfant muet, et montrant du « doigt les mots et les choses, etifice "versa y comme len- « fant aveugle les entend prononcer, ne puissent être « connus et retenus par l'un aussi bien que par 1 autre ; « et comme je crois les yeux aussi ck)ciles que Toneille , « je ne vois aucune raison pour ne pas rendre la main « aussi traitable que la langue, et amener la première à

< former des lettres, sinon bien nettes, du moins lisi- « blés, comme la seconde imite les sons articulés et « l'écho qui les répète.

« Les difficultés pour apprendre à lire sont si grandes « dans un plan ordinaire, qu'on s étonne justement corn- « ment Ventant parvient à les vaincre Uenfiint sourd*

< muet, sous la direction de sa mère, passe avec sécurité « sur tous ces écueils. La distinction des lettres., leurs " noms, leur pouvoir, leur ordre, les mots divisés en « syllabes, leurs combinaisons; ajoutez à cela le ton et

< Taccent,* aucune de ces subtilités embarrassantes ne

« met obstacle à ses progrès Il est vrai qu'après être

« sorti de la discipline de la nourrice, et lorsqu'il arrive « a apprendre grammaticalement, il est obligé d'étudier « les lettres écrites par leurs formes , leur nombre et « leur ordre , etc. , etc. »

< Le même auteur remarque ailleurs, ajoute M. Dugald Stewart , que l'âme peut exercer son pouvoir par le ministère de chacun des organes; et cependar» les-

aoo DE l'éducatioit

qu'elle est privée de ses premiers secrétaires, la rue e% l'ouïe^ elle est obligée de se contenter du seiirice de lei laquais et de ses derniers domestiques , les autres leDs qui ne sont pas moins yrais et fidèles à leur mahmse que la yue et Fouie , mais pas aussi prompts dans leurs fonctions.

« Je n ajouterai plus qu'une autre citation , par laqndle mes lecteurs seront capables de voir, sans aucun cobmentaire de ma part, avec quelle sagacité et quel socoès ce philosophe original a anticipé sur les condiisîoiis expérimentales les plus subtiles d*un siècle plus édairé. »

« Mon dessein , dit Dalgarno , n'est pas de jdonner un « système méthodique des r^les grammaticales, mais « seulement des instructions générales par lesquelles un « précepteur industrieux peut amener son élève sourd i « Fusage vulgaire et irt d'une langue; qu'il puiiie être « ainsi plus capable de recevoir l'instruction dans le « ^f' iri des règles de la grammaire, lorsque son inge- « ment est assez mûr pour cette étude. Ou , plus elaiie- « ment , mon intention est de tracer la route pour ensei- « gner à un homme sourd à lire et à écrire , se rappro- < chant autant que possible de la manière dont les enfiios « apprennent à parler et à comprendre leur langue ma- « ternelle. >

« En poursuivant cette idée générale, il a traité, dans un chapitre très concis, d'un dictionnaire à Fusage Jtmt homme sourd; et dans un autre, d'une grammaire pour* des personnes sourdes; toutes les deux contiennent (avec le désagrément d'un style pédantesque et affecté), un choix de vues précieuses, dont, si je ne me trompe, on peut tirer des lumières utiles et praticables, non

seukm^nt pour ceux qui entreprennent L'instruction duo Milrhell ou d'un Massieu, mais pour tous ceux qui t'occupent de l'éducation des enfans pendant le premier pt-riode de leur âge,

• L'ouvrage dont ces citations sont eitraites est un très petit volume intitulé Didascalocophus , ou le PrécepUur du Saurd'Mtut, imprimé à the Tkeater in Oxford^ en 1680. Comme je n'ai jamais rencontré la moindre mention de cet écrit dans aucun auteur postérieur, j'en ignorais complètement l'existence, lorsqu'un exemplaire acheté dans une boutique ambulante, à Londres , me fut envoyé il y ^ quelques années.

• L'obscurité dans laquelle vivait Dalgarno et l'oubli complet dans lequel son nom est tombé, oe sont pas peu surprenuis, quand on considère qu'il nomme au nombre de ses ania; John Wilkins, évèque de Gbester; Seth Ward, évAgae de Sarum, et John Wallia, processeur d'astronomie i Oxford. Il est eticore plus surprenant (ju'il n'y ait aucune notice sur lui dans les ouvrages de Willûot lû dans ceux de Wallîs ; tous les deux ont dA puiser des tecours très imporians dans ses spéculations, (i)

• Les indications de Dalgarno coocemant l'éducation

lO Le oom de J}a^>mo(oDi)A|f«rut, comme on l'écrit qndque- (m) n'est pu Ixnit-l-iait inconna (ur le contioeot. Son An signanm est cilé parLeibnîd dini pluaieun occasioDS. et aussi par Foatenclledaiw md éloge deLeibniU- Ses idées conceniant l'éducation de* moets paraissent n'avoir attiré Bacnne ai^tre notice, ka vérité «et qu'elle* étaient trop subtile* et trop lumineuses (Hur Cm iostenent appréciée* «u siècle où il écrivait.

