LIV. 1". DIEU
Toutes ces acceptions du mot démontrent qu’il ne s’attache pas dans la pensée humaine d’autre sens à l’idée et h l’expression d’auteur, que celui de cause et d’action, c’està-dire de supériorité créatrice.
Il y a même en grec une analogie remarquable qui se trouve dans la langue française : auteur et cause ont un même sens, et sont le plus souvent rendus par le même
mOtlAÏTlOÏ, AITIA.
Et maintenant, si je demande : Qu’est-ce que V autorité ; qu’elle en est l’idée originelle et positive, l’idée transcendante ? — II est manifeste que nous venons de la découvrir.
L’autorité, c’est le droit naturel de l’auteunsur son ouvrage.
En effet, c’est, dit-on, le droit de commander, et à ce droit répond le devoir d’obéir.
Je le comprends : cette définition est conforme aux lumières de la plus saine, de la plus noble philosophie. Oui, c’est le droit, ce n’est pas le simple fait. C’est le droit, ce n’est pas la force : ce n’est pas le caprice : ce n’est pas la. violence ; c’est le droit : c’est la raison , c’est la justice : c’est le droit naturel, légitime, souverainement juste et évident de celui qui a fait, qui a créé, qui a institué , sur les choses qu’il a faites, instituées ou créées.
Voilà l’idée fondamentale et la racine essentielle de l’autorité. On la cherchera vainement ailleurs. Le droit de commander et le devoir d’obéir ne se conçoivent pas en dehors de là. Qu’on y réfléchisse, et on verra que l'auteur d’une chose a seul essentiellement droit sur elle. Elle dépend naturellement et essentiellement de lui : elle est