‹ De l'éducation des sourds-muets de naissance (volume 3)Chapitre 28 sur 41 · II · texte numérisé non relu

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en ce moment, qu environ 170 élèves sourd»» muets ; ce n'est pas le dixième de ceux qui mraient besoin , en Prusse , de recevoir le bienfiût de l'éducation, (i)

On compte , dans le Hanovre , environ 1000 sourds-muets , et le gouvernement de ce royaume s'occupe de leur ouvrir une maison d'éduotion : un pasteur iirotestant paraît, en attendant, s'être seul occupa, jusqu'à ce jour, dans une provinoei à élever ces infortunés ; mais nous n'avons aacuoe information sur son établissement : il en est de même de celui qui existe à Wildebaden, dans la principauté d'Oldenbourg.

M. Pfingsten, dont nous avons indiqué les écrits, après être venu étudier, à Paris, la médiode de l'abbé de l'Épée, revint fonder, en 1787, àLubeck, et ensuite, en 1791 , à Hamberge, village de Vé* véché de Lubeck, un établissement qui parait avoir été trop peu secondé , et qui a été , huit ans plus tard , transporté à Kiel.

Heinicke avait réuni un certain nombre desourdsmuets à Appendorff , près de Hamboiuig, et fit sur eux Tessai de sa méthode ; mais cet établissement cessa d'exister, lorsque son auteur vint organiser

(i) Voyez y sur ces divers élablissemens, le Jahhècihtr des preussischen Volks-Schulwesens, i8a5, vol. III, a* sccl., art. XII ; et, pour le règlement de l'Institut de Berlin, if même recueil , art.'xiv.

DES SODB M-HOSTS. PABT.JI, CHAP, XIX. 3o7

' celui (le f^ipsick : le sénat de Hambourg pense à le L ressusciter, eu lui donnant la solidité convenable. Le célèbre Institut de Groningue fut ouvert, en ijrjo, avec treize élèves; il en compte i58 en oe iDonicnt. M. Guyot le père, qui Ta fondé et l'a dirigé pendant plus de vingt ans , y porta les méthodes de l'abbé de l'Épée , qu'il était venu étU(Uer â Paris ; il les a modîQéea et perfectionnées, secondé par ses fits : dix professeurs y assisteol le directeur dans les soins de l'enseignetnent Cet étâblissemeut, doté en partie aux frais de l'Etat, a été visité plusieurs fois par les princfe de la maison d'Orange, a obtenu de justes témoignages de leur bienveillance, et jouit de la protection spéciale de S. M. la reine des Pays-Bas. Plusieurs tostituteurs distingués se sont déjà formés k cette école véritablement normale (i). L'un d'eux a été appelé pour diriger, à Gand, l'école fondée par M. le chanoine Triest. Le gouvernement parait avoir l'intention de multiplier ce genre d'établissetoeat dans diverses provinces. En itiao, une société de souscripteurs en a formé un autre à Liège. M. le professeur Porepliu, qui

^ 1 ) On p«nl coamiur «nr ce bel éublÎMemfut , ouirc l'oavragc de MH. Gmjot , Snckrijviiig V4ut Aet iatlituat, etc.. In compm annoellenient publié*, et <iui «n mUestent le* prapèi. ( ftrliigeM, tic.) i". Btrigten van î'Gromùger iuitiruut van 1790; qf, ï*. tVeUca van Ârl ùuliùiiit, etc. 1817.

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y dirige l'enseignement , avait commencé cet ëtiblissement par ses seuls efForts, et ses succès ont excité le zèle des hommes généreux qui sont venus le seconder, (i)

La destinée des sourds-muets a inspiré la même sollicitude à M. Wauters, ecclésiastique, qui leur consacre , à Berghen , tous les loisirs que lui laissent les fonctions de son ministère , et les instruit par une méthode qui lui est propre, (a)

Le gouvernement danois, après avoir appelé, à Kiel , M. le professeur Pfingsten , pour j ouvrir lAe école de sourds-muets, a transféré, plus tard, à Schlçswig, cet établissement, qu'il envircmne d'une protection particulière , et qui est spéd^iement destiné aux provinces allemandes de la monarchie; on y a réuni la grande imprimerie stéréotype de la société de la même ville : il est en ce moment sous la direction de MBL Spier et Adier. Il en existe un également dans la capitale, qui renferme déjà 86 élèves , et tend à s'agrandir encore. Il a le bonheur de compter au nombre de ses administrateurs , Tun des philanthropes les plus zélés et les plus éclairés, M. Abrahamson.