î20a HE l'Éducation

(les muets ne furent pas entièrement inutiles à Wallis, ce qui sera aisément constaté par ceux qui prendront la peine de comparer sa lettre à M. Beverly ( publiée diihuit ans après le traité de Dalgamo), ayee son IVvctatus de Loquela^ publié en i653. Dans cette lettre, on trouve plusieurs remarques précieuses sur la méthoda de conduire le muet à la signification des mots; etoependant le nom de Dalgamo n'est pas prononcé une fris à son correspondant.

« J*ai désiré de rendre justice, même à la distance d'un siècle, à la mémoire d'un homme mgénïeaxj né* gligé par ses contemporains , et déjà exposé à être oublié totalement par la postérité. Pour ceux que la curiosité porterait à étudier son ouvrage, roriginalîté de ses conceptions et l'application évidente qui peut se dire de plusieurs de ses principes dans les cas particuliars qne nous avons sous les yeux, forment par elles-mêmes me apologie suffisante. »

Les Êiits dont on vient de lire l'exposé dcHTont oocnper désormais un rôle essentiel dans l'histoire de l'art. Je me félicite d*être redevable d'une découverte aussi importante et aussi curieuse à un illustre et respectable ami , envers lequel j'ai déjà contracté tant d'obligations, soii pour les lumières que j ai puisées dans ses ouvrages , soit pour les témoignages d'affection que j'ai reçus de lui.

DES SOrUDS-MUFTS. PART, Il , c'haP. XVI, îo3

NoT« K, pag9 \gA-

ComparedKtn des signes mimiques des sauvages du nordtmest de FÂmérique, avecceuxdes sourds-muets.

Ce paralltle peut offrir bus observations du philosophe un sujel aussi neuf ijue curieux ; on aimera peutêtre à en trouver ici quelques élémens. M. Akerly a comparé les si^es des sauvages à ceux qui sont employés ilans rinstiiut des sourds-mueis delVew-York, d'après les exemple* de l'abbé Sicard, Nous les comparerons in, I*. à ceux que les sourds-muets inventent euxmêmes et apportent à teurentréedans notreinstitution ; 3*. tDX signefl anificïels ou méthodiques obtenus par la réduction, qnï sont employés dans notre Institution. Ponr abréger, noas désignerons ceux des sauvages américains par la lettre A ; ceux qui sont propres aux sourdsmuets par S.-M. ; ceux de réduction par B.

Pierre. (A.) — La main droite fermée donne plusieurs petiu coups BUT la ganrhe.

(S.-M.) Deux signes differens. — ■ Le premier signé se r^it en représentant la rondeur d'une boute : on figure un cercle avec les deux mains ouvertes, et un feint de lu lancer en l'air. Deuxième signe : Imiter l'action de celui qui taille des pierres, et superposer alternativement les deux mains l'one sur le revers de l'autre , pour imiter l'action de bltir.

(R.) — Comme le signe des sauvages.

Eau. (A.) — La main formée en creux , élevée vers la boacbe, passe un peu en avant, sans toucher la bouche.

(S^M.) — re^ei chap. IV, p. loi.

:io4 i>£ l'éducatior

(R.) — Signe de pluie et de boire.

Ches^al. (A.) — La main droite , le bras tourné en bas, les doigts joints, le pouce en repos, s*éteml en avant

(S.-M.) — Voyej» chap. IV, p. loo.

(R.) — Voyez chap. IV, p. i la , n^ i. Feu. (A.) -^ Les deux mains à moitié fermées se portent près de la poitrine, ensuite s*éloignent et se rapprochent Tune de Tautre. Les doigts s*étendent,et les mains, un peu plus séparées, font un mouvement comme pour imiter la crainte de la flamme.

(S.-M.) — Ils imitent les mouvemens d'une personne qui met un genou en terre pour se chauffer; ils avancent la main, puis la retirent promptement en secouant les doigts , comme s*ils ressentaient une brûlure.

(R.) — Signe de rouge; puis les deux mains rapprochées , les doigts courbés en haut , se lèvent et s'abaissent Tune après l'autre, en agitant les doigts, pour imiter la mobilité de la flamme.

Air. (A.) — - La main droite levée perpendiculairement et portée en avant, avec un mouvement de vibration , en passant devant la figure.

(S.-M.) — Agiter Tair devant la bouche en respirant fortement.

(R.) -~ La main droite étendue verticalement, le revers en dehors, imite le mouvement d'un éventail dennt la bouche qui souffle.

Froid. (A.) (Sensation de firoid.) — Le signe d*air; mais la main droite fiermée , tenue vis-à-vis de Tépaule en imitant un tremblement.

(S.-M.) — Voyez chap. IV, p. ii4, n» a.

