‹ De l'éducation des sourds-muets de naissance (volume 4)Chapitre 17 sur 56 · HO DE L'EDUCATION · texte numérisé non relu

HO DE L'EDUCATION

M. le docteur Stéphani a été vivement réfuté par M. d'Ernsdorffer , qui dirige depuis longtemps, avec succès, l'Institut de sourds -muets établi à Freysing, par le gouvernement bavarois (i). M. d'Ernsdorffer, en reconnaissant Finsuffisance des établissemens publics pour donner l'éducation à tous les sourds-muets , dont il évalue le nombre, en Bavière, à cent individus sur un million d'habitans, n'en justifie pas moins futilité de ces instituts, comme une sorte d'écoles normales qui donnent l'exemple des bonnes méthodes* Il invite d'ailleurs les curés et les maîtres d'école à entreprendre l'éducation des sourdsmuets, épars en divers lieux, d'après les procédés convenus et suivis dans les établissemens publias (a) ; il convient que l'instruction du sourdmuet doit commencer par l'enseignement de l'écriture et de la lecture; il ne dissimule pas que la prononciation du sourd -muet, quelque* soins qu'on se donne pour la former, ne soit toujours très imparfaite et très désagréable; elle lui paraît cependant pouvoir constituer, pour le

du 8e volume du recueil intitulé Bajerisch schuJfreund, pour Tannée i8i5.

(i) Beleuchtung eines aufsatzes der D. Stéphani, ùber die einfachste und naturlichste weise Taub-Stummen zu unterrichten, Munich, 1818.

(2) Beleuchtung eines aufsatzes, etc., pages 14, 44.

sourd-muet, une véritable langue, une langue qui est la mère de Fécriture , qui se lie étroitement à celle-ci. C'est par une semblable alliance, rendue aussi étroite qu'il est possible , que Part d'instruire les sourds-muets atteint, suivant lui, au véritable but (i). Il tire de la prononciation artificielle un moyen de communication réciproque, en montrant à son élève à lire sur les lèvres d'autrui; il estime que l'effort nécessaire pour produire cette parole mécanique rend les impressions plus vives, les fait pénétrer plus profondément dans le sens intime ; qu'elles en deviennent ainsi plus durables (2). Il reconnaît encore toute l'imperfection des signes mimiques créés par le sourd -muet comme son propre ouvrage ; mais il voit i dans ces premiers signes , quoique à peine ébauchés , un véritable langage naturel , un langage pittoresque ou figuratif : il y voit le moyen indispensable auquel le maître est forcé de recourir pour interpréter les mots de nos langues , et pour faire distinguer à son élève les propriétés caractéristiques des choses. Bien loin de rejeter ce langage inspiré par la nature , il veut que l'instituteur le rectifie , l'enrichisse , lui donne enfin une forme régulière i des lois grammaticales , une syntaxe, afin de l'adapter à nos langues,

(1) Beleuchtung eines aufsatzes, etc., page 23.

(2) Ibid. , page 24.

n'a de l'éducation

auxquelles il dpit correspondre, pour les interpréter en les traduisant. Il reconnaît encore que les signes mimiques, dans cette transformation, prennent un caractère artificiel et conventionnel ; mais il n'en est pas moins convaincu que leur secours est nécessaire pour donner l'intelligence de la langue , en mettant sous le sens les notions qu'elle est destinée à exprimer, (i)

L'écriture et l'alphabet manuel ne sont, aux yeux de M. d'Ernsdorffer , que des systèmes de signes médiats,, destinés seulement à indiquer les signes élémentaires et correspondans d'une autre langue. (2)

On voit que le directeur de l'institut de Freysing a fondé le plan de son enseignement sur la combinaison de la lecture et de l'écriture; d'un côté, avec le système des signes artificiels et méthodiques; de l'autre, avec celui de la parole mécanique, accompagnée de l'alphabet labial, c'est-à-dire qu'il s'est proposé de mettre en harmonie tous les procédés connus dans les diverses écoles. Il emploie aussi l'alphabet manuel usité à Paris et à Vienne. Il s'applique essentiellement à faire en sorte que ses élèves attachent à chaque mot le sens précis qui lui appartient; il explique en conséquence

(1) Beleuchtung eines aufsatzes, etc., page a6. (a) Ibid., page 34.