(i) yojrez le Procès-verbal imprimé de PAuewMe det Souscripteurs. Liège, ï992.::z Woyez anssi Revae eneydf^ pédique. Octobre i8a3, page 438.

(a) Revue encyclopédique . Décembre 1 816 , page 1 19* = Voyez ci-devant, chap. XY, page i65.

DES SOURBS-M0£TS. PART. II, GHAP. XIX. 3o9

L'un des instituteurs , M. Schon , a voyagé aux fnÔB eu gouTeraenient danois, pour visiter les pnodpauz Instituts de ce genre en Europe, (i)

Llnstitut royal de Stockholm compte epviron 4o élèves; il a été formé sw le modèle de celui de Paris. Le conseil d'administration de cet établissement est présidé par S. M. la reine ellemême.

S. M. Fimpératrice Marie Ibeodorov^na a pris également sous sa protection spéciale llnstitut des sourds^muets , formé dèpuis^ quelque temps à Saint-Pétersbourg; elle prend une part entière et directe à ses opérations, par une protection aussi éclairée que généreuse. Il renferme en ce moment 6i élèves. Cet Institut, fondé en 1806, fut d'abord dirigé par le professeur Siegmond , qui avait étudié à Vienne le système de l'abbé de l'Épée. £n 1810, S. M. Fimpératrice appela de Paris, pour y présider à Venseignement , M. JaufFret , qui y porta les procédés de l'abbé Sicard. M. Krilow, d*abord adjoint de M. Jauffret, l'a remplacé à sa mort, (a)

Tous les établissemens qui existent dans les iles Britanniques sont fondés et entretenus par des sociétés de souscripteurs. U en est ainsi, comme on sait, dans ce pays, de presque toutes les in-

( I ) Ervue encjrclopédique. Octobre 1 8a5 , page 207 ; août iBsS, page 584 ; octobre i8a6, page aaS, etc. i'ï) INd. Octobre i8a5, page (il 1.

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stitutions de bienfaisance publique. L'art cTinstruire les sourds-muets en retire trois avantages notables : i**. le devoir de justifier les intentioDS des sociétaires ; le désir de les conserver et dVa accroître le nombre , entretient rémulatioo des instituteurs ; a"*, le concours des sociétaires, leurs assemblées, répandent dans le public un généreux intérêt pour la destinée des sourds -muet^, et h connaissance des moyens employés pour les instruire; 3*". enfin, les rapports annuelIemeDr publiés apportent des éîémens à rhistoire de Tart. Nous avons sous les yeux la collection de presque tous les rapports, et c'est avec un sentiment prt>fond que nous rendons grâces ici, au nom des sourds-muets, à ces nombreuses réunions de bienfaiteurs.

L'Institut situé aux portes de Londres, fondé en 179^9 par M. Watson, e^t le plus considérable de tous ceux qui existent jusqu'à ce jour, corome il est aussi le plus ricbe (1); il renferme en ce moment i3o élèves. Le comité qui surveilie son administration est présidé par S. A. R. le duc de Glocester (a). L'abbé Sicard , pendant son séjour en Angleterre, en 181 5, visita ce bel établissc-

(1) Sa recetle en iSaS ne s'est pas élevée à moins de iâi,5o8 liv. sterl.

(2) An histoncal sketch of the purj}oses , progrrss, and présent State of thc Azytum, etc. Londres i8a4; ibid,, l825.

DtS SOliBDS-MliETS. FAUT. Il, CHAP. XIX. 3ll

ment; U lui paya ensuite, par des lettres publiées dans le temps , et malgré la différence dos . mé- Ikodes, UB juste tribut d'éloges, (i)

L'Institut général formé à Ëdgbaston , près de Birmingham, 9 été, jusqu'en i8si6, dirigé par M. Braitwood, avecrassistance de M. Birgham. A cette époque, le comité di^eant a appelé, de Suisse , II. du Puget, élève de Pestalozzi, qui n'a point encore étudié l'art 1 mais dont les talens donnent de grandes espérances (1). Le comité a pris en même temps une délibération pour adopter désormais, dans cet établissement, le système des signes méthodiques, tel qu'il était pratiqué par l'abbé Sicard. Il a pensé que «si la nature <c a enseigné elle-même ce langage aux sourds- « muets, s'il les rend capables de concevoir des « idées justes, la voie la plus efficace et la plus « prompte, pour leur instruction, est de cultiver a et d'étendre la langue naturelle qui doit lui sercr vir de base; il a pensé qu'on doit d'abord en- 'i soigner au sourd -muet les choses, ensuite les .' mots; qu'il doit s'exercer à penser exactement, «( avant que de charger sa mémoire des signes ar- « tificiels de la pensée. » (3)

