‹ De l'educationChapitre 103 sur 188 · LIV. II. Lb PüKb, LA MLIKL, Kl LA KAMILLK · texte numérisé non relu

LIV. II. Lb PüKb, LA MLIKL, Kl LA KAMILLK

« domestiques, à l’autoritë paternelle, au gouvernement a de la famille, au maintien des traditions héréditaires? Si « l’on craint qu’il y ait des pères injustes, pourquoi ne « craindrait-on pas qu’il y eût des ills dénaturés? Suivant « la position dans laquelle se trouve une famille, le par- « tage égal des biens entre les enfants ne devient-il pas a d’ailleurs lui-même la source des plus monstrueuses « inégalités? »

Je sais bien que, sous les inspirations même de M. Portalis, le Code civil n’a pas laissé subsister les énormités des législations révolutionnaires, et je rends tout hommage et toute Justice ’a ses illustres auteurs ; mais en reconnaissant ce qu’il y a eu de méritoire et de grand dans leur œuvre, il m’est impossible, et il serait dangereux de fermer les yeux sur ce que cette œuvre a encore d'imparfait sous les divers rapports dont j’ai parlé ; alors surtout que nos meilleurs jurisconsultes eux-mêmes et les publicistes les plus autorisés ont déj’a examiné de près, et signalé les imperfections et toutes les faiblesses morales dont je gémis.

Je pourrais multiplier ici les témoignages. M. Saint- Marc Girardin, dont j’ai déj'a cité les paroles, disait encore en parlant de la puissance de l’esprit de famille :

( Les effets de celte puissance sont curieux à observer ; car son premier effet est d’introduire l’inégalité entre diverses familles. Chez nous, où les lois ne consacrent pas le culte des ancêtres, et où elles prescrivent la division des biens entre tous les enfants, la famille remonte au grand-fère et descend jusqu'au petit-fiU: au-delà sont les ténèbres du passé ou de V avenir, que personne rie veut affronter. Cette brièveté des familles est la principale cause de leur égalité. Ailleurs, au contraire, avec des lois qui font une religion du respect des aïeux, les familles ont le temps de grandir et de croître, et l’inégalité a les moyens de s’y développer. Aussi les familles s'y subordonnent aisément les unes aux autres, et la subordination va souvent jusqu’au dévouement. >

cil. Xll. OlicIltAXCES bli L’AlTORrrÉ PATEUNCI.LE. 3ij

S’il m’est permis de citer encore, je citerai de nouveau M. de Champagny, qui a écrit sur l’esprit (fe famille de si belles pages :

< Cet empressement à émanciper la jeunesse par la fortune, à faire sortir les biens des mains d'une génération, pour les donner plutôt à la génération qui suit; ce dédain du passé, de la vieillesse, ce culte de la jeunesse et du lendemain, est un des traits caractéristiques de notre siècle.... C’est ainsi, que la question est posée de savoir, si le père n’aura pas rusurrilît des biens de son fils, cl combien de temps. Mais quoi! Retarder pendant todle la vie d’un père, la fortune, l’indépendance, les jouissancesd'un fils qui a quelque bien; cela est impossible! — On parle de tciminer à vingt et un ans la jon'rssanee des parents. — Cela parût bien dur encore ; il serait peu digne, trouve-t-on, qu’un jeune homme de vingt ans, de dix-neuf ans, de dix-huit même, fût obligé de demaïuler à son père une pension sur son propre bien. Celte raison remporte, et, par égard pour la dignité des écoliers de dixhuit ans, la jouissance de leurs biens leur appartient dès cet ôgc.

€ Il y a plus, et cette jouissance paternelle a paru quelque chose de si dur à supporter, que le père lui-mème en léguant son propre bien, ne peut l’établir. I.c père en mourant ne peut donner à sa femme l’usufruit de tout son bien. Les enfants ont hâte d’en jouir, et la loi sert cet empressement. Leur bien ne serait pas assez en sôreté aux mains de leur mère ; il faut à toute force, et malgré le vœu paternel, qu’il passe en leurs mains. »

Telles sont les diverses considérations que j’avais à faire sur les déchéances de l’autorité paternelle, soit par les parents, soit par les lois elles-mêmes. Arrêtons-nous ici : j’en ai dit assez pour les hommes graves qui voudront bien me lire. Je terminerai ce chapitre par quelques simples observations d’expérience pédagogique et pratique:

Ce qu’il faut bien savoir avanl tout, c’csl que la jeu-

LIV. II. LE PÉHE, LA MÈRE, ET LA FAMILLE, nesse, naturellement impatiente de tout frein, ne pardonne l’exercice de l’autorité, que quand elle commence à en comprendre le bienfait, c'est-à-dire dans les dernières années de la jeunesse même, et lorsque l’autorité a eu le temps d’achever son œuvre. Cette observation est capitale ; et voilà pourquoi j’ai quelquefois dit que dans ma longue carrière d’instituteur, je n’avais été profondément aimé que de ceux dont j’avais achevé l’Éducation complètement. L’affection des autres, quoique sincère et vive, demeurait souvent comme partagée entre le souvenir de mes sévérités et celui de mon dévouement.

Ce n’est qu’à la fin de l’Éducation reçue qu’on en goûte l’austérité, et qu’on y découvre même le plus grand témoignage d’un amour vraiment paternel. Mais dans le premier âge, et surtout de quatorze à seize ou dix-sept ans, c’est impossible; ou du moins, c’est bien rare.

Voilà aussi pourquoi, avant tout, il ne faut pas que l’imprudence des parents ou la faiblesse des lois fasse interrompre l’œuvre de l’Éducation, avant qu’elle soit réellement et convenablement terminée, et au moment même ou elle serait enfin comprise et acceptée par celui qui la reçoit.

Une autre observation non moins importante, et qui se rattache à celle que je viens de faire, c’est que l’esprit de notre législation ayant inspiré aux parents je ne sais quelle crainte pusillanime à l’endroit de leurs enfants, il y a dans les familles un goût comme instinctif d’émanciper la jeunesse, lequel se révèle chaque jour par diverses émancipations successives, toutes plus ou moins regrettables.

J’en indiquerai ici quelques-unes :

La première émancipation, pour plusieurs, c’est le collège. Je l’ai dit dans les chapitres qui précèdent : pour bien des parents, mettre leurs enfants au collège et ne s’en

CH. XII. DÉCHÉANCES DE L’AirrORITÉ PATERNELLE. 3î:i plus occuper, c’est une meme chose : rien n’est plus malheureux.

La seconde émancipation, c’est aujourd’hui la bifurcation, si je puis m’exprimer ainsi.

Comme l’expérience n’a pas tardé h le démontrer h l’encontre des réglements et des programmes décrétés, la bifurcation commence, bon gré mal gré, dès la sixième, et émancipe h jamais le paresseux de l’étude sérieuse des lettres et des langues savantes. Dès lors, l’enfant prévoit sans peine qu’au sortir de la quatrième, c’est-k-dire, dans deux ans, il sera mathématicien, marin, militaire, tout ce qu’il voudra, excepté un humaniste ; d’où il conclut, des la sixième, que le grec et le latin lui sont au moins inutiles ; et en attendant qu’il fasse quelque chose, ou ne fasse rien, dans les études scientifiques, il décide que ce qu’il y a de mieux pour lui, c’est de ne rien faire dans les études grammaticales et littéraires, qu’il ne doit pas continuer.

La troisième émancipation, c’est Vécole spéciale.

Ici l’émancipation devient tout k fait sérieuse : le dimanche y est spécialement consacré; et ce jour-Ik, ces jeunes gens de quinze et seize ans, sortent seuls, des meilleures maisons , et vont où bon leur semble dans les rues de Paris, libres de tout frein et loin de toute vigilance.

Voilk où en sont les mœurs publiques, les familles les plus respectables, les réglements les plus sages, quand on a établi en principe et en droit la possibilité de l’émancipation k quinze ans.

Nous ne sommes pas toujours très-sérieux en France, mais nous sommes très-logiques, très-conséquents, surtout dans le faux.

La quatrième émancipation, c’est Yieole militaire.