DES SOURDS-MUETS. PART. II, CHAP. XIII. Il3

les mots en présentant les objets, en imitant leur forme, leur usage , généralement par le concours de tous les moyens qui constituent la véritable intuition. Il enseigne la grammaire à l'aide des tableaux. Il construit une sorte de propositions dans lesquelles se reproduisent tour à tour toutes les formes de la langue, emploie successivement les exemples, les questions, et fait parcourir ainsi à son élève, dans une suite d'exercices méthodiques, l'application des lois grammaticales (i). Il associe enfin à l'enseignement de la langue celui des connaissance* positives les plus utiles. Il prépare aussi ses élèves à des travaux industriels.

M. d'Ernsdorffer a publié encore divers morceaux détachés sur l'instruction des sourds - muets , qui ont servi de programmes aux examens publics dont l'institut de Freysing a été le théâtre pendant une longue suite d'années, (a)

La suppression des instituts où les sourds-muets reçoivent un enseignement commun est encore le but que s'est proposé M. Grafer (3) , en présentant

(x) Beleuchtung eines aufsàtzes , etc., pages 37 et suiv. (3) Samlung Kleiner schriften ùber Taub-Stummen , etc. Munich.

(3) La dissertation de M. Grafer, conseiller de l'enseignement à Barenth, a été produite à l'Académie royale des Sciences de Munich. On en trouve l'analyse dans YHesperus (Année 1824* n° x79)«

une nouvelle méthode qui aurait pour objet de supprimer entièrement l'emploi du langage des signes. Il voudrait restreindre exclusivement les instrumens employés pour l'instruction du sourdmuet, à l'art de lui faire lire sur les lèvres de ceux qui parlent, et à lui faire imiter la prononciation. Mais le moyen qu'il propose, contraire en lui-même aux indications de la nature, et qui priverait l'instituteur de son premier moyen d'action , est directement contraire aussi au but même qu'il a prétendu atteindre.

Il nous resterait à passer en revue une dernière classe d'écrivains , celle des auteurs qui , en Allemagne , ont publié soit des modèles d'exercices , soit des sujets de lecture, soit des instructions, spécialement destinés aux sourds - muets. Si nous ne pouvons, sans trop nous écarter de notre plan, nous y arrêter avec détail , nous ne saurions du moins assez applaudir à la louable émulation qui a donné le jour à ce grand nombre de productions, au zèle qui les a inspirées, au but vers lequel elles sont dirigées. En écrivant pour une classe particulière d'infortunés trop oubliés, ces auteurs n'ont pu espérer ni le suffrage, ni même l'attention du public; mais les amis de l'humanité leur tiennent compte de leurs efforts. Ici encore Heinicke a donné l'exemple (i), et cet

(1) Neues A. B. C. , etc., nebst einer antvéissung des

exemple a été suivi par ses disciples. À leur tête, nous trouvons celui qui a été son successeur, M- Petschke (i). Les modèles d'exercices (2) publiés par ce dernier, spécialement destinés aux élèves de l'institut des sourds-muets de Leipsick , et qu'il jugeait propres à être employés avec fruit dans l'éducation ordinaire, sont en partie empruntés à Thieme (3). Ils sont gradués sur une échelle progressive, en partant des idées sensibles les plus . familières , pour s'élever jusqu'aux notions morales et religieuses, et en commençant par la proposition la plus simple, pour arriver à de petites périodes. Chaque exercice est composé d'Un petit nombre de phrases détachées qui ont pour objet, soit de présenter une même idée sous ses différentes faces, soit de faire le dénombrement des différentes parties d'un même tout, et d'une série -de questions qui correspondent à ces mêmes

lesen, etc. Leipsig, 1820. = Biblische Gœschichte, etc. Hambourg, 1776.

