‹ De l'éducation des sourds-muets de naissanceChapitre 17 sur 45 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Du but qu'on doit.se proposer, dans l’éducation # .' du sourd-muet.

Cest à dessein que nous employons ici le terme d'éducation du sourd-muet, de préférence à celui d'instruction : nous ne rappellerons point tout ce qu'ont déjà dit des esprits sages, pour montrer la nécessité de ne point séparer l'instruction proprement dite, de l’ensemble de l'éducation; cette vérité fondamentale est aujourd’hui reconnue, du moins en théorie, sison application est trop négligée dans la plupart des établissemens. Mais nous croyons devoir faire remarquer que cette importante maxime s'applique d’une manière toute spéciale au sourdmuet; car cet infortuné n’a pas été seulement privé de connaissances positives, il a manqué des secours nécessaires pour, former son caractère et cultiver son entendement; c’est la vie morale tout entière qui est en lui demeurée assoupie ; c’est son âme, en un mot, qui invoque et attend de favorables influences pour entrer en possession des dons que lui a destinés la bonté divine.

L'éducation comprend à la fois la culture des facultés morales, et celle des facultés intellectuelles. Ces deux ordres de culture, étroitement liés, réagissent constamment lun sur l'autre. L’in-

struction elle-même est, à son tour, une partie de l'éducation; elle profite à la fois de l'amélioration du caractère et du développement de l'esprit ; elle contribue à tous les deux. |

Tel est, je le crois, le véritable point de vue dans lequel nous devons nous placer Dour .déteriiner le but auquel doivent se diriger nos vœux, nos pensées, nos efforts, dans les soins quê le sourd-muet attend de nous. C’est de là que ce but nous apparaît dans toute son élévation, dans toute sa grandeur. à Sans doute, il s agit de remplacer. pour lui un instrument dont il a été privé. Mais cet anstrument, comme l’annonce assez l'expression ellemême, n’est qu'un moyen. Cet instrument n’a de prix qu’à raison de l'ouvrage pour lequel il était nécessaire, et le prix est immense, parce que cet ouvrage consiste à remettre un homme en possession de toute la dignité de la nature humaine.

Ainsi, en lui restituant l’instrument, il faut le restituer propre à servir dans ce dessein ; il faut, ou:accomplir l’œuvre, ou en assurer l’accomplissement. |

L’instrument qu il s’agit de remplacer, la parole, avait un double office, servait de deux ere va au but que nous venons de signaler:

D'une part, comme moyen universel et constant de Stinémieition avec les hommes, la parole ser-

vait à former, à entretenir les relations de la vie

sociale, et à faire ainsi recueillir par l'individu tous les bienfaits qui en découlent ;

D'un autre côté, comme moyen matériel et ordinaire des langues artificielles et systématiques, elle servait à l’individu , considéré même d’une manière isolée, pour l'aider à concevoir, à enregistrer - ses propres idéés, à exercer intérieurement les puissances de son intelligence.

Ne pouvant rendre la parole au sourd - muet, il faut la remplacer par un autre instrument qui remplisse à la fois aussi cette double condition au plus haut degré possible.

Sans doute, un instrument qui remplirait parfaitement la première des deux conditions ne pourrait guère manquer de rendre la seconde “au moins possible, et de la conduire jusqu'à un certain degré; car on ne peut trouver un moyen complet de communication avec les autres hommes, que dans l’usage des langues généralement admises avec le système de combinaisons duquel résulte cette première éducation intellectuelle dont nous sommes redevables à leur emploi habituel. Cependant, nous aurons occasion de voir que les différentes espèces de moyens matériels auxquelles on peut-recourir pour l’usage des langues, ne prêtent pas la même faveur aux opérations de l’entendement. Ainsi, la première condition-pourrait se trouver entièrement remplie , lorsque. la FASS ne le serait qu'imparfaitement.