Je sais, et je professe même, que la discipline militaire est infiniment préférable au farniente et k la licence du

S36 LIV. II. I.E PfiRE, LA MERE, KT LA FAMILLE, pavé (le Paris. Il y a Ih, du luoius, un cadre, où la vie se tient tant bien ({ue mal. Mais il le faut avouer aussi, ce cadre admet bien des choses dont la sollicitude paternelle peut ù bon droit s’in<|uit‘ter. — Je l’ai dit déjù : le moindre péril de tant de fausses vocations militaires, c’est de faire dans un pays, et souvent dans les plus illustres familles, quelques soldats de plus et beaucoup d’hommes de moins : si j’ajoute que pour plusieurs il y avait mieux h faire, on ne me le reprochera pas; car c’est le témoignage d’une haute estime déçue et d’un dévouement incontesté.

EuQn, la dernière et cinquième émancipation, c’est le mariage.

C’est ici l’émancipation légitime, naturelle, providentielle, lorsqu’elle est environnée, comme elle doit l’élre, de graves et saintes conditions; malheureusement cela n’est pas toujours ainsi.

Je ne parle pas de ce qu’on nomme le mariage civil, et de ses déplorables conséquences. Je parle des mariages religieusement contractés; et je dis que là même, on ne se souvient pas toujours assez de l’autorité (taternelle et maternelle et du respect filial.

Je ne parle pas non plus des mariages que les parents peuvent permettre à quinze et dix-huit ans, et qui constituent dèscet âge l’émancipation complète, sans qu’aucune condition restrictive soit imposée aux jeunes époux.

Je pense, comme Fénelon, qu’il est très-sage quelquefois de marier les jeunes gens de bonne heure ; mais il y faut regarder de près, et si la piété n’est pas solide de part et d’autre, il y aura là de jeunes années bien longues, et je crains que la traversée commencée si tôt ne soit très-périlleuse.

Je ne parle pas enfin des mariages conclus contre la volonté des parents, et après que trois actes respectueux

CH. XII. DliCHÉANCES DE L AUTORITIÎ PATERNELLE. Ô27 sont venus, de mois en mois, les avertir qu’après un dernier mois écoulé, l’autorité paternelle aura cessé.

Je ne ferai pas remarquer enfin, qu’en cas de dissentiment pour un mariage, le consentement du père suffit, et que la mère est sacrifiée, même quand il s’agit du mariage de sa tille. Encore une fois, je parle des mariages qui ont lieu dans les conditions les plus favorables. Et à cet égard, voici mes réflexions, et aussi mes regrets :

Que l’obéissance, pour un fils et pour une fille, cesse dans une certaine mesure par l’état du mariage, cela se conçoit, cela doit être : il y a là une nouvelle famille. Le chef de cette famille et sa compagne deviennent l’un et l’autre guijuris, avec l’autorité et la responsabilité inséparables de leur nouvel état : c’est la loi de la nature, de la Providence et de la Religion.

Cette émancipation ne m’effraie pas; elle me préoccupe : c’est très-sérieux ! mais elle ne m’effraie pas ; c’est même la seule qui me rassure, parce que c’est la seule dont Dieu ait voulu régler les conditions.

L’homme quittera son pire et sa mère, et s’attachera à son épouse. L’autorité paternelle et maternelle ne cesse là que pour recommencer. L’autorité que l’époux reçoit et exerce sur cette compagne que Dieu lui donne, sur ces enfants que Dieu leur envoie, c’est l’autorité même de Dieu ; et, si elle impose de graves obligations, elle communique aussi des droits, en même temps que les grâces essentielles de Providence.

De là, toutes les indépendances nécessaires du domicile, des achats, des ventes, des dépenses, des voyages, etc.

Je le dirai toutefois : si l’obéissance alors ne peut plus être la même, la déférence, le res|)ccl, l’honneur, la piété, la reconnaissance, l’assistance filiale, doivent durer toujours ; jamais les enfants ne sont dispensés de recnu-

r>28 LIV. II. LE PERE, LA UERE, ET LA EAMILLE. rir avec contiance aux conseils de leur père et de leur mère : et où pourraient-ils en trouver de meilleurs, de plus sages, de plus désintéressés et de plus tendres?

Autrefois il en était ainsi : même il n’était pas rare de voir les jeunes ménages fixer leur demeure près de leurs parents, habiter le même toit, et prolonger ainsi un juste état de dépendance, le plus long-temps possible; afin de profiter toujours des conseils et de l’expérience d’on père et d’une mère.

Ces saintes habitudes se perdent ou s’effacent ; les verrons-nous refleurir un jour, et avec elles l’union, la paix, la prospérité des familles? Je le voudrais espérer.