(1) M. Petschke a été enlevé lui-même, il y a peu de temps, à llntàtut de Leipsig, dans la direction duquel il assistait madame là veuve fieinicke.

(2)' Erste anfàngsgrunde der Menschlichen JVissens , etc. Leipsig, 1800.= Lesebuch fur Taub-Stumme. Ibid., 1800. = Anleitung in Kurger-Zeit lesen zu lernen, etc, Ibid., 1799,

(3) Erste Nahrung fur den gesunden menschen verstand.

I i6 de l'éducation

phrases , et qui ont pour but de faire répéter à l'élève ce qui vient de lui être enseigné. L'homme, ses alimens, ses vêtemens, son habitation, les métiers qui se rapportent à ces trois ordres de besoins, l'école, les jeux de l'enfant, forment la première portion de ces tableaux : viennent ensuite les animaux et leurs diverses espèces, depuis les quadrupèdes jusqu'aux insectes et aux vers ; puis les plantes; puis la terre, l'air, le ciel et leurs principaux phénomènes ; puis le temps et ses divisions. Alors l'élève arrive à la société humaine , aux groupes qui la forment , aux diverses conditions qui y sont comprises, aux rapports de ses membres , aux fonctions qui y sont exercées. EnQn, les sens de l'homme, son âme, la Divinité, sont l'objet des trois dernières divisions. On peut critiquer dans ce plan plusieurs irrégularités : on peut lui reprocher, par exemple , d'attendre à la fin de l'instruction , pour exposer les fonctions des sens de l'homme , lorsqu'on a débuté par décrire les parties de son corps, et lorsque les fonctions des sens sont aussi communes aux animaux. On peut lui reprocher encore de vouloir expliquer les rapports qui unissent les hommes en société , avant d'avoir appelé l'attention de l'élève sur l'âme et ses facultés, lorsque cependant nos rapports sociaux dérivent de nos facultés morales; de prétendre expliquer ce qu'il y a de bien et de mal dans les actions humaines, ce qui mérite d'être

récompensé ou puni (i), avant d'avoir enseigné ce que c'est que la raison, la liberté, les passions, le vice et la vertu (2). Nous lui reprocherions encore de donner la notion du vice avant celle de la vertu , et , par conséquent , de présenter la violation de l'ordre, avant d'avoir fait connaître l'ordre lui-même, si cette grave erreur, qui entraîne aussi de fâcheuses conséquences dans la pratique , ne lui était malheureusement commune avec la plupart des instituteurs. Mais nous louerons la simplicité, la clarté, l'exactitude qui caractérisent généralement ces thèmes, et la méthode qui *ègne dans les détails. Le digne émule de M. Petschke, le professeur Eschke, a fait un semblable présent aux élèves de l'Institut de Berlin , confiés à ses soins (3), et a composé de petits récits à leur usage ; MM. Sttuve (4) , Hensen (5) ,

(1) Beleuchtung eines aufsatzes , etc., sect. 21, §. 85, 86, page 100.

(2) Beleuchtung eines aufsatzes, etc., sect. 2 3 , §. 95, 97,

98 y 99 y Pagcs 1 * 9 et suiv-

(3) Erzahhmgen fur Taub-Stumme, = Lesebuchfûr Taub-

Stumme. Berlin , 1 796 , 1 799. ( Une 2e édition de cet ouvrage a été pnbliée en i8o5. ) = A. B. C. Buchfùr Taub-Stumme, Berlin, i8o3. Ce dernier ouvrage a eu trois nouvelles éditions en i8o5, 1806, 181 1.