Mais, d’un autre côté, on conçoit que la seconde condition pourrait se trouver accomplie,;ssans que la première le fût aucunement. Alors, il serait pos-' sible, facile même, d’instituer un autre système de signes, aussi parfait, plus parfait même que celui de nos langues, système qui serait à l'usage exclusif du sourd-muet, ou qui, du moins, serait réservé au commerce spécial qui s'établit entre son instituteur,, ses parens et lui. En second lieu, on conçoit aussi qu'il serait facile et possible de le faire jouir du système de nos langues, par un moyen matériel qui suffirait à l'emploi individuel qu’il en voudrait faire, mais qui ne pourrait servir à des communications générales et constantes avec ses semblables. ,

Cependant un système de signes solitaires, quelque parfait qu'il soit en lui-même, ne peut remplir encore que d’une manière incomplète l'office essentiel par lequel nos langues concourent à l'éducation des facultés morales et intellectuelles de l’homme. Car la vie sociale est, dans les desseins

de la Providence, indispensable pour leur entier

développement. C’est dans le sein de la vie sociale que l'homme apprendra à connaitre les affections et toute l’étendue de ses devoirs; c’est là qu'il entrera en participation de l'expérience commune et des traditions; c’est là qu’il trouvera les stimulans et les exemples. Les méditations dé la solitude, si favorables aux études relevées, si fécondes

en découvertes, n’obtiennent ce privilége que lorsque l’homme a déjà reçu, du commerce de ses semblables, un premier degré de culture. C’est dans la société qu'a pris sa racine cette plante qui, sous sa forme originale, parait s’en détacher, le génie; c’est sur le sol de la société qu’elle vient éclore.

Au premier et grand principe exposé au commencement de ce chapitre viennent donc s’en joindre deux autres, qui n’en sont que les corollaires, qu’ on peut réduire en ces termes :

« Il s’agit de mettre le sourd-muet en possession « de la langue usitée dans son pays, de telle sorte « 1°. que le sourd-muet trouve, dans l'instrument « qui lui sera donné, le moyen d'obtenir la cul- « ture intellectuelle qui lui manque, au plus haut « degré possible ; 2°. que cet instrument lui four- « nisse aussi le moyen de communication le plus « général et le plus constant avec ses semblables.

« D’où il suit que, en le mettant en possession de « la langue usuelle de son pays, il faut'aussi lui « prêter, pour opérer avec cette langue, le moyen « matériel qui est lui-même de l'emploi le plus « universel et le plus familier. »

Déjà nous apercevons qu al y a deux parties ou deux degrés dans l’art qui va nous occuper.

Il est en effet deux instrumens divers dont le sourd-muet attend le présent de nous :

L'un est l'instrument matériel employé pour la forme de‘la langue;

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L'autre est la langue elle-même.

Il y a donc deux ordres de travaux difiérens :

un, en quelque sorte: mécanique , qui, cependant, peut offrir pié grandes difficultés , donner lieu à un grand mérite d'invention et d'exécution, qui consiste à choisir, à trouver ou à | créer, dans lés autres organes de l homme, quelque fonction À l'aide de laquelle les mots de nos langues puissent devenir SCHAENES et perceptibles aux sourdsmuets, sous une forme différente de célle de la parole, et puissent aussi être répétés et produits par eux, sous une forme susceptible d'être perçue des autres hommes dans de com ner ce ordinaire de la vie; 9

LE Ji en da sorte philosophique, qui consiste à donner l'intelligence de ces mêmes mots de la langue, sous la ji matérielle qu’ils auront reçue, de maniere à ce qu ils prêtent | leur office au sourd-muet, soit pouf toutes les opérations de P esprit, soit pour l'entière traduction de la pensée.

Ce sonten quelque sorte deux arts distincts , subordonnés l’un à l'autre. |

Déjà nous apercevons encore corñtent la carrière qui s'ouvre à l’instituteur des sourds-muets peut, des l’origine, se partager en deux branches, suivant que linstituteur se livrera plus pécialement, ou même, exclusivement, à A ‘un où r autre de ces deux arts.