(1) yét a Meeùng cf.the commitee, etc. Juin la, iSaS. (a) Heports of the gênerai institution,., at Ëdgbaston. 11 y une suite de quatorze rapports annuels, de 1812 à 182G C^^ Fourteenth rcfXirt^eic. i8?6,pagc4»

'ill DE l'éducation

L'Institut de Manchester a été fondé en i824f et ouvert en i8a5, avec un nombre de i4 élèves, qui s'est bientôt élevé à a3. Dix-huit mois après, ces élèves avaient déjà fait des progrès qui excitaient Tadmiration. La durée des études est de cinq ans. Le zélé directeur, M. Yaughan, mit la méthode des abbés de TÉpée et Sicard ; il enseigne aussi la parole artificielle ; plusieurs de ses âèves prononcent des mots d'une manière très intelligible, (i)

 peu près à la même époque, IL Coumer a réuni, dans une école d'externes, les sourdsmuets , à Liverpool , dans le même comté. A sa naissance , vingt enfans y ont été admis. Le généreux fondateur s'est proposé de laisser les enfuis sourds-muets sous l'influence des liens de fiuBuIle; il a pris pour modèle l'excellent établissement formé à Claremond , près de Dublin. On voit avec surprise que déjà huit enfans ont été retirés, par leurs parens, comme suffisamment instruits. Le professeur de cette école, M. John ÂnderMO, autrefois directeur de l'Institut de Glasoow, a créé, dit-on I un mode d'enseignement particulier, approprié aux vues du fondateur ; il a inventé diverses machines ingénieuses dont le jeu fiMâlite, à ce qu'on assure, le succès de l'instructioB , et

( I ) ^ojrrz la Rame encyclopédique. Juillet l8a6| fÊffè a(a.

DES SOIfADS-MUETS. PART. II, GHAP. XIX. 3l5

qui amuseiit les écoliers, en leur rendant plus ao ceariMes les notions préliminaires.

L'Institut d'Edimbourg a été fondé en 1810; il renferme en ce moment 67 élèves : M. Rinnborg^ le dirige avec un zèle auquel on donne de constans éloges. La méthode qu'il emploie est une combinaison de celle de Tabbé Sicard et de celle de M. Watson, mais dans laquelle celle-ci obtient easen^ifellement la prééminence. L'éducation morale des sourds lonuets est, dans cet Institut, l'objet d'une soUidtnde toute particulière. Les rapports annuels renferment des spécimen des travaux des élèves, eg^emple qui mérite d'être recommandé, (i)

Llnstitut de Paisley a été fondé en 1817; celui de Glascow en 1819 : ils sont conçus d'après le modèle du précédent , et emploient les mêmes procédés, mais sont un peu moins nombreux, (a)

Llnstitut national d'Irlande formé à Claremond, près de Dublin, fondé en 1816, fleurit par les soins de M. Orpen (3), secrétaire, et de M. Ham-

( I ) Reports of the institution for the éducation of Deaf nnd Dumb, etc. Edimbourg, iSiSâ i8a6.

(a) Prospectus of the Paidey sodetj^ etc. 1817. = Reports of the Paisley sodety, 1819 à i8a6. = GUucow Deaf and Dmmb institution Report. 1820 à 1826.

(3) M. Orpen nous a procuré, avec reropretsement le pins obligeant, non seulement tous les documens qui oonccrncnl CCI établissement , mais en même temps de précieuses notices »ur les écrits publiés en Anglelcrrc et en Amérique sur l'art

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phreys, professeur : il compte en ce nioineiil environ 5o élèves. Le mode d'instruction réunit le système des signes méthodiques aux procédés de l'articulation artificielle. L'enseignement est appliqué , avec beaucoup de succès , aux diverses branches de l'instruction. Une utile et ingénieuse attention mérite d'être signalée : dans chaque salle on a suspendu des tableaux représentant fous les objets qui peuvent être mis sous les yeux, avec les noms correspondans ; en sorte que les élèves peuvent continuer à s'instruire en Tabsence des maîtres, et même en jouant. Indépendamment de la société de Dublin, il s'est organisé aussi des sociétés auxiliaires dans les principales villes d'Irlande, à Cork, Belfast, Nawry, etc. (i)