(4) Kurzer unterricht fur Taube und Taub-Stumme. Leipsig, 1804.

(5) Untcrrichtcursus fur Taub-Stumme. Schleswig, 1819»

Il8 DE L'iDUCATION

Hauer (i), Jh May (a), se sont exercés dans le même genre de productions. L'abbé Storck, MM. Berger et Ernsdorffer ont publié des programmes d'exercices. L'instruction morale et religieuse des sourds -muets a inspiré en particulier une juste sollicitude à MM. d'Ernsdorffer (3) , Czech (4) 9 Knoll (5) et Schmahling (6). Les écrits des trois premiers auteurs sont spécialement destinés aux élèves catholiques. M. d'Ernsdorffer a embrassé tout l'ensemble de l'enseignement religieux, pour les élèves de l'Institut de Freysing ; M. Czech a voulu rappeler aux élèves formés à l'Institut de Vienne les leçons qufcls y ont reçues, et les entretenir, lorsqu'ils sont de retour chez leurs parens, dans les bonnes dispositions qu'ils y rapportent ; M. Knoll a cru devoir appuyer l'exposition des idées religieuses sur

(i) Elementar unterricht fur Taub - Stummen Kinder. Quedlinb et Leipsig, 1821.

(2) Erste Rentrasse fur Taub-Stumme. Cet ouvrage a eu deux éditions. Vienne , 1798, 181 3.

(3) Pblstandiger unterricht in der christichen lehre, etc., Landshut, 1821.

(4) Kurz gefasster religions-lesebuch , etc. Vienne , 1821.

(5) Kattolische normal schule fur Taub-Stumme. A-Ug*bourg, 1788. Cet ouvrage a paru aussi en latin; l'apologie publiée en 1790 est précédée d'une Préface de Heinicke.

(6) Eine lehrart Taub-Stummen in der christlichen religion zh unterrichten. Halle , 1 802.

une suite de gravures, pour les rendre plus sensibles à ses élèves.

Il est encore deux branches de travaux que les écrivains allemands ont cultivées avec leur zèle accoutumé , et qui offrent un intérêt assez marqué à l'instituteur des sourds-muets. La première est relative à uae sorte d'enseignement figuratif donné à l'aide des dessins et des gravures ; la seconde a pour objet l'art de la pantomime et les recherches qui s'y rattachent

* La célébrité qu'acquit YOrbis pic tus > d'Amos Cqmenius (i), le succès général qu'il obtint dans l'enseignement, lui attira, dès le dix -septième siècle , de nombreux imitateurs. Un siècle après ,

"T'MMI W M |. ' ■ — -I ■H'"" J ■■ ■■ i ! !

(1) Ce singulier ouvrage, publié pour la première fois en i658, à Nuremberg, avec de mauvaises gravure» sur bois , a eu une foule d'éditions, et a été traduit en onze langues différentes.

Indépendamment de sa Janua linguarum reserata , et de sa Magna didactica, qui renferment beaucoup de vues sur l'édu- . cation , Gomenius publia aussi , sous le titre de Schola materna gremiï, un ouvrage qui eût mérité d'être plus connu , et surtout d'être mis en pratique. U s'y propose d'indiquer aux mères comment elles doivent élever elles-mêmes leurs enijsns , depuis le berceau jusqu'à l'âge de six ans.

J^es, sarcasme* que Bayle a jugé à propos de diriger contre Amos Comenius , ne sauraient affaiblir la reconnaissance qui lui es,t di|e pour avoir tenté le premier de substituer dans l'enseignement la lumière de l'intuition aux routines du pcdantisme.