Le premier des deux-ar cela de particulier, qu’il peut, sous un rapport, se suffire à lui-même, ou du moins quele naître qui en fait le principalôbjet de ses soins peut s'arrêter après y avoir satisfait , si l'instrument matériel de communication qu’il a rendu at sourd-muet est tel qu'il puisse procurer à celui-ci-un commerce général et habituel avec ses semblables ; car alors le sourd-muet pourra se livrer à ce commerce pour y obtenir, par l'usage seul, comme l'enfant ordinaire, la connaissance de la langue. F'

Le second, au contraire, présuppose nécessairement le premier, Mais l’instituteur, qui fait du second son objet principal, peut adopter, pour l'instrument télé ve se qui si ne de difficultés, et qui n’exige da d'industrie particulière.

Arrêtons-nous un instant sur chacun de ces deux élémens, ou de ces deux degrés de l’art.

En méditant sur le choix des moyens matériels qui peuvent servir à rendre au sourd-muet les mots de nos langues, sous une forme sensible et perceptible pour lui, on voit d’abord s'offrir naturellement l'écriture, moyen déjà institué et'admis dans le commerce de la société. Cet instrument est même le seul qui reste en commun au sourd-muet et à ceux qui entendent, parmi ceux qui sont déjà en pratique. Il a Javantage de ne demander à l'élève aucun effort difficile; au maître , aucune création,

aucune industrie. Dès que l'élève aura à pu être mis en état de lire couramment les livres, il trouvera, dans l'exercice dela lecture, une sorte de commu-

nication qui remplacera à quelques égards, pour

lui, le commerce journalier de la vie sociale; il y verra s'ouvrir une carrière d'instruction sans bornes : cet exercice suppléera, et au temps considérable qu'il a aéià perdu, avant de commencer son éducation, et à l'insuffisance des entretiens qu'il peut former avec ses semblables. La lecture lui tiendra lieu en quelque sorte de la conversation; ce sera une conversation: plus méthodique et plus savante. Ka

Mais l'écriture et la lecture, moyens de communication avec les absens et avec ceux qui ne sont plus, se prêtent mal aux entretiens familiers qui, en chaque lieu, à chaque instant, doivent s'établir rapidement entre les hommes. Il est donc à désirer aussi que le sourd-muet, indépendamment de cet instrument principal, obtienne le secours de ceux que l’art pourra lui créer pour prendre une part plus active à ces entretiens. |

De là deux nouvelles maximes que nous pouvons joindre aux précédentes, pour déterminer le but que nous devons nous proposer :

« Ce but sera déjà en grande partie atteint, si le « sourd-muet est mis en état d'écrire et de suivre « couramment la lecture dans les livres.

« Toutefois il conviendra de créer aussi, pour le

«sourd-muet, quelque autre instrument qui soit « d’un usage plus rapide et plus facile pour les «relations ordinaires de la vie. »

En dirigeant ensuite nos méditations sur le second élément, sur le degré le plus relevé de Part, nous voyons se découvrir devant nous un horizon sans bornes. Il s’agit d'introduire le sourd-muet dans la connaissance de la langue elle-même, et, par là , de le mettre en possession de l'héritage des richesses intellectuelles.

La carrière qui se présente ici peut aussi se diviser en deux parties successives, si, comme dans l'éducation ordinaire, l'élève est d’abord simplement admis à une connaissance pratique , obtenue par l’usage, pour être ensuite initié à un enseignement méthodique et réfléchi.

Mais ces deux enseignemens peuvent aussi se trouver à la fois réunis, ou par choix ou par nécessité. |

Quelle que soit celle dé ces deux marches que l’instituteur ait choisie, l’enseignement comprendra nécessairement deux branches distinctes, quoique paralleles : l’une logique, l’autre grammaticale ; l’une qui aura pour objet l'intelligence des valeurs du discours, l’autre qui embrassera les règles de la grammaire.