T^a première institution qui a pris naissance dans les Etats-Unis, est Vasytum du Connecticut, établi à Hartfort. Cette création est due au révérend Th. W. Gallandet, qui est venu en Europe tout exprès pour étudier, dans l'Institut de Paris, les méthodes qui y sont en usage (a) ; il a ramené avec lui Tuii

<i'iiislruirc les sourdt-maets. Nous lui en exprimont ici nolnn'roniiaissancc. L*Instîtut de Paris espère entretenir avcr rrlui (le Dublin des relations suivies et fractuenset.

(i ) yht invtwtigation in to tho primy^eSf trumagetmem mmH i%:inet, rrr. Dublin iSiS. .-=: He/jorts <^ thc maihmai insniufion , 1817a I Hiii.

^*i) PrthMfH'cius nj the Conmeciicut ,4zylum^ eêc* Uarlfoii, iS|- - / SvrmoH ut iht opt'ntng , cit.; by Rct. TIi. W.

DES SOURnS-MUETS. — - PART. Il, GHAP. XIX. 3l5

loséièyes, M.€lerc, de Lyon, sourd-muet (i); t fort distingué, et qui dirige l'enseignement, se nouveau tfiéâtre, arec le plus grand succès: lèves environ y reçoivent ses leçons. Les lé* iteurs du Yennont , duNewhampshire, du Mas> lussets , ont voulu unir leurs dons à ceux du iDectîcut^ en fiaveur de cette école , qui e^t déjà gie par l'Etat d'un tenritoire eonsidérable. (a) i'ÎBStîtutîoii de New-York a suivi de près la préenta; M. le "^docteur Samuel Akerly la dirige; Looborow, principal professeur, est assisté, s renseignement, par miss Stamfbûry (3); elle tient en ce moment environ 60 élèves; elle gaiement adopté les méthodes de celle de is. Une loi, portée par la législature de VÉtat New -York, le 16 avril i8aa, assigne les ds pour l'entretien de 32 élèves indigens aux

landet. Hanfort^ 1817. = An Adress by M, Laurent c , ctc, Ibîd. , 1818.= ^ Discours at the dedication, etc. 1. , 1821

i) J*ai eu avec M. Clerc de fréquentes et loogues confcces • pendant qu'il était eocore auprès de nous, et j*ai pu irrcier dès-lors tout le mérite dont il donne aujourd'hui jireuTes. C'est avec le sentiment d'une profonde affccque j'applaudis à ses succès.

2) Reports €)f the American asylum , etc. 1817 à 182 5. Vj Address of the Directom , rtc, 1821. =: Address delid at ff^ashinf^ton. Hall, etr , 1826.

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frais, de l'État (i). Une association de dames a voulu seconder les efforts du sénat; elle entretient , par ses souscriptions, un certain nombre de sourdes-muettes indigentes dans cette école (a) : il M sorti déjà de cette école 96 sujets utiles , rendus à la société. (3)

M. David G. Seixas avait déjà établi à ses finte, une école à Philadelphie , où il réunissait i a soordsr muets, lorsque, le la avril i8ao, une assemblée, présidée par M. le docteur W. Wichte, évéque de cette ville , proposa de Tériger en institution aux frais de l'État. Le 8 février suivant la lègidatore de la Pensylvanie remplit ce vœu. Bientôt 44^ souscripteurs s'associèrent aussi à cette création. L'établissement renferme déjà 90 élèves ; 5o sont entretenus, pour trois années seulement, par TÉtat de la Pensylvanie et par celi^ de New-Tork (4)* M. David G. Seixas s'est transporté dans œ second

(i) A la suite de la loi du 16 avril , on trauwe les ^9«»rnen de quelques compositions de sourds-maets de cet Institut.

(a) Âddress and Constitution of the Nea^Tork female Association ta aid in giwng support and ùtstUmtùm to ihe infligent Deqf and Dumb. New-York ( sans date).

(3) Annual reports, etc. Ibid., de 1819 à i8a6. =: Eieviu encyclopt'dique. Juin 182a, page 619.