DES SOURDS-MUETS. PART. II, CHAP. XVI. ao^

^.^.^ /^«schap. iv, p. 114) n** i-

PnMtemp$. (A.) — Le signe de froid ^ auquel on lyoïite celui d*4Khêvé. {F'oir ci-après.)

(S.-M.) — - N'a pas été reoeanu chez eux.

(R.) — La main droite , les doigts réunis par leur extrémité, sort plusieurs fois entre le pouce et les autres doigts de la maîi^ gauche» en s'ouvrant pour indiquer la "végétation.

Large , grand. (A.) «^ Les deux mains ouvertes , pla« cées de chaque côte du corps, font ta mo9T«ment en ayant.

(S.-M .) — * Les ^eux mains pkcées en avant de chaque càîé du corps s*écarteDt par un mouvement subit.

(R.) — Idem.

P^oir. (A.) -^ L'index partant de l'œil se dirige vers l'objet.

(S.-M.) — Idem,

(R.) — Idem.

Clair. (A). — Les mains élevées et étendues s'avancent toutes deux en partant du visage.

(S.-M.) — Ouvrir à la fois les deux mains et les deux yeux.

(R.) — f^ojrez Partie II, chap. IX, p. 58a.

Dormir ou nuà* (A.) — Les jeux fermés, la tète inclinée sur la main. (Le signe se répète autisint de fois qu'on veut marquer de nuits.)

(S.-M.) — Idem pour dormir, et pour mtà, voyez chap. IV, p. io6.

(R). — Les doigu écartés , courbés et dirigés vers le haut de la figure , descendent en se réunissant par leur

ao6 DE L ÉDUCATION

extrémité ; les yeux se ferment et la tête se laisse tonber en avant. Pour nuit, voyez chap. IV, p. ii3, n* i.

Lune. (A.) — Le pouce et le doigt formant im crochet , sont élevés vers Toreille.

(S.-M.) — f^oyez chap. IV, p. 1 13, n<^ a et 3.

(R.) — Fojrez chap. id»^ p. id.^ n* i.

Mois. (A.) -— Signe de la lunaison.

(S.-M.) — Un de ces élèves porte Vindex collé avec le pouce au col de sa chemise , pour maïqaer qaon en change le dimanche; puis il compte autant de dimanches qu'un mo;s en contient.

(R«) -*- Le pouce de la main droite panourt, de haut en bas, la longueur de la main étendue pour figurer un calendrier.

Achevé, fait. (A.) — Les deux uuûns parallèles Vane à Fautre, perpendiculairement dans le sens de leur largeur, la droite en avant, imitent l'action de couper quelque chose.

(S.-M.) — Ideni.

(R.) — Idem.

Maison , loge. (A.) — Les deux mains se touchent, les doigts en haut , en figurant un toit.

(S.-M.) — Voyez chap. IV, p. 102.

(R.) — Ck>mme le signe des sauvages.

Homme. (A.) — Le doigt levé verticalement.

(S.-IML) — Signe de grande auquel certains d'entre eux ajoutent celui de barbe.

(R.)-^ Voyez chap. IV, p. ii4i n® i.

Mort. (A.) •*- L'index se jette de la position perpendiculaire dans la position horizontale, vers la terre, le revers de la main en bas.

1>ES SOURDS-MUliTS, PART. II, CHAP. XVI. 107

(S.-M.) — Ils laiséent tomber leurs bras ; la^ tête se penche sar l*épaule droite, les yeux à demi femiél restent HDBiobile^ « et b bouche est entrouverte.

(H.^ — La main droite ^en desœudant , trace une croix en avant du corps.

Frère. (A.) — Signe d'AoïMoa^/idacar ensuite dans la bouche le bout de Vindex et du:médius ensemble.

(S.-)IO -^ Les deux index |oînls Ymb é l'autre^ (R.^) — Le précédent, accompagné du stgtie de mas^ cu/in. .1

Crainte , être effraye^ causer de TeffroL (A.) — ^^Les deux mains tournée;s vers les côtes. les 4oi£ts ouverts, se tournent ensuite en dehors en tremblant, comme pour représenter le cœur qui tremble.

(S.-M.) — Ils tournent la tête du côté gauche, et tressaillent comme s'ils apercevaient un animal dangereux; la physionomie achève le reste.

(K.) — Les mains tremblent, ainsi que le reste du corps. Si Von veut exprimer causer de reffroi, on i^oute le signe de cause, en jetant la main fermée en avant, et l'ouvrant.

Bon. (A.) — La main , placée horizontalement , le revers en dehors, décrit avec le bras une courbe horixontale extérieurement.

(S.-M.) — La main étendue s'applique sur la bouche , puis s*en éloigne.

(R). — Idem.

JolL (A.) — Signe de bon ; les doigts et le pouce , se réunissant en forme de courbe , passent sur la tigure, en la touchant presque depuis le front jusqu'au menton.

Page 1