L’une et l’autre de ces deux branches se sousdiviseront encore en deux autres :

La première comprendra l'intelligence de la no-

18. DE L'ÉDUCATION menclature, et celle des jugemens exprimés par les propositions; : | \

La seconde comprendra ce-qui concerne : es élémens du discours, et la syntaxe. |

Tels:sont les quatre objets que devra remplir la

seconde païtie de l’art, et le but sera atteint lorsqu'il y aura été satisfait de telle mänière que ces connaissances soient transmises avec célérité, avec netteté, avecexactitude; que leur acquisition puisse être durable, et leur application facile et sûre.

Un grand nombre de méthodes s’offrent ici au choix de l’instituteur : elles peuvent être perfectionnées; il peut en être institué de nouvelles : il s'agira de discerner celles qui seront les plus ca— pables de conduire au but. Mais, en discutant leur mérite, une .observation fondamentale, ‘trop peu connue-ou-trop négligée du moins, réclame toute notre attention; et nous ramène aux considérations qui commencent ce chapitre.

L/ influence des méthodes -d’ enseignement ne se borne pashà faciliter et compléter plus ou moins V acquisition des connaissances, elle agit aussi d’une manière indirecte, mais puissante, sur le développement*des facultés de l'intelligence elle-même; elle en féconde, elle en contrarie quelquefois la culture; elle fortifie ou relâche le ressort de l’attention ; elle éveille ou assoupit l’activité propre de la réflexion; elle étend ou restreint la portée de

l'esprit; elle favorise ou paraly se le génie des com-

binaisons. Car l'emploi de toute méthode est un exercice, et tout exercice, suivant. qu il est nigés peut-être plus où moins salutaire: à a,

Cette considération acquiert, dans l'éducation du sourd-muet, d'autant plus d'importance, que son instituteur, le trouvant dans l’état d’une.extrême indigence intellectuelle, ne pouvant, dans le peu de temps qui lui est accordé, transmettre. à cet élève que des germes de connaissances, doit tendre surtout à le mettre en mesure d'apprendre ensuite par lui-même, et à lui donner plus encore des capacités qu’ une instruction toute faite.

Enfin, cette éducation intellectuelle devra. étre soutenue de tous les secours d’ une bonne éducation morale, qui développera, en la réglant, l’énergie de l’âme, qui secondera les opérations de l’étude par le sentiment et la pratique des devoirs, par les mobiles des affections louables, et par toutes les utiles habitudes de l’ordre.

Remarquons, au reste, qu'il y a, dans l'édncation des'sourds-muets, un but absolu , universel, commun à tous, et un but spécial relatif à la situation particulière de chacun, aux circonstances dans lesquelles ilest placé. be | "

Il est, pour chacun des' élèves sourds-muets , une première destination commune, celle qui est assignée à tous les hommes. Elle comprend surtout les belles prérogatives. de notre nature, les affections de l’âme , de la raison, la conscience, le

culte religieux; et les nobles espérances qui s'y rattachent. De là, aussi, une première éducation qui doit être commune, égale, pour tous : celle qui doit les mettre en possession de ce noble patrimoine de l'humanité. Il n’est aucun sourd-muet auquel cette premiére éducation ne’ soit indispensable. Nous ne craindrons pas de le dire, c'est même un devoir, un devoir sacré pour les gouvernemens, que de procurer, Où par eux-mêmes, ou d’une manière indi- recte; mais de procurer, d’une manière quelconque, cette première assistance aux infortunés en faveur desquels la religion, la morale, l'intérêt publie, la sollicitent à la fois. L'administration publique qui veille’et procure à tous les citoyens les subsistances , la salubrité, la sécurité, les premiers bienfaits de l'instruction, pourrait-elle laisser avec indifférence tant de milliers d'individus exclus en quelque sorte des premiers fruits de la vie sociale, des premières conditions de l'humanité ?

Il est ensuite une destination spéciale, déter:

minée par la condition sociale à laquelle le 3

muet appartient, et par la profession qui l'attend. C'est ici qu'on doit se demander à laquelle les deuxfonctions du langage, celle qui sert au com-

merce social, celle qui seft au développement

intellectuel de l'individu, il conviendra d’accorder; pour chaque élève, uñe plus haute importance. C’est ici qu'on doit se demander encore si élève n’a besoin que d'obtenir l'emploi usuel de

DES SOURDS—MUETS. — CHAP. VI. 161 la langue, ou s’il est nécessaire qu'il soit admis à l’enseignement classique de ses règles.

