LIVRE TROISIÈME
La dignité de l’instituteur, son autorité, l’élévation et la gravité de ses fonctions ont été, de nos jours, tristement méconnues ; il faut le dire, quelquefois même indignement outragées.
Je ne rechercherai point en ce moment les causes de cette injure, de cette ingratitude publique ; mais je n’en dirai pas moins ma pensée tout entière, et la voici : parmi les fonctions sociales , il n’en est pas de plus grande, de plus importante au bonheur des hommes, et par conséquent de plus digne du respect et de la reconnaissance universelle, que celle des instituteurs de la jeunesse.
J’entreprends une tâche diflicile, en essayant de démontrer ces choses : cette tâche toutefois ne m’effraie point, et je trouve dans mon âme et dans ma conscience, tout ce qu’il faut pour aborder sans crainte des questions si hautes et si délicates.
Je méditais un jour attentivement sur ce grave sujet : je considérais, non sans tristesse, les diiOcultés qui s’y rencontrent, les préventions funestes et aussi les erreurs