Bazedow , dans sa généreuse tentative pour réformer les méthodes d'enseignement, s' emparant des vues d'Amos Comenius , les reproduisit avec un nouveau caractère et avec les développemens demandés par les progrès qu'avaient obtenus les connaissances humaines (i). Le Philantropinum de Dessau fut le théâtre de l'application de ces nouvelles méthodes. De l'école dé Bazedow sortirent de nombreux instituteurs ou écrivains , pénétrés de ses intentions , émules de son zèle , et continuateurs de ses travaux. M. Wolke, dont nous venons de rappeler les services pour l'instruction des sourds - muets , donna sa Méthode naturelle d Instruction ; Crapp, auteur d'un traité estimé sur Y Education, a joint des explications aux gravures de Bazedow; Bienrod a appliqué ce moyen aux premières notions offertes à l'enfance ; Lohr, dans un ouvrage cité comme le modèle du genre, l'a employé pour commencer, chez les enfans qui ne savent point encore lire, la culture de l'intelligence et des facultés du cœur (2) ;

(1) Voyez son Elementar weick, vol. 3, avec 100 gravures. Leipsig, 1774 et 1785. Cet ouvrage a été traduit en français sous le titre de Manuel élémentaire d'Éducation, en 4 vol. 1774.:= Voyez aussi son Methodenbuchfûr vaterund Mutter. Leipsig, 1773,

(a) Erstelehren und Bilder. Leipsig, i8o5. = Erweckungen fur dos herz der Kinder- 1 806. = Weinachts abend in der familier Thalberg. i8o5 , etc. , etc.

Seidel (1), Glats, Salzraann , Hahn , Spreker, etc. , ont également tenté de s'aider de ce secours pour le début de l'éducation. Les ressources qu'il offre spécialement pour les notions élémentaires des diverses parties des sciences naturelles, la technologie et l'histoire naturelle de l'homme, ont été exploitées avec un mérite reconnu par Voit (2) , Bertuch (3) , Crossmann(4), Hirschmann (5), Wilhem (6). Le procédé figuratif, à l'aide des gravures, a été introduit dans l'enseignement de l'histoire (7) ; Vossius Ta fait servir à celui dé la morale religieuse et de l'histoire sacrée (8). On peut discuter l'opportunité d'un semblable mode de procéder dans l'éducation ordinaire , y trouver du moins de graves inconvéniens quand l'usage en est prolongé au-delà de la plus tendre enfance; on peut craindre qu'il ne donne

(x) Bilderbucher, etc.' B. erste Nahrung fur das ver stand.

(a) TJnterhaltungenfùrjunge leute aus der naturgeschichte. = Schule der vergnùgens fur kleine Kinder.

(3) Bilderbuchfùr Kinder, avec deux textes, l'un allemand, l'autre français.

(4) Historisch- Tecnologischer schauplatz. Leipsig , 1 804.

(5) Tempel der natur und Kunst. Leipsig, i3o5.

(6) VnterhàUungen iïber der menschen. Augsbourg, 1804, i8o5.

(7) Historiche Bilderbuch fur die jugend. Leipsig 1797*

(8) Moralischc Bilderbuch, Gotha, i8o5, 1810»

trop à l'étude le caractère d'un amusement puéril; qu'il n'affaiblisse la raison , alors qu'il s'agit de b fortifier ; on peut en redouter l'exagération , le* abus. Mais, de même qu'un emploi sobre et biaft entendu du procédé figuratif, peut faire servir fa* premiers jeux de l'cftfance à préparer les voies 4 l'instruction , écarter quelques uns des çbstade* qu'offre l'étude à son début; il peut être appelé avec une convenance toute particulière, dans Je Plan d'Éducation des Sourds-Muets, encore dominés par les impressions sensibles, (i) '

Nous ne saurions le dissimuler cepepdapt : toçp ces procédés figuratifs sont encore empreints d'une grande imperfection ; ils manquent généralement

(1) On peut citer encore, comme pouvant servir d'exemples en ce genre, les recueils suivans :

Schauplatz der natur und der Kunste } en quatre langues. Vienne , 1774*

Neue Bilderbuche fur Kinder 9 avec le texte en allemand , en français , en anglais , en italien.