C’est ici, enfin, qu’on doit examiner quelle étendue il convient de donner à ses connaissances acquises. S'il est appelé à vivre dans la classe des simples ouvriers, on pourra se contenter de lui faire apprendre sa langue, comme l’apprennent seulement, par l'usage, les enfans du peuple; il deviendra inutile de se mettre en frais d’un enseignement compliqué qui lui déroberait beaucoup de temps, sans lui être d'aucune utilité par la suite, à moins qu'il n’annonce des talens extraordinaires dont la culture bien entendue le rendrait propre à une carrière plus distinguée. Il conviendra également, alors, de s’attacher de préférence à faire trouver à l'élève, dans sa langue maternelle, un moyen facile et prompt de commerce avec les autres hommes. Il en sera tout autrement pour les élèves des conditions aisées, qui auront le loisir et les moyens de cultiver les hautes études, et qui seront appelés à en faire l’application.

Par un motif semblable, il y aurait lieu peutêtre à examiner si l’éducation des filles sourdesmuettes ne doit pas différer, à quelques égards, de celle des sourds-muets.

La marche à suivre peut varier ensuite, selon qu'il s'agira pourle sourd-muet , ou de léducation individuelle, ou de l'éducation commune; et cette

162 DE L'ÉDUCATION distinction est aussi d’une grande importance. Les mêmes procédés ne sont pas également applicables dans les deux cas. La marche à suivre se modifiera même, dans le premier cas, suivant que l'instituteur pourra ou se dévouer exclusivement x son élève, ou lui donner seulement-quelques lecons détachées ; elle pourra aussi se modifier, dans le second cas, suivant que lé tablissement public destiné aux sourds-muets les recevra à demeure comme pensionnaires, OU n'aura pour objet que de leur donner l'instruction comme externes.

Enfin, en s’occupant de l'éducation intellectuelle du sourd-muet, il ne faut pas oublier qu 71 est destiné: à remplir aussi, dans la société, une profession utile. Le choix de cette profession est soumis, pour cet infortuné, à des conditions toutes particulières, qui méritent d’être examinées. Il faut ensuite. combiner les exercices nécessaires pour préparer le sourd-muet à la profession qu il doit embrasser , avec ceux que demandent son éducation intellectuelle. S mt #0 Terminons par une ‘dernière considération” qui. nous est spécialement propre. Parmi les établissemens destinés à recevoir et à élever les sourdsmuets , ceux qui sont appelés à servir d'établissement modèle ou d'école normale, prennent un rang à part; ce qui suffirait aux autres ne leur suffit point. Non seulement un institut normal doit donner à l'éducation du sourd-muet tout le

développement dont elle est susceptible; mais il doit, par sa constitution et sa nature, tendre sans cesse à un perfectionnement progressif.

Cette considération fixe le point de vue sous lequel.nous devons envisager cet art, dans Île travail qui nous occupe. Toutefois, il sera bien d’indiquer aussi comment il pourrait se modifier, pour être rendu applicable à l'éducation privée et domestique, et comment il pourrait recevoir, à cet effet, une’ simplicité qui n’est pas sans quelque prix, et qui paraît lui manquer encore.

- Maintenant que nous avons essayé de reconnaître le but auquel nous devons tendre, recherchons les conditions nécessaires pour y parvenir : examinons donc quelles sont ces grandes fonctions par lesquelles le langage contribue à la formation des idées, et à la culture des facultés intellectuelles ; comment ces fonctions peuvent se développer à l’aide d’une bonne méthode d’enseignement pour les langues : examinons aussi les propriétés diverses de chaque espèce de langage, les secours qu'elle peut nous offrir pour l’éducation du sourd-muet, les difficultés ou les inconvéniens qui peuvent lui être propres, et pénétrons ainsi progressivement dans les diverses branches de l'art. |

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