Je connais encore une ville, où presque jamais un jeune ménage ne songe à s’établir à part, mais toujours chez ses parents et même chez les grands parents.

Je me suis assis, moi trente-septième, b une table de famille, présidée par un bisaïeul, qu’entouraient ses enfants jusqu’à la troisième génération. Il n’y avait là, qui ne fût point de la famille, que moi, leur évêque, auquel on ne donnait point le nom d’étranger. Sept ménages habitaient la même maison, et vivaient tous aisemble sous le même toit. Que de vertus affectueuses, que de modestie et de support mutuel ! Quels exemples de respect héréditaire I Quelles mœurs patriarcales cela suppose et inspire !

Voilà, me disais-je en contemplant ce doux et grand spectacle, voilà une vraie maison paternelle.

Mais, hélas! il le faut repéter avec confusion et douleur: ces mœurs antiques ont presque partout disparu; il n’y a presque plus chez nous de maison vraiment paternelle. On ne voit presque plus que des enfants prodigues qui s’en éloignent le plus tôt et le plus loin possible.... Autrefois, celui qui avait quitté par devoir la maison de son père et de sa mère, y revenait avec bonheur; ses frères.

r.H. XII. DÉCHÉANCES DE I/AUTORITÉ PATERNELLE. 320 ses sœurs plus heureux l’y regrellaienl ; on ne l’y oubliait jamais; on parlait de lui avec larmes; on y attendait son retour avec impatience. Aujourd’hui, ce toit qui a protégé les premières années, ce foyer où l’on a passé les meilleurs moments de sa vie, on le fuit, on le vend, on le détruit, on le change, on le joue ! on ne conserve pas même la chambre où l’on a pris naissance, et où on a été nourri par sa mère !

Hélas I et l’aveu qui coûte le plus h faire, c’est que ces grandes tristesses sont è peu près sans remède! S’il m’est permis, en achevant ce chapitre et ce livre sur la Famille. de jeter un dernier coup d’œil autour de moi, et d’exprimer toute ma pensée, je le dirai : les mœurs et les lois étant ce qu’elles sont, chacun, bon gré, mal gré, se trouve k peu près condamné au plus triste égoïsme. C’est ce qu’ont proclamé, depuis long-temps déjk, en le déplorant, les organes les plus autorisés de l’opinion.

Mais les conséquences de ce profond désordre ne sont pas médiocres; elles vont quelquefois aux dernières extrémités. Ce n’est pas seulement la cupidité sans frein, la spéculation aventureuse, le jeu ardent qui sont à cette heure la vive ressource d’une société haletante et aux abois ; ce n’est pas seulement, k certains jours donnés, le désordre politique, c’est une désorganisation morale d’une profondeur inouïe qui se révèle à tous les degrés de la société humaine, et dont le premier résultat est qu’en dépit de la générosité du caractère national, l’individualisme devient le fond et la loi même des mœurs publiques et privées.

Chaque jour voit disparaître quelqu’une des grandes et anciennes maisons de France. Je ne sais si les maisons de banque les remplaceront bien, et si k la gloire du pays.

rjSO UV. II. LE PÈBE, LA MERE, ET I.A FAMILLE, l’argent, pour ennoblir, vaudra le sang. Quoiqu’il en soit, b cdté de nos plus illustres manoirs qui tombent en ruines. In grande maison du jeu public, la Bourse, demeure seule debout et honorée. Que dis-je? la maison même des rois résiste mal : trois fois emportée d’assaut en un demi-siècle, ne s’est-il pas renconlré un jour d’ignominie publique, où elle ne put échapper b la destruction, qu’en prenant pour quelques heures je ne sais quel nom menteur d’hospice civil?

Aussi, toutes les fois que le vent des révolutions se lève sur notre pays, c’est comme au désert ; il ne trouve pas de résistance, tout est désuni, tout est faible, tout est seul, tout est poussière, tout est sable, tout est entrainé b l’aventure; en un jour, en une heure, les vallées sont b la place des montagnes, les montagnes b la place des vallées. Nulle force, nulle fixité, nul fondement qui reste b l’état social : tout est toujours inquiet, agité, ému. Dans les grandes épreuves, on ne trouve plus rien qui tienne, rien qui suflise; tout manque b la fois; tout est déception misérable et détresse. L’autorité et le respect, ces deux grandes et saintes choses, ces deux liens providentiels de l’harmonie sociale, n’étant plus aujourd’hui que des liens affaiblis OH brisés, que voit-on de toutes parts? faiblesse ou violence, orgueil ou bassesse. Dieu manquant dans les âmes, on ne sait être le plus souvent en face de l'autorité qu’insolent ou servile; et trop souvent aussi l’autorité elleméme ne sait être que faible ou emportée.

