DE I/ÉDUCATION
« cement de mon iastruction, ont pris plaisir à s'entre- «tenir fanilièrertient: avec moi chez eux, chez les’ per- «sonnes dé nôtre connaissance, dans les rues, dans les «promenades, dans les fêtes, etc., et: à me faire causer «avec d’autres : de cette manière, je suis parvénu à «sentir parfaitement in dsdhets de la facon d’in- «struire de la'religion par signes, surtout par rapport «aux idées intellectuelles; abstraites et: générales » et « d'attacher chaquesigne à chaque mot; par conséquent, «il y'a autant:de:signes qu'il ya de mots et de termi- « naïsons de mots. Ainsi, si on continue cette méthode «“ sans songer à supprimer peu à peu ces:sortes de :si- “gnes, et sans obliger l'élève à expliquer en d’autres «termes une leçon, une question, un passage du livre ; «à répondre de lui-même, et sans le secours :de son «maître, aux questions aisées et difficiles des autres; el «enfin, à faire lui-même des questions exprimées ‘en «mots de sa facon, la mémoire seule, rafraîchie par « Fimaginasions suffit pour rapporter fidèlement presque « les mêmes choses, tandis que l intelligence, ne comprend « presque pas les idées intellectuelles, abstraites. et géné- « rales, désignées par gesticulations; le, signe déterminant «trop l'idée du mot dont l'usage rendla signification plus «étendue, l'instruction peut être regardée. comme :ma- « chinale, et presque semblable à celle: que: l’on. donne «aux animaux. Je.parle ainsi, d'après. l’ ’éxpérience faite «sur.moi-même,.et je rémarque que l’on ne:se sert: pas « des signes de l'alphabet manuel, quand:on converse, «sans; écrit, avec les SR qui naturelle- «ment rencontrent des peines et difficultés à retenir le « langage, pour:s'en servir à propos, en différentes oc-
«casions, pour s'expliquer comme il faut, et pour en- «tendre aisément:des ouvrages et les personnes pendant « le cours.de leur instruction.
:« [1 me faut expliquer, Mademoiselle, l'alphabet ma- «nuel dont M. Péreire se sert pour s'épargner l'incon- « vénient d'avoir la plume à la main, et pour éviter la «lenteur de l'écriture dans l'instruction des: sourds- «muets, et dont.mon oncle a fait usagepour m'instruire «de la’religion. ( | «C'est une espèce d'alphabet manuel à l’espagnole, « contenu dans les doigts d’une seule main; il est com- « posé de, vingt-cinq signes des lettres de l'écriture cou- « rante, sans y comprendre ces deux lettres, £'etw, qui «me sont point en usage dans la langue française, et-des « signes que M. Péreire a irventés, dans la seule vue de « faire conformer exactement cet alphabet. manuel aux «lois de la prononciation et de l'orthographe française. « Ainsi, il y a autant de sons de la prononciation ; qui «sont au nombre de trente -trois à trente-quatre, et «autant de liaisons de l'écriture ordinaire ; qui se mon- «teñt à trente-deux ét plus (chaque. liaison faisant un « seul son dans la prononciation), qu'il y a de signes dans «l'alphabet manuel , que je nomme pour cette raison «dactylologie, .mot adopté par M. Péreire. Il est vrai «qu'il y a des lettres et des liaisons de lettres qui chan- « gent de son , suivant les mots où elles se trouvent pla- « cées ; la dactylologie-exprime bien tous ces.sons diffé- «rens ‘ou d’une seule lettre, on d’une liaisonde lettres: /« par conséquent on voit qu'elle renferme en tout plus «de quatre-vingts signes. Dans cette dactylologie on se «sert de la main comme de la plume pour tracer en l'air