(4) Account of the origin and progress of the Pensykaman Institution, etc, Pliiladelpliie, i8ai. = Reports, etc. De i8ia a 1826. = Revue encyclopédique. Juillet i8ai , page aoo.

DBS SOUBDS-JCOFTS. — PART. II, CHÂP. XIX. 3l7

État pour ea* fonder une semblable. M. Weld l'a remplacé à Philadelphie.

M. Clinton IfitchiU, qui enseignait à New-York comme adjoint de M. Lôoborow, a été appelé, en i8a49 dans le Kentucky, pour y diriger une nouvelle école , qui reçoit déjà 36 élèves. M. William Reid, sorti de la même institution , a ouvert une autre école à Canajofaarie. La législature de là Virginie a voté, en 1826, une semblable création. Enfin f on annonce que , dans le territoire de Michigan , au détroit , les sourds - muets vont reicevoir aussi l'instruction par les soins d'un pvétre catholique , M. Richard. Toutes ces écoles paraissent suivre, comme celle de Hartfort, les méthodes importées de llnstitut de Paris.

On est frappé de voir tout ce que les Etats-Unis ont pu fonder en si peu d'années pour l'éducation des sourds-muets; encore y a-t-il peut-être, dans cette portion de rAmérique , des institutions que nous ne connaissons pas, telles que celles qu'on dit exister dans la Caroline du lïord et dans l'Ohio. Le nombre connu des sourds-muets, est, dans l'État de New- York , d'environ 65o , un sur 1 85o habitans ; et, dans la Pensylvanie, de 5oo, im sur aooo.

L'Amérique du Sud parait au contraire à peu prés exempte de ce genre d'infirmité. Dans toute la république de Buenos- Ayres , on ne connaît qu'un seul individu qui en soit atteint.

La France est le seul État de l'Europe où les

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lois se soient occupées de Féducatioii des sourdsmuets (i). Une sorte de monument a été élevé k la mémoire de l'abbé de l'Épée, par la loi des a i- 29 juillet 17919 laquelle a placé son nom aa nng des bienfaiteurs de Thumanité (a). La même loi a élevé les deux écoles de Paris et de. Bordeaux, «1 rang d'établissemens nationaux : d'autres ont organisé ces deux établissemens, leur ont aflGscté d« locaux , assigné des dotations , ont pourvu à leurs besoins enfin (3) ; celle du i* décembre 1798 (11 frimaire an vn ) a rangé cette dépense su nombre de celles qui sont à la charge de VElat.

L'Institut royal de Paris, le seul établissement dont les bienfaits s'étendent sur la France entière,

(i) Nous avons tu que la législation des ËUU-Unis en a fait également un objet de ses sollicitudes.

(1) M. Neumann reproche à la France de n'aToir élevé aucun monument à la mémoire de l'abbé de l'Épée. {Die Taub-Stummen-ansiali zu Peuis.) Cet hommage rendu an nom du prince et de la nation ne vaut-il pas m marbre?

(3) Celles des 08 septembre, la octobre 1791; 10 septembre 1793; 39 juin 1793; i3 février, a4 msn, i8)Wii i794 (26 pluviôse, 8 germinal et 3o prairial an n); 5, i4 j*"' vier^ 25 octobre, 14 décembre 1795 (16, a5 nÎTOseaiini; 3 brumaire et si3 frimaire an iv) ; 25 septembre 1796 (3 vendémiaire an v) , et 26 février 1798 (8 ventôse an vi). Mais* dans ce grand nombre de lois , on en cherche vainement une qui ait étendu sa sollicitude aux besoins de la multitude de» sourds-muets répandus sur toute la surface du rovanmf .

DES SOITRDS-MUfiTS. — PAJIT. II, CUAP. XIX. 3l9

se difîse en quatre Jbranches : un pensionqat pour les garçons, un pensionnat pour les filles, e^deux écoles (Texlernes : il est en ce moment squs k direction de M. Tabbé Périer. Cet institut, le plus considérable de tous ceux qui existent, a loo pensionnaires cntr^enw par i'fiftat, 4o eii* tretsi^us^n» irais des famiUes ou des départemens^ et près de tif> externes def^deux sexes, (i)

X/école rojale de Bordmux,.'foiidée par M. 4e Cicé, et quelque teipps dirigée jpar l'abbé Sicard, fleurit, sons la direction de M. Quilhe : elle a 60 exlemesb ^