L’autorité digne, l’autorité noble, l’autorité forte, l’autorité bienfaisante, l’autorité qui vient d’en haut et le fait généreusement sentir, l’autorité paternelle, où est-elle?

Et le respect! le respect de soi et des autres! le respect de Dieu ! le respect de son père et de sa mère ! le respect des magistrats et des représentants de la puissance publi-

CH. XII. DËCHÉANCÆS DE L’ACTORITE PATERNEM.E. S.’.! que! le resjiect même de ses enfants ! le respect profond, religieux, immuable, divin ! le respect qui élève, qui ennoblit encore plus celui qui le rend que celui qui le reçoit; où est-il?

Comment oublier celte génération singulière d’hommes nouveaux, que nous avons vu naguère éclore de notre sol, surgir tout à coup à la faveur des tempêtes sociales, et pour lesquels tout ce qui est souvenir, grandeur du passé, histoire, monuments, lois, coutumes des ancêtres, noble antiquité, n’existe pas? que dis-je? tout cela leur est odieux, et blesse leurs regards. Hommes du jour, nés des orages, tout ce qui est de la veille, tout ce qui rappelle ou promet la sérénité, leur déplait. Par eux , il nous a fallu voir Dieu, la religion, la famille, les droits paternels, la propriété, le foyer domestique, la sainteté du lien conjugal, la dignité maternelle elle-même et l’innocence du premier âge, tout ce qu’il y eut j.amais de plus pur, de plus vénérable et de plus sacré au cœur de l’homme, audacieusement attaqué; et la défense, je le dis avec une douleur et une conviction profonde, la défense a été, elle est encore indécise, égoïste, et, partant, divisée, incertaine, interrompue, et par Ut même évidemment insuflisante. Non : il y a de meilleurs et de plus grands efforts â essayer, plus désintéressés et plus nobles, surtout plus chrétiens, pour refaire les mœurs, relever l’autorité et le respect dans la famille, et par Ih même préparer les bases solides de la pacification sociale!

O mon Dieu ! laissez-moi vous le dire et élever mon âme vers vous en finissant ! Oui , donnez-nous â tous les bonnes et sages inspirations dont nous avons besoin ! donnez votre esprit de conseil et de force ! et si vous avez résolu de continuer h cette nation, qui vous fut toujours chère, les miséricordes singulières auxquelles vous l’avez

S5Î L!V. II. LE PÈRE, LA MÈRE, ET LA F.AMILLE. accoutumée, aidez-nous à préparer, par l’Éducation et par les lois, par le concert de tous les pouvoirs et de tous les efTorts, des générations meilleures, qui puissent relever les vertus domestiques, et refaire un jour nos mœurs, sur le modèle de ces admirables familles d’autrefois, dont quelques-unes, par votre Providence, restent encore éparses çà et là, comme le vivant exemplaire de l’œuvre de restauration qui est à faire ! Multipliez-les parmi nous, ces familles chrétiennes, qui, malgré les diflîcultés des temps, des lois et des mœurs, conservent encore la modération dans les désirs, la sagesse avec le vieux bon sens, et le véritable honneur dans la vertu ! chez lesquelles on trouve encore, comme dans un dernier asile, l’autorité et le respect ; et avec l’aimable gravité des mœurs évangéliques, la vénération des ancêtres, l’amour des champs paternels, le culte des grands souvenirs, la dignité du langage, le mépris des vanités nouvelles; chez lesquelles enûn se perpétuent, comme par héritage, avec cette touchante simplicité qui fut toujours le plus nohie ornement de la vie, cette charité généreuse, qui se prodigue et s’ignore elle-même, ; et toutes ces vertus fortes et antiques, qui peuvent seules raffermir la société au moment de ses périls, et ramener parmi nous la beauté depuis long-temps évanouie des anciens jours.

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