‹ De l'educationChapitre 109 sur 188 · LIV. III. L INÈTm’TÉlm · texte numérisé non relu

LIV. III. L INÈTm’TÉlm

nom (le la vertu, éloigner d’eux l’ombre même et l’appa^ rence du mal, et tout ce qui, de près ou de loin, pourrait les troubler et les flcirir; mais, je le répète, tout cela doit 8(^ faire au nom de la vertu, avec une alTection pa« ternelle, avec une haute inlelligence. La dureté et la violence n’obtiendraient rien (1).

Si je u’ni presque rien dit, jusqu’à présent, de l'influence et de l’ascendant encore plus élevé du professeur de philosophie, c’est que j’en parlerai avec détail, lorsque je traiterai spécialement de cet important sujet.

Je me bornerai à dire ici ; c’est dans une classe de philosophie bien faite, sous un professeur digne de donner ce grand et bel enseignement, c’est là que l’esprit, le cœur, le caractère des jeunes gens prennent leur forme, leur maturité, leur valeur décisive ; que la foi, la piété, la vertu s’aflermissent définitivement en eux ; que leurs voca* tions achèvent de s’éclairer, se déterminent enfin et se fixent comme il faut.

Aussi je ne saurais qu’applaudir au zèle intelligent des chefs d’institutions chréli(mnes, qui font faire à leurs élèves deux années de philosophie. On ne saurait rendre, à mon avis, uu plus grand service à ces jeunes gens, à leurs fa-

(I) Un des moyens les plus simples ul les plus efficaces d'arrèlar l'orgueil et de coiubatlro la légèrclû et la mollesse d’esprit, dont le redoutable développement se fait souvent, comme je l'ai dit, en seconde, en rhétorique, c’est de fortiticr les études latines, de faire écrire et

parler latin. . . .

Le latin n’est guère favorable à la mollesse d’esprit : la teutalioo de se croire un génie en vers latins ne vient guère non plus. En (tançais, c’est autre (diose.

CH. II. DIGMTit ET INFLUENCE DE L’INSTITUTEUR. SSO milles et au pays. G’esl préparer pour l’avenir une généra* tion nouvelle d’hommes forts par l’esprit, par le caractère et par la conscience; et n’est- ce pas Ih notre grand besoin?

Non, ces deux années de philosophie ne sont pas des années perdues, comme seraient tentées de le croire la frivolité et l’irréflexion. Ce sont la, au contraire, les bonnes, les fortes, les grandes années de la jeunesse : c’est pour de telles études qu’il faut prolonger l’Éducation, et continuer le séjour des jeunes gens au collège, au lieu de les faire languir dès leur premier âge, et sc traîner misérablement dans des classes sans nom, où ils ne rencontrent que dégoût et ennui profond, sur des études impossibles.

C’est ici la grande époque de la plus haute Éducation intellectuelle et momie ; ici qu’un jeune homme apprend enlln h lire et h écrire comme il faut, dans le sens élevé de CCS mots, c’est-a-dire, se rend capable de pénétrer h fond ce qu’il lit, de penser fortement ce qu’il écrit ; et par lit s’achève en lui la grande et noble culture des deux plus hautes facultés de l’esprit, l’entendement et la raison.

C’est alors aussi que ces enfants, ces jeunes gens s’attachent profondément k leurs maîtres, à cette belle et forte Éducation, h la maison où ils la puisent, et à Dieu qui en est la source première.

C’est alors qu’ils éprouvent un vrai bonheur k revenir au collège : après de telles années, ils ne peuvent quelquefois se résoudre k le quitter, parce qu’ils sentent entin tout le bienfait, toute la douceur, toute la grandeur de l’Éducation qu’ils y ont reçue.

Et ajoutons-le : c’est après une telle Éducation, et de telles études, que des instituteurs peuvent répondre de la

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persévérance d’un jeune homme et de son avenir : et si la Providence a destiné ce jeune homme <t devenir un grand esprit et à senir aux grandes choses, pour remplir la vocation divine rien ne lui manquera, du moins de tout ce que l’Éducation pouvait lui donner.

J’ai vu un collège, et c’est sa gloire, le collège de Brugelette, où le plus grand nombre des jeunes gens sollicitaient comme une faveur la faculté de revenir faire une troisième année de philosophie ; et afin de satisfaire cette grave et légitime ardeur, les Jésuites avaient institué un troisième cours, supérieur, d’enseignement philosophique.

Je voudrais qu’aujourd’hui ces pieux et savants instituteurs renouvelassent cette noble pratique dans tous leurs collèges. Les élèves formés de cette sorte, sont de ceux qu’on peut montrer à ses amis et ù ses ennemis.

Je me suis laissé entraîner au charme et k l’intérêt pratique de mon sujet : je termine et je résume ces deux premiers chapitres.

Rien n’est plus digne, plus grand, plus influent, dans la société humaine, que les fonctions de l’instituteur.

C’est une paternité de l’ordre le plus élevé et le plus noble.

Les peuples inspirés par la sagesse en ont fait une magistrature.

La raison éclairée par la foi en lait un saint ministère et comme un sacerdoce.

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