Trois congrégations religieuses de femmes s'occupent^en France, de l'instruction des sourds^muets. — [■■■ii^-iii II.» — - -

(1) Soas U directioo de M. Tabbé Pério-, renseignement est donné aux garçons par quatre instituteurs parlant , MM. Paulmler, Eirière, Edouard Morel et Richard; par deux instituteurs sourds - muets , MM. Bcrthier et Lenoir, auxquels sont a^Qofints MM. Gazan et Duhamel; et aux filles, par quatre institutrices , mesdemoiselles Elisabetli Salmon ^ Ferment , Rarbter et OctaiTie Morel. Ifous aimoas k rappeler ici ou à faire coonaitre les noms des personnes qui remplissent ces fondionj àuu notre Institut, avec autant de zèle que de talent : beaucoup |rop peu rémunérées de leurs services , à raison de la situation économique de l'établissement , elles ont droit du moins à une récompense plus élevée et phu digne de ces mêmes senrices , celle de l'estime publique ; et BOUS aimons à la réclamer pour elles , en professant ici les icatimens que nous leio* portons , et notre juste reconnaissance.

Sao I>£ L'éDUCAtlOK

Celle du Bon-Sauveur, fondée par M. fabbé Jamet, est essentiellement consacrée à cette bonne œuvre , et dirige la maison de Caen , où oe re^»eD> table ecclésiastique a appliqué sa méthode. Douze religieuses sont en état de donner des leçons. M. l'abbé Jamet est cependant encore à It tite de l'enseignement , secondé par M. Chuqnet, îeone ecclésiastique qui marche sur les traces de sod digne modèle. L'école renferme 60 élèves des deux sexes, tous à peu près pensionnaires intenwsL C'est en 18 16 que M. l'abbé Jamet a déboié dus cette honorable carrière , en donnant llulniction à deux jeunes sourdes-muettes.

Les Sœurs de la Sagesse conduisent maintenant, k

la Chartreuse d'Âuray, près de cette ville, le pensionnat qui fut fondé, il y a environ yingtans, par mademoiselle Duler, sous les auspices, (fapiisles invitations , et avec l'appui de M. de Beausset , alors évéque de Vannes, et de M. le général Jollien, préfet du Morbihan ; elles y comptent environ 4o élèves ; elles suivent la méthode de Tabbé Sîcard. Mademoiselle Blouin , élève de l'abbé de l'Épée, la seule de ses élèves, si nous ne tKnu trompons, qui enseigne encore aujourd'hui, a fondé, dès 1780, et dirige aujourd'hui encore, avec le zèle le plus infatigable, l'établissement d'Angers, qui compte environ 3a élèves. Pour perpétuer Touvrage auquel elle a dévoué»sa vie, elle a formé aussi une association religieuse de dames, réunies

DES SOUADS-ICDSTS.—- PART. Il, CHAP. XIX. 3lll

ezduflfwaeDt dans ce bat, et;fmrmi les^udles on compte tivns sourdes-muettes élevées par seà soins. Bbdemoisdle Houîn est restée scrupiileusement fidièfetà la^méâiode de son illustre maître.

Mademoiselle Dukr (i),i. laquelle on était déjà redevable de la créati<Ai de ia «maison d'Aimiy , en a.ibnné une nouvelle à Aviraa; en 1817, avec la protection de MM. Mâdouet et Siméon , successif vement préfists du xlépartemeM^u Pas-de<^ais: 3i élèves des^lwx jBezes y reçoivent d'elle le bienfiut de rînstrueticm. Cette école ^ comme les trois fH^écédentes, re^ît quelques subventions du dé^ partement. Les villes d'Arras, de Boulogne, de Lille, de Dunkerque, y entretiennent quelques pensionnaires. Mademoiselle Dùler est une des élèves les plus distinguées de l'abbé Sicard.

lie département de l'Aveyron, et quelques uns des départooens environnans, contribuent à l'entretien de Vécole de Rodez. Cette école, qui était dirigée par M. l'abbé Périer, et qui maintenant a pour che£M. Valière, compte 36 élèves dés deux

Ln établissement charitable formé depuis, en 1808, à Nogent-le-Rotrou, renferme à la fois deux pensionnats : l'un, pour l'éducation gratuite des

(1) Une ftonir de mademoiselle Daler enseignait aussi avec dûtîiiclion dans rinstitut royal de Paris, et nous a étcv enlevée il y a pen d'années.

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