Neue BUdergaUerie fur sohne und tochter, aus dent Reich der Natur, Kunst, und Zitten. Berlin, 180 4*

On consultera avec fruit, sur le mérite de ces différens ouvrages , l'excellent traité de Niemeyer, que nous nous plaisons souvent à citer : Grundsàtze der erzickung, etc., 7* édition , tome II, 4e beilage, 9* 9 7 Page» 44 5 et suiv. ; et l'estimable bibliothèque de Gutsmuths. = Bibliotek der zeitschrist fur peedagogik , erziehung und schultvesen. Gotha etLeipsig, 1800, 1807, ( Voyez Tannée ,1801, vol. II, 3e section. )

de roétbode; leurs auteurs ont trop peu. étudié les opérations de l'esprit humain ; les instituteurs de sourds «muets en Allemagne se plaignent euxmêmes de ne point posséder encore un choix de gravures fait avec intelligence 9 dont ils puissent faire dans leur enseignement un usage véritablement utile, (i)

Le langage mimique a été étudié par Engel (2), Seckendorff (3), Gurber (4)* Lowe (5) , Solbrig(6), en le considérant spécialement sous le rapport de la déclamation; par Klodius, dans ses relations avec les beaux -arts (7); mais il a été étudié par Veinberger dans ses rapports directs avec le système des signes méthodiques employés dans Fin-

(1) Voyez M. Neumann, Die Taub-Stummen-anstalt zu Paris, etc., note de la page 12.

(2) Ideen zu einer mimik. Berlin, 1785, 1804.

(3) Fbrlesungen ùber déclamation und mimik. Brunswick ,

(4) Brief an Kotzebue Ùber lfflands mimik. Vienne, 1801 .

(5) Kurz gefasste Grundsàtze von der Beredsamkeit der leibes. Hambourg, 175S.

(6) Die Kunst der Rednerischen und theater, etc., déclamation» Berlin, 1819. (C'est un extrait de l'ouvrage anglais d'Ans tin.)

(7) Grundritz der Korperliche Beredsamkeit , etc. Hambourg, 1792.

struction des sourds-muets (i), avec l'espoir d'en tirer une application générale.

Mais , un examen détaillé de ces branches accessoires de travaux, nous écarterait trop de notre but , et nous forcerait de dépasser les limites que nous avons dû nous 'prescrire. Il nous suffira de les avoir indiquées sommairement ici aux instituteurs de sourds -muets , dont le zèle ira y chercher de précieux matériaux pour leurs études.

Nous ne saurions quitter l'Allemagne, sans ajouter ici quelques indications que nous puisons dans l'ouvrage nouvellement publié par M. Neumann ; ouvrage qui n'avait point encore vu le jour, quand le 'premier volume de celui-ci a été imprimé. A la tète de tous les inventeurs de l'art d'instruire les sourds -muets en Allemagne, dont nous avons offert le tableau au troisième Chapitre de cette deuxième Partie, il conviendrait de placer Joachim Pascha, prédicateur de l'électeur Joachim II de Brandebourg, mort en 1578, lequel instruisit , par le moyen des estampes , sa fille, devenue sourde -muette dès le berceau (2). Il faudrait y joindre encore, d'après M. Neumann,

(1) Fersuch einer allgemeine anwendbare mimik, etc.. Vienne, 1816.

(a) Ce fait est tiré de Seidel (Bilder galle rie, Berlin , 1 76 j , page 7a.)

DES SOURDS-MUETS.— PART. Iï , CHAP. XIII. ia5

Conradi, en 1698, et Lhar Schulze, en 171 1. Il ne nous donne d'ailleurs aucun détail sur les travaux de l'un ni de l'autre (1) ; nous n'en avons trouvé d'ailleurs dans aucun autre recueil.

(1) Die Taub - Stummen - anstalt zu Paris, etc. 1827, pages 58, 73.

i*6 de l'éducation

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